L’année 2020 achève sur la même lignée une décennie déjà très chaude. Carte des anomalies de températures dans le monde observées par la Nasa en 2020. © Nasa
Planète

Nasa : « les sept dernières années ont été les sept années les plus chaudes jamais enregistrées » !

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[EN VIDÉO] 2020 sur le podium des années les plus chaudes  Implacablement, le réchauffement climatique se poursuit. Malgré l’effet rafraîchissant du phénomène La Niña, 2020 apparaît, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), comme l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec 2016 et 2019. Avec les six dernières années classées parmi les plus chaudes jamais enregistrées, la décennie 2011-2020 monte sur la plus haute marche de cet inquiétant podium. La température moyenne est désormais de plus 1,2 °C par rapport aux températures préindustrielles. Avec de nombreuses conséquences sur la Planète, les écosystèmes et nos sociétés. (en anglais) © Organisation météorologique mondiale 

Le réseau européen Copernicus sur le changement climatique la semaine dernière. Hier, la Nasa et la NOAA. Et finalement l'Organisation météorologique mondiale. Tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que 2020 est, sinon la plus chaude, au moins l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur notre Planète.

Tout comme le réseau européen Copernicus sur le changement climatique l'avait fait il y a quelques jours, la Nasa classe 2020, année la plus chaude jamais enregistrée, ex aequo avec 2016. Donnant une augmentation de température de 1,02 °C par rapport aux moyennes de 1951-1980. « Les sept dernières années ont été les sept années les plus chaudes jamais enregistrées, caractérisant la tendance actuelle et dramatique au réchauffement », a commenté hier lors d'une conférence de presse, Gavin Schmidt, le directeur du Centre Goddard d'études spatiales de la Nasa.

Pour l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), avec une augmentation de température de 0,98 °C par rapport aux moyennes, 2020 monte sur la deuxième marche du podium « seulement ». Arrivant juste 0,02 °C derrière 2016. Une légère différence d'appréciation qui vient du fait que les températures « normales » de base ne sont pas les mêmes -- 1901-2000 pour la NOAA. Et surtout que la NOAA n'inclut pas les températures des régions polaires, qu'elle juge trop partielles.

Les anomalies de températures relevées sur la Terre par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), mois par mois. La dernière image représente la moyenne sur l’année. © NOAA

Une année chaude malgré des événements modérateurs

Parmi les événements de l'année qui ont influé sur les températures mesurées :

  • Les feux de forêt en Australie ont libéré des fumées bloquant partiellement la lumière du soleil et refroidissant légèrement la planète.
  • La pandémie de Covid-19 a fait baisser la pollution, entraînant un réchauffement à court terme potentiellement significatif alors même que la quantité globale de réchauffement évité en réduisant les émissions de CO2 sera minime.

Les climatologues notent en revanche que « la précédente année record, 2016, avait reçu une impulsion significative d'un El Niño fort. » 2020, au contraire, a connu un début de La Niña rafraîchissant en fin d'année. Le tout faisant « la preuve que le climat de fond continue de se réchauffer en raison des gaz à effet de serre. »

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui s'appuie sur une consolidation de cinq grands jeux de données internationaux ne dit pas le contraire. Pour elle, l'année 2020 est l'une des trois plus chaudes jamais enregistrées, rivalisant avec 2016. Et faisant également de la décennie 2011-2020, la plus chaude jamais enregistrée.

Pour en savoir plus

Réchauffement climatique : 2020 est officiellement l’année la plus chaude avec 2016

Ce n'est pas vraiment une surprise. Mais c'est désormais officiel : 2020 restera dans les mémoires comme l'année la plus chaude jamais enregistrée. Ex aequo avec l'année 2016 que l'on pensait déjà exceptionnelle !

Article de Nathalie Mayer paru le 08/01/2021

En 2020, c’est l’ensemble de la planète qui a eu chaud ! © Copernicus Climate Change Service, ECMWF

Il y a quelques jours, Météo France annonçait que 2020 avait été l'année la plus chaude jamais enregistrée en France. D'autres pays avaient suivi : la Suède, la Suisse, la Belgique, etc. Aujourd'hui, le réseau européen Copernicus sur le changement climatique le confirme : l'Europe a connu, l'année dernière, son année la plus chaude. Plus 0,4 °C qu'en 2019 qui détenait le record. C'est plus 1,6 °C par rapport aux normales établies sur une moyenne calculée sur la période allant de 1981 à 2010 et 2,2 °C au-dessus de la référence de la période préindustrielle.

