Bientôt un traitement définitif contre l'endométriose ?

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L'endométriose touche 10% des femmes en âge d'avoir des enfants. Chez les femmes affectées par cette maladie, lors des règles, certaines cellules de l'endomètre migrent hors de l'utérus au lieu d'être évacuées. Elles vont former des lésions, généralement sur les ovaires, les trompes de Fallope, et les tissus tapissant le bassin, mais peuvent aussi dans de plus rares cas se propager vers d'autres organes. Ces lésions peuvent être très douloureuses et conduire à l'infertilité. Bien qu'il soit possible de les retirer, cela nécessite plusieurs opérations chirurgicales, et elles réapparaissent environ une fois sur deux. Il n'existe actuellement aucun traitement définitif.

Qu'est-ce que l'endométriose ? © Inserm, YouTube

Mais des chercheurs américains pourraient avoir trouvé une solution ! Dans une étude publiée dans Small, ils présentent une nouvelle technique basée sur des nanoparticules. Enrobées d'un colorant, la naphtalocyanine de silicium, ces nanoparticules se révèlent capables de trouver et d'éliminer ad vitam æternam les lésions dues à l'endométriose.

Tout d'abord, celles-ci sont injectées dans l'organisme. En 24h, elles s'accumulent dans le tissu endométrial. Mais elles ne deviennent fluorescentes qu'une fois à l'intérieur des cellules endométriales, permettant de les détecter. A ce moment-là, de la lumière proche infrarouge est utilisée. Elle interagit avec les nanoparticules colorées, qui chauffent, et chauffent encore jusqu'à ce que les cellules endométriales soient à environ 46°C ! Une température à laquelle elles ne résistent pas. 

Et en un jour ou deux, les cellules sont éradiquées. « Le défi a été de trouver le bon type de nanoparticules » explique Oleh Taratula, coauteur de l'étude, dans un communiqué. « Ceux qui peuvent s'accumuler principalement dans les lésions endométriosiques sans effet toxique sur le corps, tout en préservant leurs propriétés d'imagerie et de chauffage. »

Si cette étude in vivo a été concluante, plusieurs études sont encore nécessaires pour vérifier l'efficacité de la thérapie photothermique. Les résultats permettront de débuter, ou non, les essais cliniques chez l'humain. Et peut-être d'offrir enfin un traitement simple et définitif à des millions de femmes.

L'endométriose provoque la formation « d'un tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus », et forme « des lésions, des adhérences et des kystes ovariens dans les organes colonisés », comme l'explique l'association de lutte contre l'endométriose EndoFrance. © Pixel-Shot, Adobe Stock