Planète

La route des sucs

Dossier - Promenade en Ardèche
DossierClassé sous :géographie , basalte , volcanisme

-

Nous allons nous promener dans la montagne volcanique, tout près des sources de la Loire, de Sainte Eulalie et de la route de sucs, ces monts de phonolite si typiques de la région. Nous laisserons de côté, pour cette fois, l’Ardèche et ses gorges et l’Ardèche calcaire du sud avec ses grottes…

  
DossiersPromenade en Ardèche
 

En forme de pains de sucre, ils semblent jaillir de terre aux milieux des grands espaces. Le Mont Mézenc et le célèbre Mont Gerbier de Jonc sont les deux plus connus. Ici, les fermes massives et basses avec les toits de lauzes témoignent d'hivers rudes. On peut malgré tout découvrir des tulipes sauvages et le lys martagon qu'un œil averti saura reconnaître sous le regard aigu de l'aigle royal.

Le Mont Mézenc. © KlausFoehl, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0

1 - Sainte-Eulalie

Voir la vidéo "Visite virtuelle" qui montre bien les beaux bâtiments de la place.
C'est une petite ville qui porte, comme nous l'avons vu au chapitre précédent un nom assez fréquent, mais où on peut se promener dans un bâti traditionnel typique de la montagne ardéchoise. Un patrimoine architectural bien mis en valeur, entre autres, sur la place du village.

Suc de sara

2 - La deuxième étape de la route des sucs est  Sagnes et Goudoulet : altitude : 1230 m

Les communes françaises doivent tenir le record européen de la « petite commune » et pourtant avec 131 habitants, Sagnes et Goudoulet résultent de la fusion en 1790 de deux communautés : Les Saignes et Goudoulet.

Les constructions sont couvertes de lauze et il existe 5 fermes au toit de genêts, c'est quelque chose de vraiment rare de nos jours même si dans bien des régions on trouve encore du jonc ou du chaume !

La Ferme des grands Sagnes est un ancien prieuré de l'abbaye de la Chaise Dieu, du XIIIe, elle existait alors sous le nom de Saint Robert. De ce fait la commune appartient au réseau européen Casadéi, des sites casadéens.

A proximité une voie entièrement pavée a été conservée encore une fois, une petite promenade s'impose.

Renseignements à la mairie : Ma et Ve de 9h à 12 h et de 13h30 à 18H / Visites guidées du village avec Elodie Blanc, sur réservation auprès du Syndicat d'initiative du pays des sources de la Loire (04 75 38 89 78).

Fiche « topo rando » disponible à la vente au Syndicat d'Initiative du Pays des sources de la Loire.

- La montagne « Les Coux » est un ancien site d'occupation gauloise (probablement un temple). Au sommet, un plateau de steppe froide, un milieu qui devient rare aussi avec : bruyères, myrtilles mais aussi l'hermine, la belette et la marmotte.

Myrtilles Hermine

- La tourbière de la Padelle, accessible du village est riche par sa flore.

- La forêt du Goudoulet, appartenait à l'abbaye d'Aiguebelle.

- Lachamp du Mezy, vous permet d'admirer un des plus beaux panoramas de sucs.

- La grange de Dizonenche appartenait aux Chartreux de Bonnefoy et était une herboristerie.)

- La ferme Bourlatier date du XVII è siècle, est devenue « ferme Mémoire » de la montagne Ardéchoise.

Cascade Ray-Pic

3 - Troisième étape : La cascade du Ray-Pic

La cascade du Ray Pic est située sur la D 215 entre Burzet et Lachamp Raphaël
Il y a quelques milliers d'années, le volcan du Ray-Pic était actif. Il est à l'origine d'une des plus longues coulées de lave de France soit 20kms. La rivière Bourges franchit cette coulée par un petit canyon se terminant par une chute de 35m. Le charme tient dans les couleurs : noir de la pierre, blanc de l'écume... et les textures, figée de la coulée, mouvante de la cascade. En raison de son intérêt paysager, la cascade de Ray-Pic est protégée depuis 1931. Le basalte est, ici, partout présent, l'Ardèche est volcanique dans la région !

4 - Quatrième étape : le Col du Pranlet qui est un lieu de passage lors des migrations d'oiseaux et aussi un endroit remarquable au niveau botanique.

5 - Dernière étape : Borée

Commune de 141 habitants (encore une commune minuscule !) se trouve sur la route D533.

Vincent-Boree et Orithye

Borée est le dieu des Vents du Nord, fils de l'Aurore et d'un Titan. Cette fable a été inspirée à La Fontaine  livre VI, fable 3) par Esope qui a beaucoup inspiré Jean de la Fontaine. C'est une des meilleures fables, parfaitement construite : on y voit le fabuliste animer les dieux, leur prêter sentiments et caprices humains.

Borée et le soleil virent un voyageur
Qui s'était muni par bonheur
Contre le mauvais temps. On entrait dans l'automne,
Quand la précaution aux voyageurs est bonne :
Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris
Rend ceux qui sortent avertis
Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire;
Les Latins les nommaient douteux, pour cette affaire.
Notre homme s'était donc à la pluie attendu :
Bon manteau bien doublé, bonne étoffe bien forte.
«Celui-ci, dit le vent, prétend avoir pourvu
A tous les accidents; mais il n'a pas prévu
Que je saurai souffler de sorte
Qu'il n'est bouton qui tienne; il faudra, si je veux,
Que le manteau s'en aille au diable.
L'ébattement pourrait nous en être agréable :
Vous plaît-il de l'avoir ? - Eh bien, gageons nous deux,
Dit Phébus, sans tant de paroles,
A qui plus tôt aura dégarni les épaules
Du cavalier que nous voyons.
Commencez : je vous laisse obscurcir mes rayons.»
Il n'en fallut pas plus. Notre souffleur à gage
Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon,
Fait un vacarme de démon,
Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage
Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau,
Le tout au sujet d'un manteau.
Le cavalier eut soin d'empêcher que l'orage
Ne se pût engouffrer dedans;
Cela le préserva. Le vent perdit son temps;
Plus il se tourmentait, plus l'autre tenait ferme;
Il eut beau faire agir le collet et les plis.
Sitôt qu'il fut au bout du terme
Qu'à la gageure on avait mis,
Le soleil dissipe la nue,
Récrée et puis pénètre enfin le cavalier,
Sous son balandras  fait qu'il sue,
Le contraint de s'en dépouiller :
Encor n'usa-t-il pas de toute sa puissance.
Plus fait douceur que violence.