Au niveau mondial, l'année 2020 arrive ex aequo avec 2016 qui occupait jusqu'alors seule la première marche du podium des années les plus chaudes jamais enregistrées. En d'autres mots, en 2020, il a fait 0,6 °C de plus que les normales. C'est 1,25 °C de plus sur les moyennes de l'ère préindustrielle. Le tout malgré un phénomène La Niña qui s'est manifesté en 2020, avec sa tendance à refroidir l'atmosphère contre un fort El Niño réchauffant en 2016.

Depuis la fin des années 1980, les moyennes décennales ne cessent d’augmenter. © Copernicus Climate Change Service, ECMWF

En Arctique, la situation apparaît encore plus critique. De nombreux records ont été battus. Pour de grandes parties de la région la moyenne de température pour l'année 2020 se situe à +3 °C par rapport aux normales. En certains endroits, on atteint même les +6 °C. Avec des anomalies mensuelles pouvant aller jusqu'à +8 °C.

Des niveaux de CO2 records

Les six dernières années apparaissent maintenant au rang des six années les plus chaudes jamais enregistrées. « Que cette dernière décennie soit la plus chaude n'est pas une surprise. C'est simplement un autre rappel de l'urgence qu'il y a à réduire nos émissions de CO2 pour prévenir les impacts climatiques défavorables à l'avenir », commente Carlo Buontempo, directeur du réseau Copernicus, dans un communiqué.

Car de ce côté-là aussi, mauvaise nouvelle : les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ont continué à augmenter. Un peu moins qu'en 2019, mais terminant tout de même à plus 2,3 parties par million (ppm) -- +2,5 ppm en 2019 -- pour atteindre une valeur de 413,1 ppm. En cause notamment, les gigantesques incendies qui ont ravagé d'abord l'Australie puis la Sibérie. Le cercle arctique a ainsi enregistré une émission record de 244 mégatonnes de carbone en 2020. La baisse des émissions liée à la pandémie de Covid-19 et estimée par le Global Carbon Project à 7 % n'y aura rien fait...

Nous n’avons plus de temps à perdre !

« Tant que nos émissions ne seront pas ramenées à zéro, le CO2 continuera de s'accumuler dans l'atmosphère, provoquant des changements climatiques », prévient Vincent-Henri Peuch, directeur du service de surveillance de l'atmosphère du réseau Copernicus. « Les événements climatiques de 2020 et les données publiées aujourd'hui nous montrent que nous n'avons plus de temps à perdre ! Réduire nos émissions, ce sera difficile. Mais le coût de l’inaction climatique est trop élevé pour envisager de s'en passer », conclut Matthias Petschke, de la direction générale de l'industrie, de la défense et de l'espace à la Commission européenne.


Réchauffement climatique : 2020 sera sans doute l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées

Incendies, inondations, chaleur extrême, ouragans... «L'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire », s'indigne l'ONU. Cette décennie qui s'achève sera la plus chaude, et l'année 2020 pourrait bien être l'un de ses points d'orgue, battant des records de chaleur. Exhortant les gouvernements à s'engager vers la neutralité carbone, l'ONU prévient qu'il y a un risque que la hausse du mercure dépasse, d'ici, les 1,5 °C, le seuil fixé lors de l'Accord de Paris. 

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 03/12/2020

La température moyenne en Europe était de +3 °C par rapport à la période 1981-2010 en janvier 2020. Les météorologues prévoient que l'année 2020 pourrait finir en tête des années les plus chaudes jamais enregistrées. © anzebizjan, Adobe Stock

2020 s'annonce comme l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, et il y a un risque que la hausse du mercure dépasse les 1,5 °C, seuil gravé dans le marbre de l'Accord de Paris, d'ici à 2024, alerte mercredi l'ONU. « L'équilibre écologique de la planète est rompu. L'humanité fait la guerre à la nature, c'est suicidaire », a dénoncé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, réclamant que le sommet du 12 décembre pour marquer le 5e anniversaire de l'Accord de Paris sur le climat permette de déclencher un véritable mouvement.

