Anomalies des températures pour la période 2014-2018. Les températures sont indiquées ici en degrés Fahrenheit. Plus les zones sont rouges, plus l’anomalie est forte. © Nasa

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Réchauffement climatique : les 4 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées

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C'est officiel, 2018 occupe la quatrième place des années les plus chaudes enregistrées depuis 1880. La tendance au réchauffement global se confirme. La période 2015-2018 est la plus chaude depuis les premiers relevés de température.

Sur Terre, la tendance au réchauffement climatique sur le long terme se confirme. Depuis les premiers bilans de 2018, publiés il y a un mois, à ceux de la Nasa et de la NOAA qui viennent de tomber, le constat est le même : 2018 fut la quatrième année la plus chaude de toute l'histoire des relevés de température. Quelles sont les trois premières ? Il ne faut pas chercheur bien loin pour les trouver car elles se suivent : il s'agit de 2017, 2016 et 2015. 2014 est dans le top 5. Bref, les cinq années les plus chaudes depuis 1880 sont dans la décennie 2010 et consécutives. « Avec 1,2 °C de plus qu'à l'époque préindustrielle, l'année 2016, marquée par l'influence d'un puissant El Niño, conserve le statut d'année la plus chaude » précise l'OMM, l'Organisation météorologique mondiale. Et sans ce phénomène météorologique récurrent, c'est 2017 qui prendrait la tête du peloton.

Anomalies des températures observées depuis 1880 par rapport à la moyenne de la période 1980-2015. Ces anomalies saisonnières sont extraites de la version 2 du modèle Modern-Era Retrospective analysis for Research and Applications ou Merra-2, géré par le bureau de modélisation et d'assimilation de la Nasa. © Nasa, Earth Observatory, Joshua Stevens

En 2018, la température de surface moyenne globale était supérieure de +0,83 °C par rapport à la période 1951-1980 selon la Nasa, et de +0,79 °C pour la NOAA. Rappelons au passage que cette dernière moyenne était déjà au-dessus de celle de l'ère préindustrielle. Naturellement, c'est une moyenne des températures à l'échelle planétaire, ce qui n'interdit pas des disparités dans les températures régionales. Et n'en déplaise à Donald Trump, ce n'est pas parce qu'une vague de froid traverse le nord-est et le centre des États-Unis que le changement climatique n'existe pas. Au contraire, les modifications du vortex polaire pourrait bien être un effet indirect de la hausse de la hausse de la température globale. D'ailleurs, l'Arctique et l'Antarctique vont mal, c'est là que les « tendances au réchauffement sont les plus fortes », explique la Nasa.

Les effets du réchauffement se font déjà sentir

Une nouvelle étude prédit que le réchauffement global, causé par les émissions excessives de gaz à effet de serre (CO2, méthane, etc.) d'origine anthropique, va entraîner des épisodes météorologiques extrêmes. « Nos modèles suggèrent que nous verrons davantage de phénomènes météorologiques extrêmes récents, chauds et froids, avec des effets perturbateurs sur l'agriculture, les infrastructures et la vie humaine elle-même », explique le glaciologue, Nick Golledge, dans The Conversation, coauteur de l'article scientifique publié dans Nature.

Le réchauffement climatique s’accélère à partir des années 1970. Les moyennes des températures de surface relevées indépendamment par la Nasa, le NOAA, le Japan Meteorological Agency, le Berkeley Earth research group et le Met Office Hadley Centre suivent la même évolution. © Nasa, Earth Observatory

Tout indique que nous y sommes déjà. Voici une semaine, il faisait aussi froid en Amérique du Nord qu'en Antarctique, tandis qu'au même moment, l'Australie souffrait de températures record (47 °C à Adelaïde) et d'une sécheresse sans précédent qui fit de nombreuses victimes animales. Ça commence mal pour 2019.

« Les effets du réchauffement planétaire à long terme se font déjà sentir : inondations côtières, vagues de chaleur, précipitations intenses et changements dans les écosystèmes », déplore le directeur du GISS (Goddard Institute for Space Studies de la Nasa) Gavin Schmidt.

« Les phénomènes météorologiques extrêmes ou à fort impact ont frappé une multitude de pays et des millions de personnes l'année dernière regrette Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM. La communauté internationale doit donner la priorité absolue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux mesures d'adaptation au climat ».

2018 a été l’année la plus chaude en France et la 4e année dans le monde

Article de Nathalie Mayer publié le 9 janvier 2019

Sur le front de la lutte contre le réchauffement climatique, les nouvelles en ce début d'année ne sont toujours pas bonnes. En France, 2018 n'est ni plus ni moins que l'année la plus chaude jamais enregistrée. Dans le monde, elle se classe en 4e position. Les concentrations en CO2 atmosphérique, quant à elles, continuent d'augmenter.

