Sciences

Les transits de Vénus au XIXe siècle

Dossier - Le transit de Vénus au fil de l'histoire
DossierClassé sous :Astronomie , transit , Vénus

Jean-Baptiste Feldmann et Gilbert Javaux, Futura

-

Le transit de Vénus devant le Soleil est un phénomène astronomique particulièrement rare tout en étant observable à l'œil nu. Le prochain est prévu le 6 juin 2012.

  
DossiersLe transit de Vénus au fil de l'histoire
 

Au XIXe siècle les progrès considérables des techniques d'observations, l'invention de la photographie et son utilisation en astronomie ainsi que l'analyse approfondie des transits précédents sont autant de facteurs décisifs qui vont permettre d'améliorer l'estimation de la parallaxe solaire.

Vénus au 9 décembre 1874

Le transit du 9 décembre 1874 survient alors que la France se remet à peine de la guerre de 1870-1871. L'Angleterre, l'Amérique, l'Italie, l'Allemagne et la Russie dispersent leurs observateurs aux quatre coins du monde. La France envoie six missions (trois dans chaque hémisphère) réparties de la façon suivante : 

  • Héraud à Saïgon ;
  • Jean-Jacques-Anatole Bouquet de la Grye sur l'île Campbell ;
  • Le commandement Ernest Mouchez sur l'île Saint-Paul ;
  • André à Nouméa ;
  • Le lieutenant de vaisseau Fleuriais, auquel est adjoint le lieutenant de vaisseau Blarez, à Pékin ;
  • Jules Janssen, directeur de l'observatoire de Meudon, à Yokohama, en compagnie de Félix Tisserand, directeur de l'observatoire de Toulouse. Janssen avait mis au point pour l'occasion un revolver photographique permettant de prendre douze photographies en succession rapide. 
Médaille frappée par l'Institut de France pour commémorer le transit du 9 décembre 1874. On peut y lire la mention Que distent spatio sidara juncta docent (« Par leur rencontre, les astres nous font connaître les distances qui les séparent »). © DR

Vénus en 1882

Le transit de Vénus de 1882 est observé à la Martinique par Félix Tisserand (1845 - 1896), devenu alors professeur d'astronomie à la Sorbonne et astronome à l'Observatoire de Paris, en compagnie de Guillaume Bigourdan (1851-1932). Aux États-Unis, Simon Newcomb (1835-1909) parvient à déterminer une valeur remarquablement correcte de la distance Terre-Soleil : 149,59 millions de kilomètres.

Il n'y aura aucun transit au XXe siècle mais les mesures radar effectuées à partir des années 1960 ainsi que l'envoi de sondes spatiales permettront de mieux connaître les distances dans notre Système solaire. Depuis 1976 la distance Terre-Soleil (l'unité astronomique) a été fixée par l'Union astronomique internationale à 149.597.870 km avec 8.794148" comme valeur de la parallaxe horizontale équatoriale moyenne du Soleil.