La Nouvelle-Zélande n'a pas attendu, proclamant mercredi l'état d'« urgence climatique ». Le pays, dont les côtes sont menacées par le réchauffement, suit un mouvement lancé le 1er mai 2019 par le Parlement britannique, suivi par l'Irlande. « Faire la paix avec la nature [doit] être la priorité absolue pour tout le monde, partout », a lancé le chef de l'ONU, en se félicitant des premiers engagements vers la neutralité carbone émis par la Chine, l'Union européenne, le Japon ou la Corée du Sud.

Faire la paix avec la nature [doit] être la priorité absolue pour tout le monde, partout

Selon le rapport annuel provisoire de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l'état du climat mondial, la décennie qui s'achève sera la plus chaude jamais observée, de même que les six années écoulées depuis 2015. D'après les données provisoires, 2020 atteint le deuxième rang des années les plus chaudes, après 2016 et avant 2019, avec une température moyenne mondiale entre janvier et octobre supérieure d'environ 1,2 °C à celle de la période de référence 1850-1900.

Les rives asséchées du lac Ypacarai, le 5 novembre 2020, à San Bernardino, au Paraguay. © Norberto Duarte, AFP/Archives

El Niño vs La Niña

La différence entre ces trois années est cependant faible et le classement exact pourrait changer une fois les données disponibles pour l'année entière, précise l'OMM. « Les années de chaleur record ont généralement coïncidé avec un fort épisode El Niño, comme ce fut le cas en 2016. La Niña a tendance à refroidir les températures mondiales, mais l'anomalie apparue cette année n'a pas suffi à freiner le réchauffement », a déclaré le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas.

Le phénomène météorologique naturel La Niña est l'inverse du phénomène El Niño et correspond au refroidissement des eaux de surface dans le centre et l'est du Pacifique équatorial. Et selon l'OMM, il y a au moins une chance sur cinq que la température moyenne mondiale dépasse temporairement 1,5 °C d'ici 2024. Dans l'Accord de Paris, signé en décembre 2015, 195 pays se sont engagés à limiter la hausse de la température « bien en deçà de 2 °C » par rapport à l'ère pré-industrielle, et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5 °C », afin d'éviter des conséquences dramatiques et irréversibles.

« Il a fallu environ un siècle pour que nos gaz à effet de serre réchauffent la planète de 1 °C, nous sommes en voie d'ajouter 1 °C supplémentaire dans les 30 prochaines années seulement », a observé Neville Nicholls, professeur à l'Université Monash en Australie.

2020 parmi les trois années les plus chaudes. © AFP

Incendies, inondations, chaleur extrême, ouragans…

Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE) publié mercredi, le monde doit réduire la production d'énergies fossiles de 6 % par an d'ici 2030 pour espérer limiter le réchauffement à +1,5 °C. Mais les prévisions tablent sur une hausse.

Chaleur extrême, incendies, inondations, acidité croissante des océans, saison record des ouragans dans l'Atlantique... Autant de signes que le changement climatique a continué sa progression inexorable cette année. La chaleur la plus remarquable a été observée cette année en Asie du Nord, en particulier dans l'Arctique sibérien, où les températures ont été supérieures de plus de 5 °C à la moyenne. Fin juin, 38 °C ont été relevés à Verkhoyansk en Sibérie, ce qui est provisoirement la température la plus élevée constatée au nord du cercle arctique.

La saison des incendies, qui ont ravagé de vastes zones en Australie, en Sibérie, sur la côte ouest des États‑Unis et en Amérique du Sud, a été la plus active de ces 18 dernières années. « Les inondations dans certaines régions d'Afrique et d'Asie du Sud-Est ont entraîné des déplacements massifs de population et ont compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes », a observé M. Taalas.

