Maintenant que l’ISS est achevée à plus de 90%, le temps disponible pour faire de la science et de la recherche va augmenter. Ici, l’équipage 22 réalisant des expériences. Crédit Nasa

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Le bel avenir de la Station spatiale internationale

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L'achèvement de la construction de la Station spatiale laisse à penser que le fameux « retour » sur investissement pourrait être au rendez-vous. Mais rien n'est moins sûr. Explications.

Maintenant qu'il semble acquis que l'ISS sera utilisée au moins jusqu'en 2020, reste à savoir ce que l'on va pouvoir y faire. A son origine, la Station a été vVendue comme une magnifique plate-forme orbitale pour la recherche ou la mise à profit de la microgravité. Mais, neuf ans après la mise en service de son  premier laboratoire scientifique, le résultat n'est pas à la hauteur des attentes et des investissements consentis par les Etats participants.

Cela devrait changer. Depuis l'augmentation en 2008 des capacités d'utilisation de la Station avec l'intégration des laboratoires européens (Columbus) et japonais (Kibo) et un équipage passé de 3 à 6 astronautes, le temps disponible pour faire de la science augmente. Le sursis de l'ISS jusqu'en 2020 ouvre de nouvelles perspectives ce qui devrait élargir le cercle des utilisateurs potentiels.

Car, il faut bien le reconnaître, dès le début du projet, la communauté scientifique n'a jamais montré un grand enthousiasme pour la Station qui promettait d'engloutir des milliards de dollars qui ne seraient pas utilisés ailleurs. L'Esa et la Nasa n'ont jamais fait face à un afflux de demande d'utilisation à des fins scientifiques pour faire des expériences de longues durées en apesanteur.

Pire encore, en dehors du domaine spatial, il n'y a pas de réelle demande pour l'étude des effets de la microgravité. Les industriels du secteur de la pharmacie et ceux intéressés par la croissance des métaux et des cristaux, dont on pensait qu'ils allaient investir dans l'ISS, ne se sont pas bousculés pour financer des projets. De plus, à cause des perturbations dues à la présence des astronautes et des systèmes de support-vie, la Station n'offre qu'un environnement de microgravité de qualité médiocre.

Aujourd’hui, des programmes d'observation de la Terre et des travaux scientifiques sont bien réalisés à bord ou à l'extérieur de la Station. Mais, ils sont bien en deçà des capacités de la Station. © Nasa

Un laboratoire pour la vie dans l'espace et les explorations lointaines

Aujourd'hui, la Station est vue comme une plate-forme essentielle pour préparer les voyages futurs vers la Lune, Mars et au-delà. En effet, il n'est pas certain que les risques encourus en envoyant des hommes pour de très longues durées dans l'espace puissent être ramenés à des niveaux acceptables sans expérimentations préalables et essais à bord de l'ISS. La Station va donc permettre d'apprendre à vivre et à travailler dans l'espace pendant de longues périodes et de comprendre comment le corps humain réagit à la microgravité, dans une certaine mesure aux rayonnements (la Station évolue sous  les ceintures de Van Allen) et à d'autres conditions auxquelles auront à faire face les futurs voyageurs spatiaux.

Elle sera également utilisée pour préparer les étapes futures de l'exploration, notamment pour la mise au point de systèmes de support-vie autonomes, fonctionnant en circuit fermé. En robotique, la Station pourrait servir de banc test à des démonstrateurs pour la mise au point de dépôts de carburant, de nouveaux moyens de propulsion qui pourrait réduire de façon considérable le temps de voyage entre la Terre et Mars, voire la robotisation des tâches aujourd'hui dévolues à des astronautes ou télécommandées. On peut également envisager le déploiement de modèles de modules gonflables en vue de créer des structures habitables soit pour doter la station d'extensions, soit utilisables pour une base extraterrestre.

S'il se concrétise, ce regain d'intérêt pourrait à terme favoriser le transfert de technologie et l'utilisation commerciale des applications  et des activités réalisées dans l'ISS et pour sa construction. On s'attend également à ce qu'elle soit utilisée dans une optique commerciale pour la recherche privée ainsi qu'à des fins de mécénat et d'éducation, voire pour du marketing.

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