Santé

Rétine artificielle : des essais prometteurs

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Encore un nouvel espoir pour les personnes atteintes de cécité : une puce implantée sous la rétine et dotée de photorécepteurs synthétiques permet à des patients greffés de repérer des objets, et même, pour l'un d'entre eux, de lire !

La cécité pourrait être corrigée par la pose d'un implant sous la rétine. © Wikimedia commons

La rétinite pigmentaire et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) affectent les photorécepteurs et mènent à une cécité progressive. Malgré les améliorations dans le domaine de la thérapie génique qui permettent de ralentir la destruction des photorécepteurs, elles sont pour le moment incurables. Les neurones intermédiaires de la rétine assurant le lien entre les photorécepteurs et le nerf optique sont pourtant toujours fonctionnels et le remplacement des photorécepteurs par un système de détection de la lumière pourrait alors redonner la vue à des patients.

C'est ce qui a été fait par les chercheurs de l'université de Tübingen en Allemagne. Dans le cadre d'une étude clinique pilote, une puce sensible à la lumière a été implantée sous la rétine de trois patients d'une quarantaine d'années, atteints de dégénération rétinienne héréditaire (rétinite pigmentaire ou choroïdérémie) depuis leur enfance et ayant perdu la capacité de lire depuis au moins 5 ans.

Cet implant possède 1.500 pixels (38 x 40), chacun composé d'une microphotodiode. Ces photorécepteurs synthétiques détectent la lumière et la transforment en un signal électrique proportionnel à l'intensité lumineuse. Chaque pixel possède son propre amplificateur et sa propre électrode, de sorte que les neurones bipolaires sous-jacents correspondants sont activés indépendamment et transmettent l’information au cerveau.

La puce est reliée à une batterie externe via un câble en silicone qui transperce l'œil. © Tübingen University

Implanté, le capteur devient physiologiquement fonctionnel

Suite à de précédentes expérimentations in vitro et sur des animaux, l'équipe de recherche a pu mettre au point cet implant biocompatible, stable et dont la pose est réalisable chirurgicalement. Les microphotodiodes sont placées sur une puce de 3 millimètres de côté, dont l'épaisseur atteint à peine 20 micromètres. Un long câble en silicone, qui s'externalise derrière l'oreille, relie la puce à une batterie externe nécessaire à son alimentation.

Les patients greffés ont répondu positivement au premier test consistant en l'émission de flashs de lumière par un écran : l'implant les rend donc sensibles à la lumière. De plus, leur réflexe pupillaire, qui permet d'ajuster l'intensité lumineuse sur la rétine, est amélioré lorsque la puce est en position « on ». Les trois patients ont également réussi à localiser des objets clairs posés sur une table foncée, mais deux d'entre eux ont échoué à des tests plus poussés.


Chez un des patients, l'implant lui permet de reconnaître des objets clairs placés sur une table foncée. © Tübingen University, YouTube

Une chance de revoir

Le troisième patient, le seul à posséder l'implant placé sous la macula (zone de la rétine riche en photorécepteurs) a pu décrire correctement une cuiller, un couteau ou une tasse, de même qu'une banane et une pomme. Il est également capable de reconnaître des formes simples projetées sur un écran (carrés, triangles, lettres...) et de lire son nom écrit avec des lettres découpées dans une feuille blanche et posées sur un fond noir.

D'après les auteurs de l'article publié dans Proceedings of the Royal society B, des développements supplémentaires sont nécessaires pour améliorer le contraste, la résolution spatiale. Cependant, leurs travaux offrent la preuve qu'une puce peut permettre de restituer des fonctions visuelles, permettant aux patients de localiser, de reconnaître des objets, voire de lire.

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