La température mondiale continue d’augmenter : l’été 2021, marqué par des incendies violents gigantesques, des températures records et des inondations, s’annonce comme le plus chaud jamais enregistré.


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    « C'est officiel : juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré » titre le communiqué de presse de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric AdministrationNational Oceanic and Atmospheric Administration)) publié vendredi 13 août. Même si pour beaucoup de français, ce mois de juillet -- traditionnellement le mois le plus chaud de l'année dans l'hémisphère nord avec août -- n'a pas particulièrement été ressenti comme chaud (ce fut le contraire même dans plusieurs régions), juillet 2021 a été le plus chaud mesuré en 142 ans de relevés de températures : +0,93 °C dans le monde par rapport à la moyenne globale du XXe siècle qui était de 15,8 °C. Certains diront que cela représente à peine +1 °C, faisant remarquer que ce n'est pas beaucoup et ce serait même plus agréable... Mais à l'image de notre température corporelletempérature corporelle, un excès de 1 °C dans l'atmosphère terrestre cela change beaucoup de choses, et plus encore quand cela monte à +2 ou +3 °C par rapport à la normale.

    Les événements climatiques observés dans le monde en juillet 2021. © NOAA
    Les événements climatiques observés dans le monde en juillet 2021. © NOAA

    Un monde de plus en plus chaud

    À présent, nous nous acheminons à grande vitessevitesse vers une augmentation de +1,5 °C par rapport à 1850 entre 2030 et 2040, soit beaucoup plus tôt que prévu précédemment, selon les nouvelles projections du Giec publiées le 9 août. Le monde doit se préparer à des bouleversements importants dans l'écologie, la sécurité alimentaire et bien sûr la santé, interpellent les auteurs du rapport. Heureusement, tout n'est pas perdu, car nous connaissons les solutions : décarboner (- 5 % par an).

    Évolution des températures dans l’hémisphère nord depuis les premières mesures en 1850. La courbe des anomalies monte en flèche depuis les années 1970. Graphique compilant les données de la Nasa, la NOAA, le Hadley Center. © Nassa, NOAA, Hadley Center
    Évolution des températures dans l’hémisphère nord depuis les premières mesures en 1850. La courbe des anomalies monte en flèche depuis les années 1970. Graphique compilant les données de la Nasa, la NOAA, le Hadley Center. © Nassa, NOAA, Hadley Center

    La NOAA souligne également dans son rapport que l'hémisphère nord a enregistré la moyenne de la température de surface la plus élevée de l'histoire des relevés météorologiques : +1,54 °C, boutant le précédent record de 2012.

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    L'année 2021 a toutes ses chances pour devenir la plus chaude jamais mesurée dans le monde. Mais il n'est évidemment pas question de chances, car « dans ce cas, la première place est le pire endroit où être », avertit Rick Spinrad, l'administrateur de la NOAA.

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    Juillet 2021 a été le 3e mois de juillet le plus chaud jamais mesuré et le 2e en Europe

    Article de Céline DeluzarcheCéline Deluzarche publié le 6 août 2021

    Les températures moyennes au niveau mondial ont été 0,33° plus élevées que la moyenne, avec des records battus un peu partout dans le monde et des canicules prolongées. Plus les années passent, et plus la tendance au réchauffement s'accélère.

    Le mois de juillet en France a été marqué par un temps assez maussade. « Les températures sont restées inférieures aux normales de saison une grande partie du mois, notamment du 12 au 16 avec un pic de fraîcheur marqué », observe Météo France. Le déficit d'ensoleillement a dépassé les 20 % dans certaines régions et le mois a été particulièrement pluvieux.

    Une météométéo pourrie qui offre un contraste saisissant avec la situation mondiale et européenne. Selon le réseau de surveillance Copernicus, le mois de juillet 2021 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais mesuré, derrière ceux de 2019 et 2016. Au niveau européen, c'est même le deuxième mois de juillet le plus chaud après celui de 2010. La température mensuelle moyenne a été 0,33 °C plus élevée que la moyenne normale constatée sur la période 1991-2020.

    Anomalies de température pour juillet 2021 par rapport à la moyenne de juillet pour la période 1991-2020. © <em>Copernicus Climate Change Service</em>/ECMWF
    Anomalies de température pour juillet 2021 par rapport à la moyenne de juillet pour la période 1991-2020. © Copernicus Climate Change Service/ECMWF

    49,1 °C en Turquie

    Un peu partout dans le monde, des vaguesvagues de chaleurchaleur exceptionnelles ont fait grimper le thermomètrethermomètre à des niveaux stratosphériques. Lundi 2 août, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a prévenu que son pays était frappé par « la pire canicule depuis celle de 1987 »​, avec des températures maximales de 44 à 45 °C dans le Péloponnèse et en Thessalie. La Turquie a battu son record de température absolu avec 49,1 °C enregistrés le 20 juillet à Cizre au sud-est du pays. Des records ont aussi été franchis au Maroc, au Canada, au Japon, aux États-Unis ou en Sibérie, qui a connu plusieurs journées à plus de 39 °C. Le record historique de température maximale quotidienne a été battu en Irlande du Nord, et les températures ont été bien supérieures à la moyenne dans l'est de l'Islande et dans certaines parties de l'est du Groenland, note également Copernicus.

    Anomalies de température mensuelles de la moyenne mondiale et de la moyenne européenne par rapport à 1991-2020. Les barres de couleur plus foncées indiquent les valeurs de juillet. © <em>Copernicus Climate Change Service</em>/ECMWF
    Anomalies de température mensuelles de la moyenne mondiale et de la moyenne européenne par rapport à 1991-2020. Les barres de couleur plus foncées indiquent les valeurs de juillet. © Copernicus Climate Change Service/ECMWF

    38 °C en plein hiver !

    Dans l'hémisphère Sudhémisphère Sud, les températures ont été anormalement douces en Patagonie, et l'Australie a enregistré son quatrième mois de juillet le plus chaud jamais vécu, avec une moyenne mensuelle 1,77 °C au-dessus de la moyenne 1961-1990, selon le Bureau australien de météorologie. Le thermomètre a grimpé jusqu'à 38,1 °C à Kalumburu, dans le nord de Kimberley, en Australie-Occidentale, alors que nous sommes en plein hiverhiver là-bas !

    Il n’est pas impossible qu’on atteigne d’ici quelques années des records à 50 °C en France

    Il y a bien sûr des phénomènes ponctuels et locaux qui expliquent ces températures exceptionnelles. La canicule au Canada était par exemple due à un « dôme de chaleurdôme de chaleur » où un anticycloneanticyclone reste bloqué pendant plusieurs jours au-dessus d'une région, avec des ventsvents contournant la zone d'airair chaud sans parvenir à la pénétrer.

    Mais l'accumulation des records dans les dernières années laisse bien penser que l’augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère y est pour quelque chose. « Il y a un accord général sur le fait que la période de 2015 à 2020 est beaucoup plus chaude à l'échelle mondiale que toute autre période précédente, affirme ainsi Copernicus. La température mondiale a augmenté à un rythme moyen proche de 0,2 °C par décennie depuis la fin des années 1970 ».

    Il faut donc s'attendre à des nouveaux records dans les années à venir. « Du fait du réchauffement climatiqueréchauffement climatique, la chaleur qui remonte du Sahara est de plus en plus intense et il n'est pas impossible qu'on atteigne d'ici quelques années des records à 50 °C en France », avertit le climatologueclimatologue Guillaume Séchet dans Le Parisien. Les vacanciers qui se lamentent du temps frais sur la Bretagne actuellement feraient bien d'en profiter...