Quel est le lieu idéal dont un astronome puisse rêver ? Il faudrait des nuits longues et claires, une humidité faible et une absence de pollution lumineuse. Cet endroit existe. C'est le continent Antarctique. Bien sûr, il y fait un peu froid et tout y est givré, même les astronomes quand ils mettent le nez dehors. Mais ils sont ravis...
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En AntarctiqueAntarctique, la base scientifique Concordia (qui dépend des instituts polaires français Ipev et italien PNRA), accueille depuis 1995 des équipes de chercheurs dans des domaines aussi variés que la glaciologie, la physiquephysique de l'atmosphèreatmosphère, le géomagnétismegéomagnétisme, la sismologiesismologie, la biologie humaine... C'est plus particulièrement au Dôme C que les astronomes (français et italiens) réalisent leurs expériences. Qu'est-ce qui les pousse à travailler dans un endroit aussi hostile ?

La base scientifique Concordia sous la Lune. Crédit Photo <a href="http://www.antarcticaonline.org/indexok.php?General" target="_blank">Erick Bondoux</a> / DC 4

La base scientifique Concordia sous la Lune. Crédit Photo Erick Bondoux / DC 4

Le Pôle Sud n'a rien d'un lieu de vacances. Tout doit être pensé pour résister aux grands froids : les câbles électriques sont gainés de téflontéflon pour ne pas se briser comme du verre, l'électronique réchauffée pour pouvoir fonctionner... Pourtant, l'endroit attire les astronomes, car c'est peut-être le meilleur site astronomique du monde.

Beau temps assuré

Tout d'abord, la pollution lumineusepollution lumineuse y est inexistante et même les aurores polairesaurores polaires s'y font discrètes. Lorsque la nuit s'installe pour trois mois, c'est l'endroit idéal pour suivre des étoilesétoiles dont la variabilité lumineuse est longue.
Quand le jour revient pour plusieurs semaines, c'est l'observation continue du SoleilSoleil qui peut prendre le relais, dans un ciel d'une grande pureté.

Deuxième particularité du Dôme C, la stabilité de son atmosphère. Là-bas la couche de turbulenceturbulence se réduit à une trentaine de mètres, permettant d'exploiter la pleine résolutionrésolution des télescopestélescopes beaucoup plus souvent qu'ailleurs.

Le givre, fléau numéro 1 pour le matériel. Crédit photo Erick Bondoux / DC 4

Le givre, fléau numéro 1 pour le matériel. Crédit photo Erick Bondoux / DC 4

Dernier avantage du site et pas des moindres, le faible taux d'humidité de l'atmosphère qui permet d'effectuer des observations en infrarougeinfrarouge, un domaine jusqu'à présent réservé aux satellites.

Le travail des astronomes au Dôme C est double. Il y a d'une part une série d'expériences destinées à tester les qualités du site en vue d'obtenir sa qualification en site astronomique, et d'autre part des recherches en astrophysiqueastrophysique.

En ce qui concerne la validation du site, plusieurs instruments placés au niveau du sol ou sur des plateformes mesurent en permanence la turbulence atmosphérique, la transparencetransparence du ciel, l'évolution de la couverture nuageuse et la vitessevitesse des ventsvents. Des tests sont également menés pour comprendre le comportement des matériaux soumis au froid et développer des méthodes de dégivrage efficaces.

Certains instruments sont placés en hauteur pour étudier les effets de la turbulence. Crédit photo Erick Bondoux / DC 4

Certains instruments sont placés en hauteur pour étudier les effets de la turbulence. Crédit photo Erick Bondoux / DC 4

Les expériences conduites actuellement en astrophysique sont la photométrie des étoiles variablesétoiles variables, ainsi que deux projets concernant les exo-planètes. A-Stepsud devrait permettre la détection de corps en transittransit autour d'étoiles et Lucas est destiné à enregistrer la présence de chlorophyllechlorophylle dans les spectresspectres de la lumière cendréelumière cendrée de la LuneLune, en attendant d'appliquer cette technique aux futures planètes découvertes.

Malgré tous les défis humains et technologiques que représente l'astronomie en Antarctique, c'est là-bas que se prépare l'astronomie de demain !