Santé

Traitement de la maladie de Parkinson

Dossier - La maladie de Parkinson de A à Z
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La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative due à la perte de neurones dopaminergiques du cerveau. Des traitements médicamenteux ainsi qu'un recours à la chirurgie sont possibles.

  
DossiersLa maladie de Parkinson de A à Z
 

La prise en charge des parkinsoniens fait intervenir plusieurs personnels de santé (kinésithérapeute, orthophoniste, neurologue...). Des traitements médicamenteux et chirurgicaux sont possibles.

Quels sont les traitement de la maladie de Parkinson ? © Ibmphoto24 - CC BY-NC 2.0

Traitements médicamenteux de la maladie de Parkinson

Certains médicaments visent à remplacer la dopamine manquante dans le cerveau :

  • la lévodopa ou L-dopa. Précurseur de la dopamine, elle est absorbée par les neurones dopaminergiques qui la transforment en dopamine. La plupart des molécules de lévodopa ingérées sont dégradées dans l'intestin par 2 enzymes : la COMT (Catéchol-O-Méthyl Transférase) et l'aminoacide aromatique. Les comprimés de lévodopa contiennent un inhibiteur de la COMT comme l'entacapone ou le tolcapone. Au début du traitement, le patient voit une amélioration rapide de ses symptômes. Mais progressivement, les prises de lévodopa deviennent de moins en moins efficaces : on parle d'épuisement thérapeutique ou d'échappement thérapeutique. La L-dopa conduit à des effets secondaires comme nausées, somnolence, étourdissements et dyskinésies (mouvements involontaires). Une association avec de la carbidopa peut être utilisée : la carbidopa bloque la conversion de la L-dopa en dopamine à l'extérieur du cerveau.

L-dopa (précurseur de la dopamine)
Dopamine
Structures moléculaires de la L-dopa et de la dopamine. Domaine public. © commons.wikimedia.org/wiki/Neurotransmetteur

  • les agonistes dopaminergiques (apomorphine, bromocriptine...). Ces médicaments ont un effet comparable à la L-dopa mais leur mode d'action est différent. Ils se fixent sur les récepteurs dopaminergiques du cerveau et remplacent donc la dopamine manquante. Les agonistes dopaminergiques causent moins de dyskinésies que la L-dopa,
  • les anticholinergiques (orphénadrine). Ils servent à bloquer les récepteurs d'acétylcholine des neurones qui l'utilisent comme neurotransmetteur,
  • les inhibiteurs de la monoamine oxydase (MAOB) : sélégiline et rasagiline. La MAOB est une enzyme qui détruit la dopamine. Ces inhibiteurs sont utilisés en association avec la L-dopa ou les agonistes dopaminergiques.

Maladie de Parkinson : les interventions chirurgicales

Tous les malades de Parkinson ne sont pas concernés par la chirurgie, car pour beaucoup le traitement médicamenteux suffit. Chez certains patients où des fonctions supérieures sont altérées (avec des troubles de l'équilibre), le traitement chirurgical peut s'avérer inefficace. La chirurgie est généralement proposée aux malades qui ont développé la maladie avant 60 ans et qui au bout de plusieurs années de traitement échappent au traitement médicamenteux. Ces patients risquent de se trouver très handicapés. Cependant, le recours à la chirurgie s'est amélioré au cours du temps. Plusieurs interventions existent :

  • la pallidectomie et la thalamotomie. Ces interventions consistent à détruire une partie du pallidum ou du thalamus, à l'aide d'une sonde introduite dans le cerveau,
  • la stimulation cérébrale profonde. Un fil est introduit dans le pallidum ou le noyau sous-thalamique. Il est relié à un stimulateur placé sous la peau, au niveau de l'épaule. Le stimulateur produit un courant électrique. L'intervention chirurgicale est complexe et nécessite une grande précision. En effet, une erreur d'un millimètre dans le positionnement de l'électrode peut conduire à un échec.

Principe de la stimulation cérébrale profonde. Source : La maladie de Parkinson, site du laboratoire GSK. © photos/illustrations : © Laboratoire GlaxoSmithKline - www.gsk.fr

Les futurs traitements de la maladie de Parkinson

Plusieurs pistes de recherche sont envisagées, et font l'objet d'études afin de traiter la maladie :

  • les greffes de cellules. Des travaux sont en cours pour mettre au point une technique de greffe de cellules dans le cerveau de parkinsoniens. Ces cellules pourraient provenir soit du patient soit de fœtus avortés,
  • les facteurs de croissance. Ces molécules présentes dans l'organisme permettent le développement et la différenciation des cellules. Le GDNF (facteur neurotrophique dérivé des gliocytes) est un facteur de croissance qui protègerait les neurones dopaminergiques,
  • la thérapie génique. Des tentatives ont été effectuées chez l'Homme. Elles ont consisté à injecter le gène de la GAD (Glutamic Acid Decarboxylase) dans le noyau sous-thalamique. L'objectif est de stimuler la progression de GABA, un neurotransmetteur inhibiteur, afin de diminuer la suractivité de ce noyau chez les malades de Parkinson.