Le module ICC (pressurisé) de l'ATV sur lequel est installé le système intégré d’amarrage avec l’ISS. Cet élément est dérivé de systèmes déjà opérationnels sur les vaisseaux russes Soyuz et Progress. Il est fourni par la firme russe RSC-Energia. © Esa/S. Corvaja

Sciences

Docké à l'ISS, l’ATV Johannes Kepler commence sa mission de trois mois

ActualitéClassé sous :Astronautique , atv , ATV 2

Journée dense hier pour les centres de contrôle de Houston, de Moscou et de Toulouse qui ont eu à gérer l'amarrage à l'ISS de l'ATV Johannes Kepler et le décollage de la navette Discovery. Premier véhicule conçu pour effectuer des rendez-vous en mode automatisé, l'ATV n'a pas usurpé son surnom de robot spatial le plus intelligent. Il commence sa mission qui devrait durer trois mois.

  • Revivez l'histoire de l'ISS en images 

Hier, quelques heures avant le décollage de Discovery, l'ATV Johannes Kepler s'est amarré à la Station sans anicroche démontrant pour la seconde fois, après Jules Verne en 2008, sa capacité à effectuer cette manœuvre de manière autonome. Cet engin, qui répond à des exigences de sécurité imposées aux seuls vols habités, a été conçu pour assurer la sécurité de la Station en cas de panne. Son système de sécurité, autonome et intelligent, garantit qu'en cas d'anomalie du système, même mineure, le véhicule spatial retourne automatiquement vers une position sûre et stationne à une distance raisonnable de l'ISS.

L'ATV ne peut s'amarrer que sur la partie russe de la Station en se dockant sur Zvezda, à l'aide de son système d'amarrage fourni par la firme russe RSC-Energia. Dérivé de systèmes déjà opérationnels sur les vaisseaux Soyuz et Progress, il est installé sur la partie pressurisée de l'engin, c'est-à-dire sur le module cargo intégré ICC (Integrated Cargo Carrier). Ce module est construit dans l'usine turinoise de Thales Alenia Space sous l'égide d'Astrium, où sont également fabriqués les modules pressurisés du véhicule spatial Cygnus.

Gros plan du système d'arrimage de l'ATV. Sa mission prendra fin dans trois mois. Il sera empli de déchets puis désorbité pour qu’il se désintègre dans l’atmosphère. © Esa/S. Corvaja

Plus de 7 tonnes de fret net à bord de l’ISS

En s'amarrant à l'ISS, l'ATV est devenu un module à part entière, de sorte que l'équipage de l'ISS peut y pénétrer et décharger ce qui s'y trouve : quelque 7 tonnes de fret (dont 850 kilos de carburant, 100 kilos d'oxygène et plus de 1,6 tonne de réserves et de provisions). Il fournit également des vêtements pour les astronautes, l'expérience scientifique Geoflow II réalisée par Astrium pour l'Esa, ainsi que divers équipements nécessaires aux réparations et à l'exploitation générale de l'ISS.

L'ATV a également pour fonction de rehausser l'altitude de la Station. En effet, à 400 kilomètres d'altitude, il existe encore une atmosphère résiduelle, qui génère une force de frottement non négligeable sur l'ISS. La Station perd constamment de l'altitude, ce qu'il faut régulièrement compenser par des manœuvres de reboost, afin de rester sur l'orbite idéale. Les navettes et les cargos Progress sont régulièrement chargés de le faire, tout comme l'ATV, qui transporte 4,5 tonnes de propergols pour remonter l'altitude de l'ISS d'une trentaine de kilomètres. 

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi