<br />Explosion strombolienne dans le cratère du Yasur. &copy; IRD/Pierre Evin.


Explosion strombolienne dans le cratère du Yasur. © IRD/Pierre Evin.

L'île de Tanna appartient à la partie centrale de l'arc des Nouvelles Hébrides, âgée de 3 à 6 millions d'années, qui s'étend des îles Banks (au nord) à l'îlot Hunter (au sud). Elle repose sur la partie sud de l'arc où la vitessevitesse de subductionsubduction est d'environ 118 mm/an en valeur moyenne par année. L'activité volcanique de l'île a commencé il y a environ 3 millions d'années avec la formation de la série de Green Hill. Elle se limite aujourd'hui au complexe du Yenkahe dont la partie ouest est occupée par le volcanvolcan Yasur (latitudelatitude 19,52° Sud, longitudelongitude 169,43° Est).

<br />Cône de cendres du volcan actif Yasur sur l'île de Tanna. Vanuatu. &copy; IRD/Jean-Philippe Eissen.


Cône de cendres du volcan actif Yasur sur l'île de Tanna. Vanuatu. © IRD/Jean-Philippe Eissen.

De nos jours l'activité du Yasur, de type strombolienstrombolien et vulcanienvulcanien (observée depuis plus de deux cents ans), prolonge dans cette zone sud-est de l'île une histoire volcanique qui a produit depuis une dizaine de milliers d'années des laveslaves et des nuées ardentesnuées ardentes et la constructionconstruction d'un ancien cônecône l'Ombus. Le volcan, dont l'altitude actuelle se situe autour de 365 mètres, peut générer différents types d'activité situés sur une échelle de niveaux d'alerte (VAL) de 0 à 4.

  • A - Datation de coraux et mesures GPS

<br />&copy; IRD/Ph. Bani et J-L. Froger.


© IRD/Ph. Bani et J-L. Froger.

<br />&copy; IRD/Ph. Bani et J-L. Froger.


© IRD/Ph. Bani et J-L. Froger.

L'activité explosive spectaculaire alimentée à partir d'un réservoir de magmamagma, situé à faible profondeur sous le cratère d'environ 700 sur 400 mètres, est prolongée par des manifestations hydrothermales dans toute la zone de soulèvement du Yenkahe repérée sur le MNT.

<br />Installation d'un point de mesures géodésiques (GPS) à proximité du volcan Yasur. La géodésie est la science qui a pour objet l'étude de la forme, des dimensions et du champ de gravitation de la Terre. Ile de Tanna, Vanuatu. &copy; IRD/Michel Lardy


Installation d'un point de mesures géodésiques (GPS) à proximité du volcan Yasur. La géodésie est la science qui a pour objet l'étude de la forme, des dimensions et du champ de gravitation de la Terre. Ile de Tanna, Vanuatu. © IRD/Michel Lardy

L'accumulation de soulèvements généralement brutaux (dizaine de centimètres à plusieurs mètres) a pu être mise en évidence par la datation de coraux situés à 150 mètres d'altitude et par des mesures réalisées (2002-2003) à l'aide du système GPSGPS.

  • B - Des pluies acidesacides dévastatrices

<br />Dépôts de cendres sur des cultures vivrières (patates douces, ipomoea batatas) &copy; IRD/Sandrine Wallez


Dépôts de cendres sur des cultures vivrières (patates douces, ipomoea batatas) © IRD/Sandrine Wallez

Les périodes de forte activité du Yasur se situent à intervalles de 24 à 30 mois ; la reprise après une période de repos génère généralement des émissionsémissions de cendres qui peuvent recouvrir une partie de la végétation. L'acide chlorhydriqueacide chlorhydrique présent dans les panaches engendre des pluies acides en se dissolvant avec les chutes de pluie produisent un effet défoliant sur les cultures qui entraîne une baisse de la production agricole vivrière d'une partie de l'île.

<br />Panache émis par le Yasur pendant une période de très forte activité en juillet 1999 &copy; IRD/Michel Lardy


Panache émis par le Yasur pendant une période de très forte activité en juillet 1999 © IRD/Michel Lardy

L'action conjuguée d'une forte activité du volcan associée au passage d'un cyclonecyclone dont les aérosolsaérosols contiennent des sels marins complète les effets dévastateurs des ventsvents et des pluies sur les cultures.

  • C - Des bombes volcaniques redoutables

<br />Explosion dans le cratère du Yasur, 1er novembre 1994 &copy; IRD/Michel Lardy


Explosion dans le cratère du Yasur, 1er novembre 1994 © IRD/Michel Lardy

Depuis 1994 on remarque que pendant les phases d'activité importante du volcan de nombreuses bombes volcaniques tombent en dehors du cratère ; en août 1999 des bombes de taille métriques très vésiculées sont tombées à plus de 600 mètres de la lèvre du Yasur. Les différentes phases de fortes activités enregistrées depuis 1994 ont comblé le fond du cratère et ramené les sorties des évents à moins de 150 mètres des bordures du cratère (mesures télémétriques 2002).

