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Une pépinière pour les éco-technologies

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Captage de CO2, véhicules électriques, bâtiments à zéro émission : des projets innovants se multiplient actuellement. En France, attribué par l'Ademe, le « Fonds démonstrateur de recherche », doté de 400 millions d'euros, aide les entreprises dont les idées permettraient de réduire les dépenses énergétiques ou les émissions de gaz carbonique à moyen et long termes.

La tour Elithis, à Dijon, un immeuble de bureaux dit à énergie positive. Un ensemble de techniques (notamment le treillage métallique visible sur cette photographie, filtrant les rayons du soleil quand il est haut dans le ciel) réduisent fortement la consommation énergétique. © Elithis

Décidé lors du Grenelle de l'environnement, le Fonds démonstrateur de la recherche, piloté par trois ministères (Recherche, Ecologie, Finances), veut mettre sur les rails plusieurs projets industriels dans les domaines des nouvelles technologies de l'énergie (énergies renouvelables, efficacité énergétique dans les transports, habitat, captage et stockage du CO2). Les idées viennent toujours des industriels, petits ou grands, qu'il s'agit d'aider à s'aventurer sur des technologies dites « en rupture », donc risquées. « Nous finançons des développements technologiques pour les expérimenter à une échelle grandeur nature » nous explique François Moisan, directeur Stratégie et Recherche à l'Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Lancé en 2008 après le Grenelle de l'environnement et doté de 400 millions d'euros sur quatre ans, cet arrosage financier et très ciblé a déjà fait fleurir plusieurs projets. L'un des objectifs est de parvenir à diviser par quatre les émissions françaises de dioxyde de carbone (CO2) d'ici à 2050.

Vers des transports urbains électriques

Les projets retenus s'inscrivent à plus ou moins long terme. « Il ne s'agit pas de financer intégralement un programme, puisque nous ne fournissons qu'environ 40% du coût total, mais d'accélérer le changement d'échelle. Pour les voitures par exemple, il faut se souvenir que le changement complet du parc automobile s'étale sur une trentaine d'années. »

Les véhicules à faible émission de dioxyde de carbone (CO2), ou « décarbonés », font en effet partie des trois premiers thèmes retenus par les « feuilles de route du Comité de pilotage », avec les biocarburants de deuxième génération et les techniques de stockage et de captage de dioxyde de carbone. C'est à l'heure actuelle le domaine où l'Ademe a reçu le plus de propositions. Sur les 18 projets reçus, 11 (pour 13 demandes initiales) concernent ce sujet. On y retrouve des grandes et des très grandes entreprises, comme EDF, Renault ou PSA, mais aussi des PME et des instituts de recherche publics, comme le CEA et l'Inrets (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité).

On remarque des véhicules électriques légers pour la ville (la fin des livraisons de pizzas en motocyclettes pétaradantes ?), un bus électrique dans lequel des supercapacités remplacent les batteries et se rechargent à chaque arrêt ou un bus à moteur hybride.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir. Le projet Forewheel, lancé par Michelin, Heuliez, le CEA (Commissariat à l'énergie atomique), l'ENSMA (Ecole nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique) et Orange. Il présente une série de concepts pour la réalisation d'un véhicule électrique dont l'architecture diffère complètement d'un modèle à moteur thermique (représenté ici à gauche). Le projet reprend notamment l'idée des moteurs électriques installés dans chacune des quatre roues. © Ademe

Comment enfouir le carbone ?

Pour les biocarburants, l'avenir est à coup sûr à la deuxième génération, c'est-à-dire issus des végétaux à lignine (filière lignocellulosique), donc des déchets de toutes sortes, ou sans intérêt alimentaire, au contraire du colza, du tournesol, du blé ou de la betterave. Deux projets sont en cours, Gaya (pour produire un biocarburant gazeux) et BioTFuel, un démonstrateur pour valider des procédés de valorisation de biomasse lignocellulosique.

Les études les plus ambitieuses sont celles du captage de dioxyde de carbone. Il s'agit, à grande échelle, de récupérer le CO2 produit par certaines installations industrielles, comme les centrales à charbon, puis de stocker ce gaz à effet de serre dans des couches géologiques profondes où il sera immobilisé pour une longue période. Cinq projets sont au programme, dont Pil Ansu (Pilote d'antisublimation) pour récupérer le gaz carbonique par givrage et dégivrage des fumées. La technologie sera validée par une installation au centième, une première mondiale.

A venir : la lumière, l'océan et une circulation urbaine plus intelligente

« Pour ces projets lourds, nous n'en sommes pas à l'échelle 1, précise François Moisan. Mais l'échelle retenue permet de démontrer la faisabilité des technologies dans les conditions réelles de fonctionnement. »

D'autres feuilles de route préparées à la demande des trois ministères vont lancer les entreprises françaises sur d'autres pistes : les réseaux électriques intelligents (car les sources de production décentralisées vont se multiplier à l'avenir), la mobilité urbaine repensée, l'énergie solaire et l'habitat à consommation nulle.

Dans ce dernier domaine figure un joli démonstrateur, la tour Elithis, à Dijon, un immeuble de bureaux conçu pour économiser un maximum d'énergie et pour en produire à l'aide de cellules solaires photovoltaïques. « C'est un début, commente François Moisan. On connaît maintenant un certain nombre de moyens pour réduire les quantités de CO2 émises par un bâtiments. Ce que nous cherchons aussi, aujourd'hui, est de diminuer cette production également lors de la construction. Ce qui exige des matériaux différents. »

Au total, 14 projets sont actuellement retenus et 4 en instruction mais d'autres vont les rejoindre. Les priorités vont désormais aux sources d'énergie photovoltaïques et marines (houle, courant) ainsi qu'aux études sur la mobilité urbaine, un gisement d'économie sans doute important.

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