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Giec : que nous apprend le cinquième rapport sur le climat terrestre ?

Réchauffement de l’atmosphère, hausse du niveau de la mer, fonte des glaces… Quel bilan le Giec dresse-t-il du climat actuel dans son nouveau rapport ? La version encore provisoire du document du groupe de travail I est disponible en ligne. En voici quelques grandes lignes décryptées.

La version éditée du cinquième rapport du groupe de travail I du Giec sera disponible au mois de janvier prochain. Sur le site officiel du groupe, on en trouve d'ores et déjà une version provisoire. © Giec

La version éditée du cinquième rapport du groupe de travail I du Giec sera disponible au mois de janvier prochain. Sur le site officiel du groupe, on en trouve d'ores et déjà une version provisoire. © Giec

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Le cinquième rapport du Giec est disponible sur le site officiel de l’organisation depuis lundi. Du moins, la version validée par le groupe de travail I, mais non éditée. Pour certains, ce rapport se veut beaucoup trop alarmiste, comme les quatre volumes précédents. Pourtant dans une étude publiée en février 2013 dans la revue Global Environmental Change, une équipe d’historiens montrait que les prévisions commentées dans les quatre précédents rapports ont finalement toujours été en deçà de ce qu’il s’est réellement produit.

Le nouveau volume est-il trop prudent ou trop extrême ? Difficile de répondre, en tout cas, il se base sur plus de 9.000 publications scientifiques et fournit un bilan de l’état des connaissances sur les sciences du climat. Globalement, le cinquième rapport renforce les résultats du quatrième. Pas de nouvelle piste, mais une grande amélioration des intervalles de confiance pour certains faits. Aujourd’hui, le Giec est sans équivoque. L’Homme est en partie responsable du changement climatique que l’on observe aujourd’hui.

Qu’en est-il du climat actuel ?

Dans son rapport, le groupe de travail I fait le point sur les observations des paramètres atmosphériques, océaniques et continentaux. Il conclut avec certitude que la température globale moyenne à la surface de la Terre (surfaces terrestres et océans confondus) a augmenté de 0,89 °C sur la période 1901-2012. Ces trois dernières décennies ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec en tête de liste la décennie 2000-2010, cela en dépit du hiatus climatique fortement médiatisé.

Évolution de l'anomalie de température, basée sur l'observation (ligne noire) ou sur des projections basées sur le scénario RCP4.5 (lignes jaunes). La courbe rouge indique la moyenne de l'ensemble des simulations. En violet, différentes prévisions individuelles sont représentées et la courbe verte donne leur moyenne. Les zones grises le long de l'axe indiquent la présence de forçages extérieurs associés aux volcans.
Évolution de l'anomalie de température, basée sur l'observation (ligne noire) ou sur des projections basées sur le scénario RCP4.5 (lignes jaunes). La courbe rouge indique la moyenne de l'ensemble des simulations. En violet, différentes prévisions individuelles sont représentées et la courbe verte donne leur moyenne. Les zones grises le long de l'axe indiquent la présence de forçages extérieurs associés aux volcans. © Giec, 2013

Il est pratiquement certain (c'est-à-dire que la probabilité est entre 99 et 100 %) que l’océan supérieur (de 0 à 700 m) s’est réchauffé sur la période 1971-2010. Par ailleurs, l’élévation moyenne du niveau des mers est, depuis la moitié du XIXe siècle, la plus importante de ces deux derniers millénaires. Sur la période 1901-2010, le niveau moyen global des mers a grimpé de 0,19 m. Le Giec affirme avec un indice de confiance élevé que depuis les années 1970, la dilatation thermique de l’océan et la fonte des glaciers contribuent pour 75 % de cette hausse du niveau moyen.

Autre point d’intérêt : la cryosphère. Ce réservoir joue un grand rôle dans le climat terrestre, puisqu’il influence le bilan énergétique à la surface de la planète, le cycle de l’eau, les échanges de gaz avec l’atmosphère ou encore les variations du niveau des mers. La cryosphère désigne les surfaces terrestres où l’eau est sous forme solide : il s’agit des calottes polaires, des glaciers et du pergélisol pour l’essentiel. Le Giec rapporte que la fonte de la calotte polaire groenlandaise s’est accélérée, atteignant 34 Gt d’eau par an entre 1992-2001, contre 215 Gt/an entre 2002-2011 (l’indice de confiance pour ces valeurs est compris entre 99 et 100 %). En Antarctique, l’incertitude est plus grande, mais le groupe signale que la calotte antarctique aurait perdu 30 Gt/an de masse d’eau durant la période 1992-2001, contre 147 Gt/an sur la période 2002-2011.

Des modèles climatiques numériques plus complexes

L’influence des activités humaines sur le réchauffement climatique ne fait plus aucun doute. Le Giec l’écrit noir sur blanc dans son rapport, Valérie Masson-Delmotte nous le confirmait une semaine plus tôt : « Tous les travaux publiés depuis le quatrième rapport montrent sans équivoque l'impact des activités humaines sur le climat ». L’évaluation des différents forçages climatiques est essentielle à la compréhension du climat passé, actuel et bien sûr futur. Le Giec dresse un bilan de l’état des connaissances des différents forçages, et leur expression dans les modèles climatiques.

Les modèles numériques utilisés pour ce cinquième rapport se sont complexifiés par rapport à 2007. « Ils décrivent maintenant les couplages entre le climat et le cycle du carbone et ont une meilleure représentation des particules en suspension (aérosols). Plus de modèles représentent quelques aspects de la chimie atmosphérique (ozone dans la stratosphère en particulier). La maille des modèles a aussi été réduite, souvent d'un facteur deux », explique le climatologue Serge Planton à Futura-Sciences.

Le cinquième rapport moins alarmiste que le précédent ?

Pour l’horizon 2100, tous les modèles simulent un réchauffement de l’atmosphère. Selon le scénario le plus optimiste, qui prévoit une augmentation de 2,6 W/m2, la température moyenne de l’air augmenterait de 0,3 à 0,7 °C. Pour tous les autres scénarios, il est probable (entre 66 et 100 % de chances) que la température atmosphérique moyenne globale excède 1,5 °C par rapport à la période 1850-1900. L’océan continuera aussi de se réchauffer et gagnera entre 0,6 et 2 °C sur les cent premiers mètres de fond, suivant le scénario. Il est très probable que l’océan Austral soit le plus affecté, et il y a plus de 99 % de chances que la circulation océanique Amoc s’affaiblisse au long du XXIe siècle.

Les projections commentées dans le nouveau rapport du Giec sont moins alarmistes que dans le précédent volume. Il est peu probable, qu’à l’horizon 2100, on dépasse la hausse des températures moyennes de 4 °C simulée par le scénario le plus pessimiste du quatrième rapport. Les véritables nouveautés du nouveau document résident principalement dans l’amélioration des degrés de certitude concernant les forçages, les cycles biogéochimiques, les rétroactions climatiques et les variabilités naturelles. Il actualise par ailleurs les bilans des observations, qui convergent finalement tous vers le même constat : le climat répond au forçage anthropique et plus rapidement qu’on ne le pensait.


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