13,9 °C : c'est la température moyenne enregistrée en France en 2018, selon Météo France. Un record absolu pour notre pays. Au niveau mondial, la situation ne semble pas bien meilleure. Le Copernicus Climate Change Service (le programme d'observation de la Terre de l'Union européenne) annonce en effet une température moyenne sur l'année de 14,7 °C. C'est seulement 0,2 °C de moins qu'en 2016, l'année la plus chaude jamais enregistrée. C'est aussi plus de 0,4 °C de plus que la moyenne sur la période 1981-2010. Cela place 2018 en 4e position au palmarès des années les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde.

Des chiffres qui tombent très tôt après que 2018 a tiré sa révérence. Car le programme Copernicus traite quotidiennement des millions d'observations terrestres, maritimes, aériennes et satellites à l'aide d'un modèle mathématique. Un peu à la manière de ce qui est mis en oeuvre pour établir les prévisions météo. De quoi fournir une estimation précise des températures enregistrées à tout moment.

Évolution de la température moyenne par année à la surface de la Terre de 1880 à 2018. © Service Copernicus changement climatique, NOAA

De plus en plus de CO2 dans l’atmosphère

Selon le service Copernicus, le réchauffement le plus marqué est à imputer à l'Arctique. En Europe, à l'exception de février et de mars qui se sont révélés relativement froids, les températures ont dépassé la moyenne sur tous les mois de l'année. En mars prochain, l'Organisation météorologique mondiale publiera son propre état des lieux. Mais tout laisse à penser qu'il confirmera ces chiffres.

D'autant que les données recueillies par Copernicus révèlent aussi une augmentation des concentrations de CO2 dans l'atmosphère. Pour 2018, le taux de croissance moyen de la grandeur appelée XCO2 -- concentration moyenne pour toute la colonne d'air au-dessus d'un point donné -- est ainsi estimé à 2,5 ± 0,8 parties par million. En 2017, il s'élevait à 2,1 ± 0,5 ppm.

Pour en savoir plus

2011 : année la plus chaude depuis 1900 en France

En France, 2011 a été l'année la plus chaude depuis le début du XXe siècle. Elle a dépassé de 1,5 °C la température moyenne de la période 1971-2000. Elle s'est en plus accompagnée d'une sécheresse importante. Des résultats qui confirment la tendance au réchauffement.

Article de Bruno Scala paru le 28/12/2011

Météo France vient d'annoncer, avant même le 31 décembre que 2011 serait l'année la plus chaude jamais enregistrée en France depuis que des relevés de températures sont effectués régulièrement, soit depuis le début du XXe siècle. Même 2003, année de la canicule, ne fait pas le poids face à au douze derniers mois qui viennent de s'écouler.

Ces déclarations confirment l'annonce de l'organisation météorologique mondiale. Pendant le sommet de Durban, l'OMM avait en effet présenté son bilan provisoire de l'année, indiquant des records de températures. Selon elle, 2011 - pourtant accompagnée d'un épisode La Niña - entrait dans le top 10 des années les plus chaudes depuis 1950.

Ainsi, en France métropolitaine, la température moyenne a été de 13,6 °C au cours des douze derniers mois, ce qui correspond à une anomalie positive de 1,5 °C par rapport à la moyenne calculée sur la période 1971-2000. À titre de comparaison, pour 2003, l'anomalie était de +1,3 °C.

Anomalies de température au cours des mois de l'année 2011, par rapport à la moyenne des mois respectifs au cours de la période 1971-2000. © Idé

L'année 2011 : chaude et sèche

Les mois qui ont le plus contribué à cette chaleur globale sont avril, novembre et mai avec des anomalies respectives de 4, 3 et 2,4 °C (par rapport aux mois respectifs de la période 1971-2000). Décembre devrait également intégrer cette élite puisque les valeurs provisoires semblent s'orienter vers une température de 3 °C supérieure à la moyenne. En revanche, juillet a été un mois plutôt froid avec une anomalie négative de 1,3 °C. C'est d'ailleurs le seul mois qui présente une température inférieure à la moyenne.

En outre, 2011 fut plutôt sèche. Le printemps a en effet été le plus sec depuis 1959. De fortes disparités résident néanmoins d'une région à l'autre. Si l'ouest et le nord de la France présentent une pluviométrie globale nettement inférieure à la période 1971-2000, il en va différemment pour les régions du sud est qui ont connu des précipitations égales ou supérieures à la moyenne. 

Et les quatre derniers jours de décembre devraient confirmer la tendance...

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