De janvier à septembre 2019, l'Amazonie a perdu 7.853 km² de forêt partis en fumée. © Pedarilhos, Adobe Stock

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Les activités humaines assèchent l'Amazonie, alerte la Nasa

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Chaque année, une partie de la forêt amazonienne brûle. Aussi spectaculaire soit-il, ce processus est normal. Néanmoins, il est aggravé par les activités humaines... et le point de non-retour pourrait être atteint. Zoom sur la faiblesse du poumon vert de la planète : son approvisionnement en eau.

En août dernier, le monde entier s'est ému pour l'Amazonie, dont 7.853 km² sont partis en fumée au cours des neuf premiers mois de l'année 2019. Par rapport à l'an passé, le Brésil, qui abrite 60 % de la forêt amazonienne, a recensé une hausse de 84 % des départs de feux. Et elle brûle toujours en ce mois de novembre.

Pour comprendre ce phénomène, la Nasa a analysé les données des 20 dernières années. Ses conclusions sont sans appel : l'atmosphère au-dessus du poumon vert de la planète s'est considérablement asséchée, le rendant plus vulnérable aux incendies. L'auteure principale de l'étude, Armineh Barkhordarian, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, explique que plus de la moitié de cette aridité est due à l'augmentation des gaz à effet de serre, tandis que le reste est causé par la déforestation. La fragilité de l'Amazonie est donc entièrement due aux activités humaines.

Un des moyens utilisés pour déforester est... l'incendie. © Alexpunker, Adobe Stock

L'eau s'évapore, la forêt se meurt

Plus grande forêt tropicale du monde, elle demeure un écosystème délicat. Les arbres et plantes y absorbent l'eau par leurs racines, puis la relâchent sous forme de vapeur via leurs feuilles. L'eau peut ainsi refroidir l'air et conduire à la formation des nuages afin que la pluie boucle le cycle. Par ce fonctionnement, l'Amazonie génère 80 % de la pluie dont elle a besoin.

Lorsque l'air est asséché et que la température augmente, les arbres doivent transpirer pour se refroidir, mais le sol ne contient plus assez d'eau pour recharger leurs réserves. La végétation se tarit. Les départs de feux prennent et grossissent plus facilement. Sassan Saatchi, co-auteur de l'étude, également chercheur au JPL, prévient : « Si cela continue, la forêt pourrait ne plus être capable de s'alimenter seule » et la biodiversité amazonienne n'y survivra pas.

Le taux d’humidité de l’air en Amérique du Sud au cours des saisons sèches (Amazonie) entre 1987 et 2016. Le déficit se creuse particulièrement dans le sud et le sud-est de la forêt amazonienne ces 30 dernières années, selon l’étude de la Nasa. © Nasa, JPL-Caltech, NASA Earth Observatory
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