Planète

Les carburants propres de demain

ActualitéClassé sous :développement durable , carburant propre , éthanol

À l'heure où le prix du baril explose et où les changements climatiques bouleversent nos conditions de vie, il paraît urgent de trouver des solutions alternatives pour nos besoins énergétiques et notamment pour nos moyens de transport. Il existe tout un éventail de carburants propres déjà, commercialisés.

Voiture électrique Pivo, de Nissan, dont l'habitacle pivote de 180°

Les carburants propres sont des carburants issus totalement ou en partie de constituants biologiques. Il s'agit d'une énergie renouvelable et son bilan en terme de CO2 est inférieur au bilan des émissions des véhicules classiques (essence, gasoil...) voire neutre. Parmi les premiers véhicules propres qui ont vu le jour, les véhicules électriques regroupent différentes catégories : les véhicules légers (trottinettes, vélo à assistance électrique), les voitures électriques, et les transports en commun (tramway, train...).

Existant depuis la fin du XIXème siècle, la voiture électrique n'a, encore aujourd'hui, que très peu percé sur le marché de l'automobile car, dans l'état actuel de la technique, celle-ci se heurte aux problèmes de la production et du stockage de l'électricité qui ne convient donc que pour de courts trajets et avec une charge utile faible. Ces véhicules sont dépendants de batteries à autonomie limitée (100km) et dont le recyclage pose des problèmes.

Les véhicules électriques sont assez silencieux, produisent très peu de pollution lors de l'utilisation, et ont surtout un très bon rendement énergétique (au moins 70% de l'énergie électrique est transformée en énergie motrice).

Phénomène de mode ou évolution du secteur de l'automobile, les véhicules hybrides quant à eux apparaissent aujourd'hui comme une solution alternative combinant un moteur thermique à essence et un moteur électrique.

En ville, le moteur électrique tire son énergie dans les batteries tandis que, pour de plus longs trajets, le moteur thermique permet de recharger le moteur électrique.

Ils offrent les avantages des véhicules classiques grâce à leur plus longue autonomie et leur approvisionnement rapide et les nombreux avantages environnementaux et énergétiques des véhicules électriques. Si l'on considère à présent le gaz comme carburant propre, il existe, dans un premier temps, le GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié). Ce carburant est un mélange de 50% de butane et 50% de propane, provenant du raffinage de pétrole. L'avantage de ce type de carburant est qu'il ne contient ni plomb, ni benzène, ni soufre et permet d'obtenir par rapport à l'essence, une réduction des émissions d'oxyde de carbone de 20 à 60 %, de dioxyde de carbone (CO2) d'environ 10%, d'hydrocarbures de 30 à 60 % et d'oxydes d'azote de 15 à 40 %.

C'est pour ces raisons que la "pastille verte" est automatiquement attribuée aux véhicules GPL, qui ne sont pas soumis aux restrictions de circulation mises en place en cas de pollution dans les grandes agglomérations.

Cependant, le GPL est principalement issu du raffinage du pétrole brut et celui-ci ne peut fournir que peu de butane et de propane. De plus, ces deux gaz doivent servir au remplissage des bouteilles de gaz d'utilité domestique.

Dans un second temps, le GNV (Gaz Naturel Véhicule) est composé de 90% de méthane (CH4). Largement utilisé en France depuis le XIXème siècle et ce jusqu'aux années 60, celui-ci a été délaissé au profit de carburants plus polluants suite à une taxation rendant plus compétitifs les autres produits pétroliers. D'un point de vue environnemental, sa combustion ne produit ni oxyde de soufre, ni plomb, ni poussières, ni fumées noires et peu d'oxyde d'azote et de monoxyde de carbone. Le méthane, contrairement au GPL, est un avantage en terme de sécurité puisqu'en cas de fuite, il se diffuse très rapidement dans l'atmosphère. A contrario, le méthane étant un gaz deux fois plus léger que l'air, il doit absolument être compressé pour être stocké.

Un autre type de carburant est l'aquazol. Il est constitué de 85% de gazole, 13% d'eau et de 2% d'émulsifiant organique. Le principal avantage de ce carburant est la réduction de 15 à 30% des rejets de NOx et de 30 à 80% des émissions de particules carbonées. En revanche, la baisse de rendement du moteur de l'ordre de 10% et une augmentation de la consommation de 8 à 12% sont les inconvénients techniques majeurs. Les principaux utilisateurs de cette technique sont les compagnies de transport en commun.

Il existe enfin les biocarburants, qui sont obtenus à partir de matières végétales : éthanol (issu du blé, du maïs ou de la betterave) ou huiles végétales (issues du colza).

L'addition d'éthanol à l'essence pose le problème de l'augmentation des taux d'oxydes d'azote rejetés à l'échappement. De plus, la production des biocarburants a un coût largement supérieur à celui des sources d'origines fossiles et elle est assez polluante.

En revanche, leur originalité repose sur la présence d'oxygène dans leur formule chimique et ceci va leur permettre d'être utilisés tels quels ou bien sous forme d'additifs pour les essences classiques.

On voit bien que plusieurs solutions existent mais qu'aucune n'est idéale. La solution ne pourra provenir seulement de la technique, il va aussi falloir que l'on change notre comportement. Ces questions feront l'objet d'un large débat le 23 septembre prochain lors de la 9ème journée de l'environnement et du développement durable. En effet, le Master Gestion de l'Environnement et Développement Durable (GEDD) de l'Université des Sciences de Nice organise une journée sur les transports « respectueux de l'environnement » de demain afin d'inciter à changer nos comportements quotidiens dans nos déplacements.

Cela vous intéressera aussi