Représentation de l'observatoire spatial James-Webb une fois déployé. Le lancement du successeur d’Hubble est repoussé à mai 2020, au mieux. © Nasa

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Télescope spatial James-Webb : le lancement repoussé à 2021

ActualitéClassé sous :Astronautique , télescope spatial James Webb , Nasa

Au train où vont les choses, Ariane 5, qui doit lancer l'observatoire spatial James-Webb sera peut-être à la retraite quand cet instrument sera prêt... La Nasa vient en effet, une nouvelle fois, de reporter son lancement, aujourd'hui prévu le 30 mars 2021. Ce nouveau report ne fait évidemment les affaires de personne. Les scientifiques vont devoir patienter trois années supplémentaires et la Nasa sera contrainte de demander une rallonge de plus de 800 millions de dollars, sans oublier Northrop Grumman, qui construit l'observatoire, dont on peut se demander si ses études initiales n'ont pas été trop optimistes.

Seulement trois mois après avoir annoncé un énième report du lancement de l'observatoire spatial James-Webb, la Nasa est une nouvelle fois contrainte à un nouveau report. À la suite du rapport d'une commission d'enquête indépendante, la Nasa a dû se résoudre à décaler le lancement de près d'un an. Le lancement du James-Webb est aujourd'hui prévu le 30 mars 2021. L'observatoire spatial sera donc lancé à une date où il aurait dû cesser de fonctionner !

À cela s'ajoute une augmentation du budget qui dépasse le plafond fixé par le Congrès américain. La nouvelle estimation des coûts de développement de l'observatoire est de 8,8 milliards de dollars (7,5 milliards d'euros), soit 10 % de plus que le plafond de 8 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros). Si on ajoute à cette somme les coûts de son exploitation, le budget total atteint 9,66 milliards de dollars (8,25 milliards d'euros). Cette somme correspond à cinq années d'exploitation. Hors, si aucun pépin technique ne vient restreindre sa durée de vie, il ne fait guère de doute qu'il fonctionnera quelques années de plus, de sorte que le budget total dépassera les 10 milliards de dollars (8,5 milliards d'euros).

Différentes étapes du développement de l'observatoire spatial James-Webb. © Nasa, Northrop Grumman

Les causes du retard du James-Webb

La situation va contraindre la Nasa à s'expliquer devant le Congrès et à demander une nouvelle autorisation de poursuivre le programme. On voit mal le Congrès abandonner le programme en raison des sommes déjà dépensées et parce que cet instrument est très attendu par les communautés scientifiques qui l'utiliseront.

Le retard pris dans le développement de l'observatoire spatial a cinq causes, explique Tom Young, le président de la commission d'enquête indépendante :

  • D'indéniables difficultés techniques, qu'explique la complexité des systèmes ;
  • Des nouvelles technologies, comme le pare-soleil, insuffisamment maîtrisées ;
  • Des problèmes intrinsèques ;
  • Des erreurs humaines ;
  • L'optimiste excessif du calendrier du déroulement du programme.

Cela dit, cette date de lancement sera tenue seulement si aucun ennui ou mauvaise surprise ne vient perturber la fin du développement de James-Webb. Pour cela, la commission d'enquête a listé plusieurs mesures qui, selon elle, devrait minimiser les erreurs humaines et permettre d'identifier d'autres problèmes susceptibles de se déclarer.

  • Le lancement du James-Webb a été reporté une énième fois.
  • Ariane 5 le lancera celui-ci en mars 2021, s'il n'y a aucun nouveau problème technique d'ici là.
  • En tenant compte du coût de son exploitation, le programme atteint les 10 milliards de budget.
Pour en savoir plus

Télescope spatial James-Webb : le lancement repoussé à mai 2020

Article de Rémy Decourt publié le 28/03/2018

Mauvaise nouvelle pour l'observatoire spatial James-Webb (JWST) : son lancement est à nouveau reporté. En effet, dans un communiqué, la Nasa vient d'annoncer que celui-ci n'aura pas lieu comme prévu au printemps 2019 mais, au mieux, en mai 2020.

Un nouveau report de lancement de l'observatoire spatial James-Webb(JWST) a été décidé après les résultats d'une évaluation indépendante qui est arrivée à la conclusion que les tâches restantes ne pouvaient pas être réalisées dans les délais impartis en vue d'un lancement en 2019.

Déjà en septembre 2017, l'Agence spatiale américaine avait été contrainte de reporter son lancement d'octobre 2018 au printemps 2019. Le JWST sera lancé par Ariane 5 (Arianespace) depuis Kourou (Guyane) et positionné au point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, du côté opposé au Soleil.

Ces reports successifs s'expliquent par une cascade de problèmes techniques sur à peu près tous les éléments de l'observatoire : les servitudes comme la partie scientifique (miroirs, bouclier thermique, instruments). À chaque ennui technique résolu, s'ouvrent de nouvelles séances de tests qui concourent également à reporter un peu plus la date de livraison du JWST.

Essai du miroir primaire du James-Webb. © Northrop Grumman, Nasa

Envolée des coûts et dépassements budgétaires à répétition

Le coût de ce programme pourrait bientôt atteindre les 10 milliards de dollars ! Un montant bien loin des 500 millions de dollars que promettait une étude de faisabilité en 1996 et des 1,6 milliard de dollars budgétisés par la Nasa au coup d'envoi du programme au début des années 2000.

Aujourd'hui, son coût est évalué à 7,998 milliards de dollars. À cette somme, il convient d'ajouter 837 millions de dollars correspondant aux cinq années d'exploitation minimum prévues contractuellement, pour un coût total de 8,835 milliards de dollars. Il est à noter que le JWST embarque suffisamment de carburant pour fonctionner pendant au moins dix ans.

