La Chine, qui veut envoyer des taïkonautes sur la Lune, a un problème de taille. Elle ne dispose pas d’un lanceur suffisamment puissant et ce ne sont pas les deux lanceurs actuellement en développement qui feront l'affaire. Elle devra donc mettre au point un nouveau lanceur.

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En matièrematière de politique spatiale et de développement industriel, les ambitions chinoises sont élevées. En parallèle à la mise en route des solutions complètes pour les satellites d’applications civiles (météorologiemétéorologie, télécommunications, surveillance), des programmes de sciences spatiales et de vols habités ambitieux et cohérents, la Chine s'est dotée d'une famille de lanceurs.

Mais pour satisfaire les besoins à long terme de son programme de vol habité et d'exploration, la Chine est en manque d'un lanceurlanceur capable d'envoyer des Hommes sur la Lune et gambader sur la Planète rouge, comme elle ambitionne de le faire.

Malgré le développement actuel de deux nouveaux lanceurs, Longue Marche 5 et 7, le pays se trouve dans une impasse. Ces deux lanceurs, encore en phase de développement, ont, sur le papier, des performances certes remarquables, mais bien en-deçà des besoins pour l'exploration. La Longue Marche 5, dont le premier vol est attendu en 2014, est capable d'envoyer 25 tonnes en orbiteorbite basse et 10 tonnes sur les orbites de transfertorbites de transfert géostationnaires. La version 7 de la famille pourra elle lancer plus de 13 tonnes en orbite basse et 5,5 tonnes en orbite héliosynchronehéliosynchrone.

Maquette du futur lanceur Longue Marche 5 qui devrait voler en 2014. © AP Press

Maquette du futur lanceur Longue Marche 5 qui devrait voler en 2014. © AP Press

Un futur lanceur chinois pour des taïkonautes sur la Lune

Or, pour envoyer des Hommes sur la LuneLune (et le matériel afférentafférent pour y séjourner) et satisfaire aux besoins à long terme du programmes des vols habités en orbite basse, la Chine devra compter sur un lanceur au moins 4 fois plus puissant que la Longue Marche 7 qui, bien que parfaite pour déployer les futures modules de la station spatiale chinoise, sera bien incapable de lancer un véhicule spatial vers la Lune. Autrement dit, la Chine n'a pas d'autre choix que de se doter d'un lanceur lourd bien plus puissant que ces deux versions en cours de développement.

À la fin des années 1990, le gouvernement chinois avait renoncé à donner son feufeu vert à la constructionconstruction d'un lanceur lourd. Une erreur stratégique qui a freiné le développement de son industrie des lanceurs et très vraisemblablement fait perdre une occasion de marquer des points sur le marché des lancements de satellites.

Aujourd'hui, tous les clignotants sont au vert pour que la Chine se lance dans ce défi. Les besoins sont là, les technologies également et surtout, les caisses du Trésor chinois sont bien plus remplies que celles des autres pays occidentaux. Une équipe d'ingénieurs et de responsables de la China Academy of Launch Vehicle Technology a présenté son étude de deux ans sur la définition d'un lanceur lourd capable de lancer 100 tonnes en orbite basse.

Cet élément clé de toute stratégie d'exploration est actuellement un sujet de préoccupation aux États-Unis et en Russie. La NasaNasa en développe actuellement un qui devrait lancer jusqu'à 130 tonnes en orbite basse, 10 tonnes de plus que ce qu'était capable la légendaire Saturn V du programme ApolloApollo. Quant aux Russes, ils étudient un lanceur qui pourrait lancer jusqu'à 110 tonnes, toujours en orbite basse.