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Dossier - Le transit de Vénus au fil de l'histoire
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Le transit de Vénus devant le Soleil est un phénomène astronomique particulièrement rare tout en étant observable à l'œil nu. Le prochain est prévu le 6 juin 2012.

  
DossiersLe transit de Vénus au fil de l'histoire
 

Depuis la Terre, Vénus (tout comme Mercure) est difficilement observable. Trop proche du Soleil, elle n'est visible qu'à l'aube ou au crépuscule et souvent très près de l'horizon, noyée dans les turbulences atmosphériques. Ce que nous savons d'elle nous provient donc pour l'essentiel de l'exploration spatiale.

Vénus est la deuxième planète tellurique à tourner autour de notre étoile après Mercure. C'est également l'astre le plus brillant dans le ciel après la Lune et le Soleil. Cet éclat est provoqué par la couche nuageuse permanente qui compose l'atmosphère de Vénus, qui a longtemps empêché de connaître la période de rotation de la planète, fixée à 243 jours depuis des observations radar effectuées dans les années 1960. La planète a reçu la visite d'une armada de sondes depuis trois décennies. La dernière en date, Venus Express, poursuit ses observations en orbite, utilisant son radar pour étudier l'histoire géologique de la planète. Quant à la sonde japonaise Akatsuki lancée en mai 2010, elle a raté sa mise en orbite autour de Vénus en décembre de la même année en raison d'un problème lié au système de propulsion. Elle poursuit quand même son périple autour du Soleil sur une trajectoire qui la mènera à une possible nouvelle satellisation vers la fin 2015.

Lancée en 2005, Venus Express est la sonde européenne qui étudie actuellement la deuxième planète du Système solaire. © Esa

Vénus, planète infernale

Vénus n'est pas une planète aussi accueillante que son nom pourrait le laisser penser. Au sol la température dépasse les 400° C et il pleut de l'acide sulfurique dans une atmosphère composée principalement de dioxyde de carbone, le tout sous une pression de 90 atmosphères. Autant dire que la durée de fonctionnement des sondes qui se sont posées sur la planète est extrêmement brève. Restent les orbiteurs comme Venus Express, la sonde de l'Esa lancée en novembre 2005, qui possède toute une batterie d'instruments destinés à nous renseigner sur l'activité tectonique et volcanique de la planète, sa circulation atmosphérique et l'effet de serre qui a tant fait souffrir les rares sondes qui se sont aventurées à sa surface. L'instrument Virtis (Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer) a par exemple observé en 2009 d'étranges lueurs nocturnes trahissant la présence de monoxyde d'azote dans la haute atmosphère. Récemment, Virtis a également confirmé l'hypothèse selon laquelle les volcans de Vénus seraient toujours actifs et a permis d'étudier un vortex qui tourne au-dessus du pôle sud.

Le plus haut volcan sur Vénus, Maat Mons, culmine à plus de 8.000 mètres. © Nasa

Une mince couche d'ozone

Le spectromètre Spicav, un instrument français dont la copie conforme a été placée sur Mars Express, a également fait une découverte intéressante. Spicav (Spectroscopy for Investigation of Characteristics of the Atmosphere of Venus), le spectromètre qui travaille dans l'infrarouge et l'ultraviolet, a détecté une faible couche d'ozone (au moins cent fois moins concentrée que sur Terre) à environ 100 kilomètres d'altitude (quatre fois plus haut que sur Terre). Sur notre planète, la couche d'ozone fait l'objet d'un suivi régulier car elle nous protège d'une grande partie des rayons solaires ultraviolets nocifs pour la vie. Sa détection sur d'autres planètes pourrait être particulièrement prometteuse. Certains astrobiologistes ont en effet suggéré que la présence simultanée de dioxyde de carbone, d'oxygène et d'ozone dans une atmosphère pourrait être un très bon indicateur de la vie. Cette découverte sur la deuxième planète du Système solaire a été réalisée en analysant la lumière d'une étoile très proche du bord de la planète à travers l'atmosphère vénusienne. Pour Hakan Svedhem, membre de l'équipe chargée de la mission, « il s'agit là d'une nouvelle preuve des similarités qui existent entre les planètes telluriques du Système solaire que sont la Terre, Mercure, Vénus et Mars. Il est donc important d'étudier Vénus pour toutes les comprendre ». 

Depuis la Terre les observations de Vénus restent rares. Après le transit du 6 juin 2012 il faudra attendre le 11 décembre 2117 pour revivre un tel événement. Mais les astronomes ont un autre rendez-vous plus proche avec la planète de l'Amour : ce sera le 6 avril 2016, quand la Lune occultera Vénus.