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Énergies renouvelables : l'hydrogène fait polémique

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Alors que la première pompe à hydrogène fonctionne depuis le 24 avril dernier, dans une station Shell de la capitale islandaise, une étude paraît dans la revue Science plombant les espoirs que suscitait la voiture à hydrogène. Selon l'équipe de Tracey Tromp, chercheur au California Institut of Technology (Caltech), la généralisation du moteur à hydrogène provoquerait une extension du trou de la couche d'ozone.

Jet d'hydrogène moléculaire Crédits : www.chez.com/nyssen/hpage.htm.

L'utilisation de ce gaz apparaissait jusqu'alors comme l'alternative idéale aux énergies fossiles. Ne dégageant que de l'eau, le moteur à hydrogène présentait l'avantage d'être non polluant et d'éviter les rejets de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

Tracey Tromp et son équipe viennent pourtant de montrer que l'utilisation massive d'un tel gaz pourrait avoir des effets secondaires néfastes... sur la couche d'ozone !
L'hydrogène est en effet un gaz très volatile dont la fabrication et le transport devrait générer, selon les chercheurs, un taux de fuite au moins égal à 10 %, soit plus de 60 millions de tonnes par an. Les particules échappées gagneraient ainsi rapidement les hautes couches de l'atmosphère pour se combiner avec les molécules d'oxygène et reformer de l'eau.
Une humidification de la stratosphère qui pourrait notamment favoriser la formation de composés nocifs pour la couche d'ozone, explique Tracey Tromp.

Ces estimations demandent encore confirmation. Cependant, elles s'ajoutent aux récentes conclusions d'une équipe du MIT (Massachusetts Institut of Technology) qui, elles aussi, démentent les avantages environnementaux de la voiture à hydrogène.
Car si ce gaz est écologique du point de vue de sa consommation, sa fabrication et sa distribution en revanche s'avèrent très coûteuses en énergies, fossiles en particulier.

Le recours à cette énergie renouvelable entraînerait ainsi paradoxalement un dégagement de gaz à effet de serre supérieur à celui occasionné par les technologies actuelles, estiment ces chercheurs du laboratoire pour l'énergie et l'environnement du MIT.

Ils concluent que le moteur hybride électrique/ Diesel restera ainsi plus avantageux pour encore 30 à 40 ans. D'ici là, tandis que les énergies fossiles se tariront, le parc automobile mondial pourrait atteindre 2 milliards de véhicules, contre 600 millions aujourd'hui.

Le président Bush avait pourtant fait de cette nouvelle énergie une priorité stratégique, déclarant, le 28 février dernier dans son discours sur l'état de l'Union, qu'il ferait tout pour faire en sorte « que la première voiture conduite par un enfant qui naît aujourd'hui puisse être une voiture à hydrogène inoffensive pour l'environnement. » Car avec 210 millions de voitures, les Etats-Unis représentent à eux seuls le tiers des émissions de CO2 de la planète.

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