Montrée hier à Londres, cette Urban Car, une citadine biplace de 350 kg, avec près de 400 kilomètres d'autonomie, est mue par quatre moteurs électriques alimentés par une pile à combustible utilisant de l'hydrogène liquide. Elle ne sera pas à vendre... mais à louer.
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« En ville, la voiture du futur sera électrique. Une pile à combustiblepile à combustible fournira l'électricité. Elle sera disponible en location. » De quand cette prédiction ? Des années 1960... L'Œuf électrique, de Paul Arzens, célèbre créateur (le terme designer n'existait pas encore), en était la préfiguration et a roulé... en 1942.

C'est mot pour mot le leitmotiv de l'entreprise britannique Riversimple, qui vient de montrer l'Urban Car, un minuscule véhicule citadin, qui n'offre que deux places. Son poids est de 350 kg et la motorisation est électrique, assurée par quatre moteurs installés dans chacune des roues. Cette architecture diffère totalement de celle d'une voiturevoiture à moteur thermique, avec son imposant groupe motopropulseur sous le capot, sa boîte de vitessevitesse et son mécanisme de transmission du mouvementmouvement à deux ou à quatre roues. Mais elle convient idéalement à une voiture électrique et elle est souvent adoptée dans les études actuelles, comme le projet français Forewheel, soutenu par l'AdemeAdeme.

Dans le coffre avant, une pile à combustible (l'élément violet) et un réservoir d'hydrogène de un litre (le cercle violet, au niveau des roues). Au niveau de chaque roue, un moteur électrique. Voilà l'Urban Car, 350 kilogrammes sur la balance. © Riversimple

Dans le coffre avant, une pile à combustible (l'élément violet) et un réservoir d'hydrogène de un litre (le cercle violet, au niveau des roues). Au niveau de chaque roue, un moteur électrique. Voilà l'Urban Car, 350 kilogrammes sur la balance. © Riversimple

L'électricité n'est pas fournie par des batteries mais par une pile à combustible qui utilise comme carburant de l'hydrogènehydrogène liquide (et l'oxygèneoxygène de l'airair comme comburantcomburant). Le tuyau d'échappement produit donc de l'eau et pas de gaz carboniquegaz carbonique. Souvent évoqué, ce principe du moteur électrique à hydrogène soulève la question de la production de ce gaz, qui doit être fabriqué (par exemple avec de l'eau) à l'aide d'une source d'énergieénergie, par exemple du pétrolepétrole ou un combustible nucléaire. L'intérêt de l'hydrogène est de constituer un vecteur d'énergie plus facilement stockable que l'électricité elle-même.

Très compacte et seulement biplace. © Riversimple

Très compacte et seulement biplace. © Riversimple

Un moyen de transport plutôt qu'une belle voiture

Dans l'Urban Car, elle est temporairement emmagasinée dans des super-capacités, c'est-à-dire des gros condensateurscondensateurs, capables de fournir de grandes puissances pendant un temps court, ce que ne sait pas faire une batterie, mais qui ne peut pas retenir longtemps l'électricité, ce qu'une batterie fait très bien.

Avec un réservoir d'hydrogène de seulement un litre et une pile fournissant une puissance de 6 kilowatts (soit environ 8,2 chevaux Din), l'engin disposerait d'une autonomieautonomie de 390 kilomètres et assurerait une vitesse de 80 km/h. Les accélérations sont assez honorables (comme sur toutes les voitures électriques) et cette Urban Car passe de 0 à 50 km/h en moins de six secondes.


Démonstration publique de l'Urban Car, de Riversimple. « Les constructeurs gagnent de l'argent en vendant des voitures, explique (sur le site de l'entreprise) Hugo Spowers. Nous voulons changer cela. Les gens veulent seulement un moyen de transport qui ne leur coûte pas trop cher. La location est un bon moyen, avec un prix qui comprend tout, y compris le carburant. »

Comme l'imaginaient les futurologues des années 1960, cette voiture électriquevoiture électrique ne sera pas à vendre. Il faudra la louer et il devrait en coûter 230 euros par mois, un tarif assez dissuasif mais qui intègre tout, entretien et carburant. Le véhicule vient d'être présenté dans les rues de Londres et ses concepteurs attendent de récolter suffisamment d'aides financières pour réaliser une dizaine de prototypes qui seront testés dans plusieurs villes britanniques avant une commercialisation en 2013.

Autour de Hugo Spowers, l'équipe comprend notamment Sebastian Piech, un ancien responsable de Porsche et arrière-petit-fils du fondateur, Ferdinand Porsche. Le jeune entrepreneur invoque d'ailleurs son aïeul qui voulait lui aussi « créer un moyen de transport personnel abordable ».