Navires marchands à l'entrée du port d'Amsterdam, avec au premier plan le navire amiral « Le Lion d'Or ». Tableau intitulé De Gouden Leeuw op het IJ voor Amsterdam par Willem van de Velde le jeune, daté de 1686. Amsterdam Museum. © Creative commons, domaine public

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Amsterdam, l'entrepôt du monde au XVIIe siècle

Question/RéponseClassé sous :Époque moderne , Amsterdam , commerce mondial

Pourquoi Amsterdam a-t-elle connu son « âge d'or » au XVIIe siècle ? Amsterdam va devenir l'une des villes les plus prospères d'Europe et « l'entrepôt » du commerce international. C'est la capitale économique de la république des Provinces-Unies (Pays-Bas actuels) et elle se positionne au cœur d'un commerce mondial avec les pays de la Baltique, l'Afrique, l'Amérique du Nord, le Brésil et surtout les Indes orientales.

Trois organismes novateurs vont largement contribuer au rayonnement d'Amsterdam : la Compagnie des Indes Orientales (1602), la Banque (1609) et la Bourse (1611).

La Compagnie des Indes, moteur économique

La Compagnie néerlandaise des Indes orientales (plus connue sous le sigle VOC) est une société anonyme par actions, à laquelle l'État accorde le monopole du commerce avec les Indes, commerce que la Compagnie prétend interdire aux autres marchands européens. Les actions de la VOC sont cotées à la Bourse d'Amsterdam : entre 1625 et 1650, elles passent de 150 florins à plus de 400, ce qui reflète la valeur prise par cette société.

Elle va s'imposer dès le début du siècle dans le commerce d'Asie du Sud-Est, en expulsant les Portugais des Moluques. En 1619, la VOC fonde la ville de Batavia (Jakarta actuelle) sur l'île de Java. La Compagnie parvient, contrairement aux Portugais, à contrôler tout le commerce des épices dans l’archipel indonésien.

Comptoir de commerce de la VOC à Hougly au Bengale (Inde), par Hendrik van Schuylenburgh, 1665. Rijksmuseum, Amsterdam. © Wikimedia Commons, domaine public

Le port d'Amsterdam voit débarquer les produits coloniaux rapportés par les navires de la VOC depuis l'archipel indonésien : cannelle, girofle, poivre, muscade, piment, gingembre, très recherchés dans toute l'Europe. Le port a déjà une grande expérience dans le commerce de gros (principalement le blé) avec la Baltique et la mer de Nord et offre une très grande capacité de stockage.

L’âge d’or d’Amsterdam

Le début de « l'âge d'or » est marqué par une croissance simultanée des voies maritimes d'Europe vers l'Asie et des capitaux investis dans le commerce international. Les négociants d'Amsterdam proposent même le crédit aux navigateurs afin de s'assurer l'accès prioritaire à leurs cargaisons et utilisent volontiers la lettre de change pour fidéliser les acheteurs. Les profits sont réinvestis dans de nouvelles expéditions maritimes.

Carte d’Amsterdam réalisée par Frederik de Wit en 1688. Collections de la bibliothèque royale, bibliothèque nationale des Pays-Bas. © Bibliothèque royale, La Haye

Intervient le rôle déterminant joué par la Banque d'Amsterdam, établissement public fondé sur le modèle des banques vénitiennes, permettant d'effectuer des dépôts, des virements et d'endosser des lettres de change. Elle centralise les virements commerciaux en Europe et devient rapidement un pourvoyeur de fonds pour les négociants et les entrepreneurs. 

Au XVIIe siècle, Amsterdam est le lieu d'échange de la plupart des marchandises qui transitent dans le monde mais également la place financière la plus dynamique. Elle symbolise déjà le commerce moderne qui échange des articles cotés en bourse au moyen de mouvements bancaires. La Banque contribue à doper l'essor économique d'Amsterdam : elle propose des crédits à court et long terme, elle sécurise les transactions et les investissements.

Magasins de la VOC et chantier naval d’Amsterdam, par Joseph Mulder, vers 1725. Bibliothèque des Arts décoratifs, Paris. © Wikimedia Commons, domaine public

Le déclin de la prospérité de la ville

Mais la richesse d'Amsterdam repose sur des monopoles garantis par l'État et la Compagnie des Indes. Lorsque les guerres contre la France de Louis XIV se succèdent entre 1672 et 1713, elles entraînent un endettement très important pour les Provinces-Unies. De plus, les Néerlandais voient l'Angleterre et la France créer leurs propres flottes de commerce et les « Actes de navigation » votés en Angleterre à partir de 1651, interdisent l'accès des ports britanniques aux navires étrangers ; ces dispositions visent particulièrement les Provinces-Unies. Lorsque le centre de gravité du négoce international se déplace vers Londres à la fin du XVIIIe siècle, les négociants d'Amsterdam (et des Provinces-Unies) vont y investir massivement leurs capitaux, rassurés par la solidité du système financier anglais et l'intervention de la Banque d'Angleterre.

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