Au rayon des mauvaises nouvelles, la banquise arctique a atteint en septembre son minimum annuel, classé au deuxième rang des moins étendus en 42 ans d'observations satellitaires. L'étendue de la banquise antarctique en 2020 a, en revanche, été similaire, ou légèrement supérieure, à la moyenne de ces 42 dernières années, tandis que le Groenland a continué de perdre de sa masse, bien qu'à un rythme plus lent qu'en 2019.


L’année 2020 sera-t-elle la plus chaude jamais enregistrée ?

Article de Nathalie Mayer, publié le 24 avril 2020

Le confinement imposé au monde par la crise du coronavirus a entraîné une réduction des émissions de gaz à effet de serre en ce début d'année. Pourtant, le mercure continue de s'affoler. 2020 pourrait bien devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée.

Depuis le début de l'année, les records de températures ne cessent de tomber. En Antarctique, on a enregistré pour la première fois, une température de plus de 20 °C. En Europe de l'Est et en Asie, les températures se sont fixées à 3 °C au-dessus des moyennes. Le premier trimestre 2020 a ainsi pointé à la seconde place des premiers trimestres les plus chauds depuis le début des enregistrements, il y a plus de 140 ans. Juste derrière celui de 2016. Avec une température moyenne de 1,15 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle.

Sur la base des anomalies observées depuis le début de l'année et de relevés de températures annuelles mondiales historiques, les experts de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) estiment aujourd'hui qu'il y a plus de 99 % de chances pour que 2020 se classe parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Et même près de 75 % de chances pour qu'elle devienne l'année la plus chaude depuis plus de 140 ans.

Pendant le confinement imposé par la crise du coronavirus, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué. Mais les concentrations dans notre atmosphère continuent d’augmenter. Pourtant, selon Karsten Haustein, climatologue à l’université d’Oxford (Royaume-Uni), « cette crise doit nous offrir une chance unique de reconsidérer nos choix ». © elcovalana, Adobe Stock

Malgré une absence d’El Niño

Les tendances actuelles suivent en effet de près celles de l'année 2016, qui détient actuellement le record. Mais de manière surprenante tout de même, car 2020 n'est pas ce que les scientifiques appellent une année El Niño. Or le phénomène accompagne généralement toutes les années les plus chaudes.

D'autres météorologues se montrent un peu plus prudents quant à leurs projections. Le directeur du Nasa Goddard Institute for Space Studies (États-Unis) évalue les chances que 2020 établisse un nouveau record à 60 %. Quant au Met Office, le service national britannique de météorologie, il estime la probabilité pour que 2020 devienne l'année la plus chaude à 50 %.


2020-2025 devraient être les années les plus chaudes jamais enregistrées

Les cinq prochaines années pourraient être les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde, selon le service météo britannique, qui évoque un risque que la Terre atteigne un réchauffement de +1,5 °C d'ici 2024 !

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 31/01/2020

Vers des températures record sur la période 2020-2025. © Korn V., Adobe Stock

Dans des prévisions qui étudient les tendances climatiques des dix prochaines années, le Met Office estime que pour chaque année de 2020 et 2024, la température devrait être 1,06 à 1,62 °C plus élevée que la normale. Et 2016, pour l'instant l'année la plus chaude jamais enregistrée, devrait « probablement » être battu pendant cette période.

« Les dernières prévisions sur cinq ans suggèrent une poursuite du réchauffement, en concordance avec les niveaux élevés de gaz à effet de serre, a commenté le prévisionniste Doug Smith. Ces prévisions comportent des incertitudes, mais la plupart des régions devraient être plus chaudes », en particulier le nord de l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord, a-t-il ajouté.

À gauche : anomalie des températures observées sur la période 2014-2019. À droite : projection des anomalies de températures du Met Office pour cette même période 2014-2019. © Met Office

À moins d'une éruption volcanique majeure qui ralentirait le réchauffement en bloquant les rayons du Soleil, la moyenne des températures sur les cinq années à venir devrait s'établir entre 1,15 et 1,46 °C au-dessus de l'ère préindustrielle. La moyenne pour 2015-2019, période la plus chaude jamais enregistrée, s'est établie à 1,09 °C.