Bloc Le saviez-vous ?

Enfin, ce nouveau report va induire des coûts supplémentaires que les 533 millions de dollars prévus pour le budget de la Nasa 2019 devront absorber sous peine de voir le programme remis en cause. En effet, comme le souligne Thomas Zurbuchen, de la Direction des missions scientifiques de la Nasa, si le JWST dépasse son budget actuel (légèrement plus de 8,8 milliards de dollars), le projet devra à nouveau être approuvé par le Congrès américain.


La Nasa confirme le lancement du télescope James-Webb en 2018

Article de Rémy Decourt publié le 10/02/2014

La construction de l'observatoire spatial James-Webb se poursuit. Développé en coopération entre la Nasa et les agences spatiales canadienne et européenne, cet observatoire doit succéder à Hubble. Son lancement, récemment confirmé par la Nasa, est prévu en 2018 par une Ariane 5.

Au centre Goddard des vols spatiaux de la Nasa, les équipes de l'observatoire James-Webb (JWST, pour James Webb Space Telescope) sont heureuses. Tous les éléments principaux de cet engin sont réunis dans la même pièce. On compte les quatre instruments, dont Miri et NIRSpec fournis par l'Europe au titre de sa participation au projet, la structure de l'observatoire, le bouclier thermique et bien sûr les 18 segments hexagonaux du miroir primaire du télescope, qui viennent d'être livrés. L'assemblage devrait s'achever dans le courant de l'année 2016.

Notez que la participation européenne au projet ne s'arrête pas à la seule fourniture de deux instruments. Le JWST sera lancé par Arianespace au moyen d'un lanceur Ariane 5. L'observatoire rejoindra ensuite sa position définitive, à 1,5 million de kilomètres de l'orbite de la Terre autour du Soleil, dans une zone gravitationnellement stable dénommée point de Lagrange L2.

Budget record pour le télescope spatial James-Webb

Alors qu'il était initialement prévu au début des années 2010, puis menacé d'abandon en 2011, l'observatoire James-Webb sera bien lancé en 2018. À l'issue d'une énième revue qui jalonne la vie de tous les projets spatiaux, en l'occurrence la revue critique de conception de l'observatoire, Charles Bolden, le patron de la Nasa, a confirmé, compte tenu de l'état d'avancement du projet, être en bonne voie pour lancer James-Webb en 2018. Cette revue, menée par un comité d'experts indépendants, a passé en revue tout ce qui a trait à la puissance de la plateforme et aux systèmes de communication, de contrôle et de pointage de l'observatoire spatial.

Arrivée des trois derniers segments du miroir primaire, bien empaquetés dans des conteneurs étanches. Au nombre de 18, les segments forment ensemble un miroir de 6,5 mètres. © Nasa, Chris Gunn

Seul point noir du projet : le budget. En 1989, avant que les caractéristiques de l'observatoire soient figées, les premières études prévoyaient un lancement en 2005 et un budget d'un milliard de dollars. À la fin des années 1990, le budget est plafonné à moins de 3,5 milliards de dollars pour un lancement en 2013. Mais dès 2005, le budget s'envole et atteint aujourd'hui neuf milliards de dollars. Une dérive qui a failli être fatale au projet en 2011, quand les républicains, alors en majorité au Congrès, décident de le supprimer. Il sera finalement sauvé, mais au prix d'un programme d'exploration martienne fortement réduit. Pour la communauté scientifique, il vaut bien tous ces efforts. Alors que Hubble est capable d'observer l'univers tel qu'il était 500 à 600 millions d'années après le Big Bang, on s'attend à ce que James-Webb puisse remonter le temps presque jusqu'à la naissance de l'univers.

L'envolée des frais du programme est due notamment par la complexité du télescope, qui nécessite un miroir primaire segmenté en 18 éléments hexagonaux. Ce choix s'explique par le fait qu'il est impossible de lancer d'un seul tenant un miroir d'une aussi grande taille. Le plus grand miroir lancé d'un seul tenant a été celui d'Herschel en 2009 (3,5 m), et aucun lanceur n'a une coiffe capable d'embarquer une charge utile de plus de 6,5 m de diamètre, d'où la nécessité de plier le télescope pour le loger dans le lanceur.

Comparaison des miroirs primaires du télescope spatial Hubble (2,4 m) et de l'observatoire James-Webb (6,5 m). © Nasa

Observations sans précédent

Une fois dans l'espace, les 18 segments se déplieront et s'aligneront avec une précision de 1/10.000 pour former un seul et unique miroir primaire d'une qualité remarquable. Par rapport aux 2,4 mètres de Hubble, le télescope de l'observatoire James-Webb aura une surface collectrice sept fois plus grande. Cependant, avec une réclusion de 0,1 seconde d'arc, ses images seront aussi nettes que celles d'Hubble, mais bien plus sensibles, ce qui lui permettra d'imager des objets impossibles à voir pour Hubble, notamment des exoplanètes et des détails à l'intérieur de certaines galaxies.

Contrairement à Hubble qui effectue des observations dans la lumière visible, le spectre ultraviolet et le proche infrarouge, James-Webb fonctionnera uniquement dans les gammes d'ondes du proche infrarouge et de l'infrarouge moyen. Dans ces domaines, il sera capable de voir les premiers objets détectables de l'univers, ceux qui se sont formés après les âges sombres ou obscurs, une période de l'histoire de l'univers qui commence après la diffusion du rayonnement cosmique, lorsqu'il apparaissait chaud et opaque, et avant la formation des premières structures lumineuses constituées d'étoiles et de galaxies à partir de 200 millions d'années après le Big Bang.

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