Deux tiers des Français manquent de sommeil : voici des coupables insoupçonnés. © amenic181, Fotolia

Santé

10 choses insoupçonnées qui nous empêchent de dormir

Question/RéponseClassé sous :Sommeil , difficultés pour dormir , bien dormir

Plus d'un Français sur deux se plaint de mal dormir et 10 millions de Français ont recours à des somnifères. Bien sûr, nous savons tous que le bruit, le café ou la lumière gênent le sommeil. Mais d'autres choses plus étonnantes peuvent aussi vous faire passer des nuits blanches.

Deux tiers des Français déclarent manquer de sommeil, d'après un sondage Ipsos de 2018. Un sur cinq considère même souffrir d'un manque chronique et 78 % estiment moins bien dormir qu'avant. 85 % déclarent se réveiller au moins une fois par nuit avec un temps d'éveil de 39 minutes en moyenne avant de réussir à se rendormir. Il faut dire qu'une multitude de facteurs sont susceptibles de perturber le sommeil, dont certains sont assez inattendus.

Se laver les dents

Le café, le thé ou l'alcool empêchent certaines personnes de trouver le sommeil. Mais les difficultés à s'endormir pourraient aussi venir... de votre dentifrice. Selon une étude de l'université jésuite de Wheeling (États-Unis), l'odeur de menthe et de cannelle a un effet stimulant sur le système nerveux. Le citron et l'eucalyptus auraient le même effet, selon d'autres études. En cas de difficultés à trouver le sommeil, préférez le dentifrice à la fraise.

Se brosser les dents avec un dentifrice à la menthe a un effet stimulant. © olegkruglyak3, Fotolia

La Pleine Lune

Même si vous n'avez pas peur des loups-garous et autres vampires, la Pleine Lune peut affecter votre sommeil, selon une étude de l'université de Bâle. Le sommeil profond est ainsi diminué de 30 % durant les nuits de Pleine Lune et la sécrétion de mélatonine, l'hormone liée au sommeil, est nettement plus basse. Il ne n'agit pas de l'effet de la lumière, l'étude ayant été menée auprès de participants ayant dormi dans le noir, mais peut-être d'une « horloge biologique cachée » calquée sur le cycle de la Lune, suggèrent les chercheurs.

Notre horloge biologique est-elle calquée sur le cycle lunaire ? © paul, Fotolia

La pollution

En plus d'affecter la santé cardiaque et pulmonaire, la pollution de l’air a aussi des répercussions sur le sommeil, selon une étude de l'université de Washington. Les personnes exposées à de hauts niveaux d'oxyde d'azote et de particules fines auraient ainsi un risque accru de respectivement 60 % et 50 % de sommeil de faible qualité. De plus, les personnes exposées à la pollution urbaine sont aussi les plus affectées par les nuisances sonores (circulation, voisins bruyants...), elles aussi très néfastes pour le sommeil.

Les médicaments

Les vitamines (surtout B1, B12 et C) peuvent gêner l'endormissement. Mais c'est aussi le cas de nombreux médicaments. Si certains antidépresseurs favorisent le sommeil, d'autres comme le Seroplex entraînent de sévères insomnies. Les sevrages antitabac, les bronchodilatateurs, certains bêtabloquants (contre l'hypertension et le glaucome) ou encore les corticoïdes empêchent le même effet secondaire. Enfin, les médicaments diurétiques risquent de provoquer des éveils nocturnes pour aller uriner.

De nombreux médicaments favorisent les insomnies. © LumineImages, Fotolia

Les portes fermées et la climatisation

Laisser portes et fenêtres entrouvertes peut améliorer la qualité de votre sommeil, selon une étude de 2017 publiée dans Indoor Air. Passer la nuit dans un espace clos peut ainsi multiplier par trois le niveau de CO2, ce qui nuit à la qualité et la durée du sommeil. Attention également aux climatiseurs : selon une autre étude, les personnes dormant dans une chambre climatisée respirent davantage de CO2 comparée à une chambre naturellement ventilée.

Dormir à deux

Un Français sur deux dort avec un autre adulte toutes les nuits ou presque, selon une enquête de l’INSV (Institut national du sommeil et de la vigilance). Parmi eux, 44 % se plaignent de conséquences négatives sur leur sommeil, principalement en raison des mouvements et des ronflements de son partenaire. Les rythmes de vie différents ou la température de la pièce peuvent également provoquer des incompatibilités : les femmes sont par exemple naturellement plus frileuses que les hommes.

Dormir en couple a des répercussions négatives sur le sommeil. © vgstudio, Fotolia

La faim

Alors qu'un repas trop riche augmente la température corporelle et nuit au sommeil, l'inverse est également vrai : se coucher le ventre vide va inévitablement entraîner une fringale nocturne. Lorsqu'il est en manque, l'estomac émet de la ghréline, une hormone qui agit sur l'hypotalamus et déclenche la sensation de faim. Le soir, il est recommandé de favoriser les aliments riches en glucides qui aide à l'endormissement.

La lumière bleue

Tablettes, téléphones, ordinateurs : les écrans qui ont envahi nos vies ont un effet très néfaste sur le sommeil. Ces derniers émettent de la lumière bleue qui augmente l'activité des cellules ganglionnaires rétiniennes photosensibles, ce qui diminue la production de mélatonine. Le corps pense qu'il fait jour et augmente la vigilance. Selon une étude de 2017, porter des lunettes anti-lumière bleue pendant trois heures avant le coucher permettrait de gagner 24 minutes de sommeil.

La lumière bleue diminue la production de mélatonine qui favorise le sommeil. © torwaiphoto, Fotolia

Le froid

On entend souvent dire qu'il faut dormir dans une chambre bien fraîche (entre 16 °C et 19 °C). Le corps doit ainsi se refroidir de quelques dixièmes de degrés pour un bon endormissement. Or, le froid gênerait aussi le sommeil, d'après une étude de 2018 publiée dans Science Advance. Une température trop basse sensibilise les neurones activateurs de réveil et provoque une multiplication de micro-réveils d'environ 10 secondes. Dans tous les cas, le corps est plus sensible aux excès de température lorsqu'on dort.

La génétique

Le sommeil serait aussi une question de génétique, selon plusieurs études. Des chercheurs de la Rockefeller University ont ainsi découvert qu'une variation du gène CRY1 entraîne un ralentissement de l'horloge circadienne qui les incite à se coucher plus tard. D'autres chercheurs ont découvert qu'une forme mutée du gène ABCC9 inciterait ses porteurs, soit 20 % de la population européenne, à rester au lit environ une demi-heure de plus que les autres chaque nuit.

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