Un « petit risque » d’un réchauffement de +1,5 °C ces prochaines années

L'Accord de Paris sur le climat vise à limiter la température à +2 °C, et idéalement +1,5 °C d'ici à 2100, par rapport à l'ère préindustrielle, ce qui nécessiterait de réduire drastiquement et immédiatement les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines. Mais celles-ci continuent à augmenter.

Évolution des anomalies de températures depuis les premiers relevés en 1880. © Nasa, EarthObservatory

Selon le Met Office, il existe un « petit risque » (environ 10 %) qu'une des années entre 2020 et 2024 dépasse la barre de +1,5 °C. Mais « un dépassement temporaire de 1,5 °C ne signifie pas un transgressement de l'Accord de Paris », a souligné Stephen Belcher, chef scientifique du service météorologique britannique.

Les scénarios des experts climat de l'ONU (Giec) se basent en effet sur des tendances à long terme d'augmentation de la moyenne des températures et pas une année unique. « Malgré tout, nos prévisions montrant une tendance à une poursuite du réchauffement, la fenêtre d'opportunités se rétrécit », a-t-il insisté.

En bleu, projection pour les cinq prochaines années de l’élévation de la température moyenne globale par rapport à la période préindustrielle 1850-1900. En noir, l’élévation de la température moyenne globale observée par le Met Office Hadley Center, le GISS et le NCDC, depuis 1960. © Met Office

Avec seulement un degré de réchauffement, la planète subit déjà les impacts ravageurs du dérèglement climatique, avec une multiplication et une intensification des événements météorologiques extrêmes, des tempêtes aux canicules, en passant par les inondations.


Réchauffement climatique : les années 2018-2022 s'annoncent plus chaudes que prévu

Article de Marie-Céline Ray publié le 20 août 2018

L'été 2018 est chaud et ce n'est qu'un début. Une nouvelle modélisation du climat prévoit que les années 2018 à 2022 seront particulièrement chaudes à l'échelle planétaire, même plus que ce que laissait présager le réchauffement dû à l'Homme.

Le climat se réchauffe, mais à quel point ? Pour le savoir, les scientifiques bâtissent des modèles qui visent à prédire le climat dans les années à venir. Or, le réchauffement climatique n'a pas lieu de manière linéaire. Ainsi, le début du XXIe siècle aurait connu une pause, appelée le « hiatus climatique », un ralentissement apparent qui ne fait cependant pas consensus. Un des paramètres qui influencent les températures sur Terre est la quantité de gaz à effet de serre émis par les activités humaines.

Ici, des scientifiques du CNRS, de l'université de Southampton et de l'Institut royal météorologique des Pays-Bas proposent une nouvelle façon de modéliser le climat. Pour ces travaux, ils ont utilisé une méthode de prévision statistique qui recherche des situations proches du climat actuel dans les modèles de simulations des XXe et XXIe siècles.

Les années 2018 à 2022 seront chaudes sur Terre et dans la mer

En utilisant cette méthode de prédiction des températures, les scientifiques prévoient que les années 2018 à 2022 seront particulièrement chaudes, « au-delà des valeurs induites par le réchauffement climatique anthropique seul », précise un communiqué du CNRS, qui ajoute que : « ceci est notamment dû à une faible probabilité d'épisodes de froid intense ». Le phénomène serait important à la surface des océans, en partie à cause des tempêtes tropicales induites par la chaleur. Pour justifier la fiabilité de leur modèle, les auteurs soulignent qu'il prévoit le « hiatus » post-1998. Le réchauffement prévu sur 2018-2022 renforcera la tendance à la hausse des températures à long terme. Des valeurs extrêmes sont à craindre.

Ces résultats paraissent dans la revue Nature Communications.


Météo : une année 2018 déjà très chaude en France

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 16 juillet 2018

Avec un mois de janvier record et des températures élevées depuis avril, 2018 a connu un premier semestre particulièrement chaud en France. Les records de chaleur battus ces dernières années s'inscrivent dans un contexte plus large de changement de climat.