<br />Aspect du cratère du Yasur en 1997. &copy; IRD/dessin : Alfréda Mabonlala


Aspect du cratère du Yasur en 1997. © IRD/dessin : Alfréda Mabonlala

Les vitesses initiales des éjectas pouvant atteindre 200 m/s rendent les observations rapprochées à certaines périodes dangereuses.

<br />Coalescence des bulles de gaz au sommet du réservoir magmatique (Jaupart et Vergiolle), 1988-89 &copy; IRD


Coalescence des bulles de gaz au sommet du réservoir magmatique (Jaupart et Vergiolle), 1988-89 © IRD

Les explosions et les émissions de cendres son générées à partir de trois zones d'activité mises en évidence en 1988, elles deviennent bien apparentes sous forme d'évents distincts à partir de 1994. Le centre d'activité d'un évent (A, B ou C) qui peut être associé à plusieurs bouches actives peut se déplacer (une centaine de mètres en quelques semaines).

L'activité de type strombolien est animée par des remontées cycliques de larges bulles de gazgaz le long des trois principaux conduits qui caractérisent les zones A, B et C (taille métrique sur plusieurs mètres de longueur en période de forte activité). Ces poches de gaz se forment par la coalescencecoalescence partielle d'une moussemousse gazeuse produite au toittoit du réservoir situé à faible profondeur.

  • D - Surveiller l'activité du Yasur

<br />Station de surveillance située à 2 kilomètres du cratère principal. &copy; IRD/Michel Lardy.


Station de surveillance située à 2 kilomètres du cratère principal. © IRD/Michel Lardy.

La surveillance permanente du Yasur est assurée par une station située à 2 km du cratère principal sur la plaine de cendres ; elle transmet six fois par jour vers un satellite NOAA-ARGOS les mouvementsmouvements du sol générés par le volcan (séismesséismes volcaniques associés en général à une activité strombolienne ou vulcanienne ).

<br />Le Yasur, la station de surveillance et, au 1er plan, des dépôts anciens et oxydés sur une partie de la plaine de cendres &copy; IRD/Michel Lardy


Le Yasur, la station de surveillance et, au 1er plan, des dépôts anciens et oxydés sur une partie de la plaine de cendres © IRD/Michel Lardy

Des enregistrements permanents depuis 1992 permettent de suivre en temps réel les changements d'activité et les menaces du volcan. les données sont disponibles sur le site webweb du CTIV (Centre de Téléobservation Informatisé des Volcans).

<br />Station autonome d'enregistrement sismologique en bordure du cratère du Yasur (2001) &copy; IRD/Michel Lardy


Station autonome d'enregistrement sismologique en bordure du cratère du Yasur (2001) © IRD/Michel Lardy

  • E - Séismes, pluies diluviennes et glissements de terrain

<br />Importants dépôts cendreux au sud ouest de Tanna &copy; IRD/Michel Lardy


Importants dépôts cendreux au sud ouest de Tanna © IRD/Michel Lardy

Les dépôts volcaniques anciens et récents ont façonné l'environnement du Yasur ; les forts séismes régionaux (magnitudemagnitude > 6) et les vibrationsvibrations générées par le volcan auxquels une pluviométrie moyenne de 1500 à 2500 mm/an avec des intensités importantes à l'occasion de cyclones (300 mm en 1998 en 24 heures) contribuent à l'instabilité des sols. Plusieurs centaines de glissements de terrain ont été observés suite aux pluies diluviennes des 20 et 21 décembre 2002 (estimation : 1500 mm).

<br />Glissement de terrain à proximité d'une station de mesures acoustiques (en haut à gauche) &copy; IRD/Michel Lardy.<br />


Glissement de terrain à proximité d'une station de mesures acoustiques (en haut à gauche) © IRD/Michel Lardy.

Un seul blessé grave, mais de nombreux dégâts (route, alimentation en eau...) ont été enregistrés. De même les importantes pluies de 1999 et du début 2000 associées au drainagedrainage des sols (terres, végétaux...) depuis le bassin versantbassin versant et aux retombées de cendres en relation avec l'activité du Yasur depuis plusieurs décennies ont entraîné la disparition du lac Siwi en avril 2000.

  • F - Un volcan menaçant pour la population

<br />Les niveaux d'alerte volcanique :Chaque visiteur doit-être conscient que le risque zéro n'existe pas pour une observation rapprochée d'un volcan en activité comme le Yasur. &copy; IRD


Les niveaux d'alerte volcanique :Chaque visiteur doit-être conscient que le risque zéro n'existe pas pour une observation rapprochée d'un volcan en activité comme le Yasur. © IRD

Le Yasur qui a la réputation d'être le volcan actif le plus accessible au monde présente néanmoins des menaces pour les populations qui vivent à proximité et les touristes qui vont l'observer ; un tableau des niveaux d'alerte a été établi, il est disponible avec un ensemble de cinq posters pour l' information des habitants de Tanna et celle des touristes.