Dans l’œil, la rétine est le tissu photorécepteur. © Syda Productions, Fotolia

Santé

Rétine : le renouvellement des cellules sensorielles mieux compris

ActualitéClassé sous :médecine , oeil , DMLA

Des chercheurs finlandais ont fait une découverte qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de la rétine. Ils ont trouvé des protéines qui participent à la bonne santé des photorécepteurs.

Dans l'œil, la rétine est le tissu sensoriel qui capte les signaux lumineux afin de générer un message nerveux pour le cerveau. Les cellules sensorielles de la rétine sont en contact étroit avec une couche particulière de cellules : l'épithélium pigmentaire rétinien. Celui-ci la sépare de la choroïde, une des enveloppes de l'œil.

L'épithélium pigmentaire rétinien, même s'il n'est pas constitué de cellules sensorielles, joue un rôle important dans la vision : il sécrète des facteurs de croissance, fournit des nutriments aux photorécepteurs, élimine des déchets et absorbe de la lumière.

Pour conserver une bonne vision au fil du temps, il est important que les cellules sensorielles de la rétine se renouvellent. Ce renouvellement est possible grâce à des phagocytoses qui ont lieu au niveau de l'épithélium pigmentaire rétinien : des parties des cellules sensorielles sont éliminées et « ingérées » par la couche de cellules de l'épithélium pigmentaire adjacent, grâce à un mécanisme de phagocytose qui est essentiel à la vision. Les maladies qui touchent la rétine, comme la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), sont une cause majeure de malvoyance. Dans la DMLA, cette phagocytose ne fonctionne pas correctement, d'où l'importance de mieux comprendre ce phénomène.

Des canaux impliqués dans les messages électriques et la phagocytose

Dans cette étude parue dans la revue BMC Biology, les chercheurs de l'université de Tampere (Finlande) se sont intéressés aux cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien. Dans ces cellules, ils ont trouvé des molécules spécifiques des tissus électriques comme le cœur et le système nerveux : des canaux sodium voltage-dépendants. Ces protéines caractéristiques des cellules excitables génèrent des signaux électriques au niveau des neurones.

Structure de la rétine, imitée de Purves et als Neurosciences De Boeck, 2005. © Pancraft/Wikipedia, CC by-sa 3.0

Plusieurs types de canaux sodium voltage-dépendants étaient présents dans des épithéliums pigmentaires rétiniens de souris ou dérivés de cellules embryonnaires humaines. On peut donc se demander si cet épithélium est capable de produire un signal électrique, alors que ce tissu était plutôt considéré comme « inactif » du point de vue électrique.

De plus, les chercheurs ont découvert que ces mêmes canaux influencent le processus de phagocytose de l'épithélium rétinien. Plus précisément, les canaux sodium sont impliqués dans la phagocytose du segment externe photorécepteur des cellules sensorielles de l'œil. Si les canaux sodium sont inhibés, la phagocytose est gênée. Ces canaux ioniques sont donc impliqués dans le renouvellement des cellules sensorielles de la rétine.

Cette découverte pourrait aider à trouver de nouveaux traitements contre des maladies dégénératives de la rétine comme la DMLA.

  • La rétine est en contact avec un épithélium pigmentaire.
  • Des chercheurs ont trouvé des canaux ioniques sodium voltage-dépendants au niveau de cet épithélium.
  • Ces canaux sont impliqués dans la phagocytose qui permet le renouvellement des cellules photoréceptrices.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

L’exceptionnelle vision du corbeau calédonien  Le corbeau calédonien dispose d’une très bonne vision binoculaire, donc en 3 dimensions. Cette capacité lui permet d’utiliser efficacement des outils.