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Concordia : l'observatoire du futur en Antarctique

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Et ce rêve devient déjà réalité. A la station franco-italienne Concordia, plus précisément au dôme C, se construit ce qui pourrait devenir l'observatoire du futur.

Vue aérienne de la base franco-italienne Concordia.
La base de Concordia. Crédit Concordia Station

Les premières évaluations sont très encourageantes. Selon Hervé Trinquet, post-doctorant du CNRS/Laboratoire universitaire d'astrophysique de Nice (LUAN), l'étude des qualités optiques du ciel démontre que l'épaisseur de la couche de turbulences atmosphériques gênantes en astronomie n'atteint qu'une hauteur de 30 mètres en hiver, ce qui est unique au monde. Il fait aussi remarquer que "90% de toute la turbulence est au sol", alors que partout ailleurs sur la planète on rencontre plusieurs zones turbulentes en altitude.

Autre grand avantage de Concordia, le très faible taux de vapeur d'eau dans l'atmosphère autorise à la fois l'observation d'astres de faible luminosité dans l'infrarouge ainsi que dans le visible. Dès cet hiver, un nouveau télescope de 40 cm équipé d'un photomètre permettra des mesures photométriques très précises depuis le dôme C afin d'étudier l'absorption de l'atmosphère.

Observations astronomiques au sol. Crédit Concordia Station.

Mais comme on le voit ci-dessus, les astronomes n'ont pas attendu la nouvelle installation pour débuter leurs travaux. Djamel Mékarnia, de l'observatoire de la Côte d'Azur/CNRS, utilise déjà une paire de télescopes jumeaux de 30 cm depuis le sol, et un autre posé sur une plate-forme à 8 mètres de hauteur. Il examine aussi attentivement le taux de transparence du ciel et se réjouit déjà de l'arrivée de l'hiver et de ses trois mois de nuit complète afin de pouvoir observer en continu certaines étoiles, 24 heures sur 24 durant une ou deux semaines. Pour l'hiver suivant, un nouveau télescope sera consacré à la surveillance d'un groupe d'étoiles en continu pour tenter de détecter des planètes extrasolaires.

Observation depuis une plate-forme à 8 mètres du sol. Crédit Concordia Station.

Non loin de là, les Italiens ont aussi commencé l'installation de deux télescopes, dont l'un de 2,6 mètres pour travailler dans les ondes millimétriques. Rina Brigulio, de l'université de Rome, attend aussi impatiemment l'hiver pour utiliser un petit télescope optique de 25 cm pour mesurer la variation d'intensité d'étoiles comparables à notre Soleil.

Le seul défaut de Concordia, selon les astronomes, concerne le très grand froid. Celui-ci givre les miroirs et rend l'accès à la base difficile. Mais Soren Moller Pedersen, de l'université technique du Danemark, s'en réjouit car cela lui permet de tester son magnétomètre, posé dans la neige, dans les pires conditions: il devra en effet fonctionner parfaitement sur Mars, où les variations thermiques sont comparables, entre -30 et -70°C.

Dans l'avenir, Hervé Triquet prévoit la construction du projet Keops, un interféromètre composé de 36 télescopes optiques de 1,50 m installés dans un cercle d'un kilomètre de diamètre, équivalent à un instrument de 30 mètres. Les premiers éléments pourraient être installés en 2008.

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