Deux progestatifs massivement prescrits aux femmes sont associés à un risque accru de méningiome. L'ANSM a émis des recommandations pour les femmes sous traitement et tiendra une consultation publique pour répondre aux questions sur YouTube.

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L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a alerté il y a quelques jours sur les risques accrus d'apparition d'un cancercancer pour les femmes traitées au Lutéran et au Lutényl, deux pilules contraceptives progestatives.

Le principe actifprincipe actif du Lutéran (et ses génériques) est l'acétate de chlormadinone, un dérivé de la progestéroneprogestérone prescrit pour traiter les règles irrégulières et douloureuses, la ménopauseménopause, les saignements dus à fibrome ou l’endométriose. Le Lutényl, dont le principe actif est un autre dérivé de la progestérone, l'acétate de nomégestrol, est prescrit dans le même cadre.

Le Lutényl, le Lutéran et leurs génériques. © domaine public
Le Lutényl, le Lutéran et leurs génériques. © domaine public

Un risque accru de méningiome chez les femmes traitées

À la suite d'une étude épidémiologique menée en juin 2020, ces deux progestatifs ont été reliés à un risque accru de méningiomeméningiome. En effet, les résultats indiquent qu'une femme traitée avec l'une de ces deux moléculesmolécules a 3,3 fois plus de chance de développer un méningiome. Ce chiffre augmente significativement avec la duréedurée du traitement et la dose mais aussi l'âge de la patiente. Ainsi, le risque de contracter un méningiome après cinq ans de traitement au Lutényl est multiplié par douze. Ce risque est multiplié par 7 après trois ans et demi de traitement au Lutéran. Enfin, le risque de méningiome est trois fois plus élevé pour les femmes de 35 à 44 ans que pour celles âgées de 25 à 34 ans.

Le méningiome est une tumeurtumeur des méningesméninges, une membrane composée de deux feuillets : la dure-mèredure-mère qui est la plus épaisse, et une deuxième plus fine, l'arachnoïde. Enfin, la pie-mère est adhérente au cerveaucerveau. C'est entre l'arachnoïde et la pie-mère que circule le liquide céphalorachidienliquide céphalorachidien qui protège le cerveau des chocs. La tumeur pousse souvent à partir de l'arachnoïde vers le cerveau et le compresse, ce qui peut provoquer tout un panel de symptômessymptômes.

Les tumeurs qui affectent les méninges sont souvent bénignes et asymptomatiques. Néanmoins, sous l'effet d'un traitement hormonal, elles peuvent grossir et devenir agressives. On parle alors de méningiomes atypiques (stade II) et de méningiomes malins (stade III). Si un méningiome est détecté chez une patiente, l'ANSM indique que tout traitement au Lutényl ou Lutéran en cours doit être interrompu. En effet, l'acétate de chlormadinone et l'acétate de nomégestol sont contre-indiqués en cas de méningiome ou d'antécédents de méningiome.

Les méninges sont composées de la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère. © Grook Da Oger, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 3.0
Les méninges sont composées de la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère. © Grook Da Oger, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Une consultation publique en ligne

Afin de prendre en compte le risque non-négligeable de méningiome pour les femmes sous Lutényl ou Lutéran, l'ANSM organise une consultation publique, le lundi 2 novembre 2020 sur leur chaîne YouTubeYouTube. Elle prendra la forme de contributions et de questions écrites ou orales qui seront adressées à un comité d'experts et de médecins.

Si vous êtes concernée par un traitement au Lutényl ou Lutéran et souhaitez participer à cette consultation, vous pouvez soumettre une candidature en ligne jusqu'à 30 septembre. Le lien pour candidater est disponible ici. En attendant, des recommandations ont été émises pour les patientes et les professionnels de santé, consultables sur le site de l’ANSM.