La première moitié de l'année 2018 compte déjà parmi les plus chaudes recensées par Météo-France, qui confirme cette tendance pour l'été, sans toutefois prévoir de vague de chaleur dans l'immédiat. Jusqu'ici l'année a été « très chaude », selon un bilan présenté jeudi, avec d'abord un mois de janvier record depuis le début des relevés (1900), puis une chaleur qui s'est installée « précocement », dès avril (3e mois d'avril le plus chaud recensé). La période du 1er avril au 10 juillet bat ainsi les records, « légèrement plus chaude » qu'en 2003. Au total, l'année 2018 figure dans le top 4 des premiers semestres en termes de température (les trois premières sur cette période 1er janvier-10 juillet étant par ordre croissant 2007, 2017 et 2014).

De nombreuses villes n'ont jamais connu autant de jours à plus de 25 °C de température maximale : Lille, Paris, Strasbourg, Chartres, Troyes... À Brest, la première décade de juillet (du 1er au 10) est déjà la plus chaude depuis le début des relevés (devant 2006 et 1976). « On est plutôt partis pour une année chaude, dans le contexte du XXIe siècle », souligne le prévisionniste François Gourand. Avec le changement climatique, « on ne vit pas du tout dans le même climat que nos parents », rappelle-t-il.

On ne vit pas du tout dans le même climat que nos parents

Dans l'immédiat, Météo-France ne prévoit pas de canicule pour les jours qui viennent. « La tendance est clairement chaude pour juillet. Mais au vu des simulations, une vague de chaleur d'ampleur nationale semble peu probable » ces 10-15 jours à venir, indique l'ingénieur. Le pays devrait connaître un pic de chaleur entre samedi et lundi, avant un rafraîchissement des températures.

Les prévisions saisonnières sur trois mois, qui n'autorisent pas une grande précision, prévoient un temps « plus chaud que la normale probable » sur le nord et l'est de la France. Ailleurs, aucun scénario n'est privilégié. Et « rien ne permet de dire qu'octobre ou décembre ne seront pas frais ou pluvieux », souligne François Gourand.

Des vagues de chaleur plus fréquentes en France

Sous l'effet des gaz à effet de serre (GES) émis mondialement, la France a déjà gagné 1,4 °C depuis 1900, une tendance qui s'accentue depuis 30 ans, plus marquée encore en été qu'en hiver. Selon Météo-France, les vagues de chaleur devraient voir leur fréquence doubler d'ici à 2050 dans l'Hexagone. Et pour la suite, tout dépendra des efforts mis en œuvre pour réduire les émissions de GES dans l'atmosphère. Si rien n'est fait pour renverser la tendance actuelle, les vagues de chaleur en France seront à la fin du siècle cinq à sept fois plus nombreuses qu'aujourd'hui, souligne l'organisme national.

La période du 1er au 10 juillet est la plus chaude enregistrée à Brest. © bbsferrari, Fotolia

Les États du monde se sont mis d'accord à Paris en 2015 pour garder le réchauffement sous 2 °C par rapport à la révolution industrielle. Mais leurs engagements, à condition qu'ils soient tenus, devraient quand même faire grimper le mercure de plus de 3 °C. Si les émissions et concentrations gardaient leur trajectoire actuelle, le réchauffement pourrait atteindre 4 °C en France à l'horizon 2071-2100, voire 5 °C en été, selon Météo-France. Ce qui signifierait une vague de chaleur au moins aussi sévère que 2003 plus d'une année sur deux.

La grande canicule du 4 au 18 août 2003 reste aujourd'hui « hors norme et inégalée » (avec un excès de mortalité estimé à 15.000 personnes). Mais la France, théâtre de huit vagues de chaleur entre 1947 et 1982, en a déjà traversé 30 depuis 1983 ! Depuis peu, elle subit aussi des épisodes plus tardifs dans la saison (fin août 2016, septembre 2016), et plus précoces, comme celui de mi-juin 2017, un « niveau de chaleur jusque-là jamais atteint avant un mois de juillet ».

Depuis le choc de 2003, les pouvoirs publics ont mis en place un plan canicule, associé à une vigilance météo et activé chaque été pour anticiper les effets sanitaires. Cette année, la période de veille saisonnière a pour la première fois été étendue jusqu'au 15 septembre.

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