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Réchauffement : le Giec constate des impacts déjà importants

ActualitéClassé sous :climatologie , développement durable , GIEC

Le Giec vient de publier la deuxième partie de son cinquième rapport, avec cette fois un regard sur les effets du changement climatique. Inondations, risques sanitaires, pauvreté, conflits... Les quelque 300 auteurs du rapport prévoient des impacts négatifs, quel que soit le scénario, même avec 1 à 2 °C de réchauffement en 2100. Ils indiquent toutefois des pistes pour s'adapter.

Il nous faudra apprendre à vivre sur une Terre un peu plus chaude... © Nasa

Changement climatique 2014 : impacts, adaptation et vulnérabilité, c'est le nom du chapitre rendu public ce lundi 31 mars et faisant partie du cinquième rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), publié par morceaux entre septembre 2013 et octobre 2014. Ce document a été diffusé à l'issue d'une réunion de ces experts du climat à Yokohama, au Japon.

C'est aux conséquences du changement climatique en cours que s'intéresse cette étude, basée sur 12.000 publications scientifiques. Elle recense les effets observés ou supposés, les risques potentiels à venir et les opportunités pour les minimiser. Les experts du Giec nous promettent des renforcements des sécheresses et des inondations, mais aussi des impacts sur les activités humaines. Selon les 309 auteurs, la modification des régimes hydriques devrait provoquer une réduction de la quantité d'eau disponible. « Chaque degré de réchauffement devrait réduire de 20 % la ressource en eau à chaque augmentation de population mondiale de 7 %. » D'une manière générale, « tous les aspects de la sécurité alimentaire seraient touchés », et ce sur toute la planète, mais particulièrement dans les régions du sud.

Les côtes seront redessinées avec une hausse du niveau de la mer. Ici les zones à risque de submersion en Manche et en Mer du Nord, avec l'indication de leur hauteur (en cm). Dans certains deltas en Asie et pour de nombreuses îles basses, c'est une partie importante des territoires qui est menacée. © Lamiot CC by-sa

Protéger les ressources en eau et les côtes

Les effets dépendraient de l'augmentation de température, mais même avec 1 à 2 °C en 2100, ils seraient significatifs et deviendraient « très élevés » avec 4 °C. Le rapport énumère plusieurs domaines où les problèmes se feront sentir et où les effets du réchauffement pourront s'ajouter à d'autres :

  • l'agriculture et la ressource en eau : la réduction de la biodiversité, qu'avait pointée le quatrième rapport comme effet d'un changement climatique global, devrait réduire les services rendus par la nature (filtration de l'eau, préservation des sols, pollinisation, etc.) ;
  • la gestion de l'eau, des sols et de l'énergie : évoluant avec le changement climatique, elle pourrait générer des conflits. Le rapport cite l'exemple de la production d'essences végétales destinée aux biocarburants venant en compétition avec des cultures vivrières, ou encore la surexploitation des nappes phréatiques dans les régions pauvres en eau ;
  • la santé : la modification du climat et ses effets pourraient augmenter la vulnérabilité de populations devant certaines maladies, ou favoriser la malnutrition ;
  • les zones côtières : elles sont menacées par l'érosion et les crues, particulièrement dans les régions peuplées, comme les deltas en Asie ;
  • des convergences d'effets dans certaines zones : le rapport cite les régions arctiques où se cumulent le dégel des sols et la fracturation de la banquise, mettant à mal les cultures des sociétés humaines. De même en Micronésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou dans les îles Mariannes, les populations sont confrontées à plusieurs risques, comme la montée du niveau de la mer, l'érosion des côtes, la destruction des récifs coralliens et les tempêtes.

Après ces funestes présages, le rapport précise que rien n'est joué, et que des solutions existent pour s'adapter. Les experts en proposent une série : des systèmes d'alerte, des abris contre les cyclones et les inondations, la préservation des mangroves (qui elles-mêmes protègent les côtes), l'amélioration des techniques de stockage de l'eau et de l'irrigation, de nouvelles pratiques agricoles, de meilleures campagnes de vaccination, la création de zones protégées, l'identification de groupes vulnérables, la diversification de l'économie et un meilleur ajustement des fonds dédiés à ces efforts.

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