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    Les arbresarbres ne poussent pas que dans les forêts ! Il faut également en planter beaucoup plus en ville, où ils rafraîchiront l'atmosphèreatmosphère et humaniseront les environnements trop bétonnés. Mais c'est évidemment surtout à la campagne qu'on peut faire du chiffre et en planter des millions dans les champs.

    La mise en place de l'agricultureagriculture dite « moderne » a représenté une véritable hécatombe pour les haieshaies, arbres épars et vergers ruraux. Au début du XXe siècle on comptait deux millions de kilomètres de haies en France. Un siècle après, on n'en compte plus que 600.000 kilomètres ; on a donc arraché les deux tiers des haies de l'Hexagone, ce qui représente approximativement 350 millions d'arbres ! De même il y avait l'équivalent d'un million d'hectares de vergers et arbres épars, et cette surface a aussi été divisée par trois !

    Le remembrement a consisté à éliminer les deux tiers des haies en France et abattre 350 millions d’arbres ! © MN Studio, Fotolia, DR
    Le remembrement a consisté à éliminer les deux tiers des haies en France et abattre 350 millions d’arbres ! © MN Studio, Fotolia, DR

    L'agroforesterie : un moyen d'action

    Il faut évidemment entreprendre en urgence le mouvement inverse et admettre qu'on s'est trompé. De la même manière qu'on avait retiré tous les tramways après-guerre dans les villes, pour laisser de la place à la voiturevoiture... et que maintenant on s'endette pour des décennies afin d'en réimplanter un peu partout, il faut reprendre conscience que l'arbre n'est aucunement un ennemi de l'agriculteur, ni même du tracteur ! Non seulement l'arbre refroidit la planète en stockant du carbone, mais en plus il favorise l'agriculture : il permet davantage de rendement, diversifie les ressources de l'agriculteur, restaure la fertilité des sols, garantit la qualité et la quantité de l'eau, régule les températures, atténue le ventvent, favorise la biodiversitébiodiversité, accueille les animaux auxiliaires de culture, exploite les ressources profondes du sol et permet de diminuer les pesticidespesticides et les engrais. Tout ceci a un nom : l'agro-foresterie !  

    Ces techniques sont particulièrement indiquées dans les zones tropicales humides, où la force de la photosynthèsephotosynthèse est à son maximum ; les nouvelles pratiques culturales consistent à mélanger dans le même champ plusieurs étages de plantes de hauteurs différentes. De prime abord on peut être interloqué en voyant cet apparent désordre et on se dit que « qui trop embrasse mal étreint ! » Mais en fait ces pratiques sont beaucoup plus productives que les anciennes. Chaque plante aide l'autre à pousser, en la stimulant et la protégeant, et on maximise au passage la fixation du carbone.

    La cohabitation heureuse commence par des plantes couvrantes « ras du sol » genre patate doucepatate douce, taro, manioc, piment, etc. ; on y ajoute un deuxième étage avec des plantes qui font un à deux mètres de hauteur : maïsmaïs, manioc, haricot, igname, etc. ; on ajoute un troisième étage qui fait deux à cinq mètres de haut : bananier, papayer, caféier, cacaotier, etc., et on couvre le tout avec des grands arbres qui fournissent l'ombre rafraîchissante et remontent les éléments nutritifs profonds !

    Restaurer notre environnement

    Il serait donc parfaitement légitime d'inciter tous les agriculteurs et éleveurs, du Nord comme du Sud, à replanter massivement des arbres, ne serait-ce qu'en leur rémunérant d'une manière ou d'une autre la tonne de carbone ainsi stockée. On parle bien de centaine de millions d'arbres rien qu'en France, et rien que pour récupérer le chemin perdu ! Le volet forestier du « Plan de relance 2020 » du ministère de l'Agriculture prévoit ainsi « d'accompagner la forêt vers plus de résiliencerésilience et d'adaptation face au défi du changement climatiquechangement climatique » en plantant 50 millions d'arbres pour améliorer, adapter, régénérer où reconstituer 45.000 hectares ; ce n'est qu'un tout petit début de ce qu'il faudra faire !