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La Banque mondiale craint les effets d’une hausse de 4 °C dès 2060

La Banque mondiale fait son entrée dans le débat sur le réchauffement climatique avec un rapport en forme d’alerte : il faut tout mettre en œuvre pour éviter le scénario catastrophe vers lequel on tend. Retour sur les éléments clés du rapport. 

L'ouragan Sandy a provoqué une surcote de 4 m à New York et les bateaux ont été propulsés dans les terres. L'inscription sur le bateau affirme : « le réchauffement climatique est réel ». S'il est trop tôt pour relier l'ouragan Sandy à un réchauffement global, il est néanmoins indiscutable que le monde sera confronté à d'importants événements météo. © Corbis L'ouragan Sandy a provoqué une surcote de 4 m à New York et les bateaux ont été propulsés dans les terres. L'inscription sur le bateau affirme : « le réchauffement climatique est réel ». S'il est trop tôt pour relier l'ouragan Sandy à un réchauffement global, il est néanmoins indiscutable que le monde sera confronté à d'importants événements météo. © Corbis

La Banque mondiale craint les effets d’une hausse de 4 °C dès 2060 - 2 Photos

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Dans le 4rapport du Giec, suivant les scénarios, les modèles prévoyaient que la température de l’air augmenterait de 1 à 4 °C d’ici 2100. Le tout récent rapport scientifique commandé par la Banque mondiale suggère qu’avec les conditions climatiques actuelles, si les promesses des engagements politiques ne sont pas tenues, c’est d’ici 2060 que l’atmosphère se réchauffera de 4 °C, soit le scénario le plus pessimiste du Giec. Si la Banque mondiale ne cherche pas à entrer dans le débat du réchauffement climatique, elle sonne quand même l’alarme : une hausse de 4 °C de plus ne peut qu’avoir des conséquences dramatiques pour les sociétés humaines.

La température n’est évidemment pas le seul paramètre climatique qui sera modifié. Avec ce scénario, l'acidification des océans augmenterait de 150 % et le niveau des mers pourrait s’élever d’un mètre. Le risque d’inondation sera alors maximal pour 10 villes, en particulier au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, à Madagascar, au Mexique, au Mozambique, aux Philippines, au Venezuela et au Vietnam. La disparition de l’écosystème marin en général (en raison d’une trop forte acidité) et l’augmentation de la fréquence des événements météo extrêmes tels que les cyclones ou les ouragans auront d’innombrables conséquences sur le littoral. 

La Banque mondiale sonne l'alarme, car ne pas agir face au réchauffement anthropique du climat aura d'autres conséquences en plus de la fonte des glaces. La vie humaine est gravement en danger face aux pénuries d'eau, aux déficits agricoles... © Jacob Shavn, Université du Colorado
La Banque mondiale sonne l'alarme, car ne pas agir face au réchauffement anthropique du climat aura d'autres conséquences en plus de la fonte des glaces. La vie humaine est gravement en danger face aux pénuries d'eau, aux déficits agricoles... © Jacob Shavn, Université du Colorado

Une monde avec 4 °C de plus serait dramatiquement différent

Mais si la Banque mondiale a commandé un bilan scientifique au Postdam Institute for Climate Impact Research (Pik) et le Climate Analytics, c’est surtout pour alerter sur l’effet dramatique que ce réchauffement aurait sur la vie humaine : la nourriture, l’eau et la santé humaine sont en danger. Ainsi, le rapport publié en anglais Turn down the Heat (« Baissez la chaleur ») fait état des possibles futures victimes du réchauffement climatique

L’augmentation des vagues de chaleur, des pluies et des sécheresses pour une planète à +4 °C pourrait bien provoquer une troisième guerre mondiale autour du problème de l’eau. Vitale et déjà rare, l’eau manquerait dans le sud de l’Europe, en Afrique (à l’exception de certaines zones du nord-est) et dans de grandes parties de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud, ainsi que dans le sud de l’Australie. Le régime de mousson serait modifié et l’agriculture n’aurait pas le temps de s’adapter.

Les écosystèmes ne peuvent s’ajuster aussi vite. Ainsi, la hausse de température entraînerait des risques d’incendie, de transformation et de dépérissement des forêts. C’est toute l’agriculture et l’agronomie qui sont menacées. Des événements extrêmes à grande échelle entraîneront des déficits nutritionnels, des maladies épidémiques. Les inondations peuvent introduire des polluants et des éléments pathogènes dans les réseaux d’approvisionnement en eau potable. Les effets du changement climatique sur la production agricole risquent d’aggraver la sous-alimentation et la malnutrition dans de nombreux pays en développement qui connaissent déjà une mortalité infantile élevée.

Ce rapport est on ne peut plus alarmant. C’est volontaire, mais la Banque mondiale veut avant tout faire réagir. « Il est toutefois possible de prendre des mesures pour éviter que le réchauffement n’atteigne 4 °C et pour réussir à maintenir l’élévation de la température au-dessous de 2 °C. »


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