On ne saurait détailler l'histoire de la NasaNasa sans évoquer les satellites de télécommunications, nécessaires aussi bien aux Terriens que nous sommes - civils comme militaires - mais tout aussi indispensables dans le cadre de l'exploration planétaire. Passons sur les satellites passifs (simples enveloppes recouvertes de métalmétal et gonflées de gazgaz relayant les émissionsémissions par réflexion, comme Echo 1 et 2), et les satellites diffuseurs de messages pré-enregistrés (Score, Courier 1B). Attardons-nous un instant sur les pionniers.

Telstar 1

Lancé le 10 juillet 1962 par une fusée Delta depuis Cap CanaveralCap Canaveral, Telstar 1 fut le premier satellite de communications actif de l'Histoire. Appartenant à AT&T, il inaugura l'ère de la Mondovision dès le lendemain 11 juillet en retransmettant une émission de télévision entre les stations au sol d'Andover aux Etats-Unis et de Pleumeur-Bodou en France. Toutefois, son orbiteorbite de 952 x 5.632 kilomètres décrite en 167,7 minutes ne lui permettait de rester en position favorable que durant une petite vingtaine de minutes, l'orbite géostationnaireorbite géostationnaire étant encore hors d'atteinte pour les lanceurslanceurs de l'époque.

Telstar 1. Crédit Nasa

Telstar 1. Crédit Nasa

Le satellite de 77 kgkg avait une forme sphérique de 88 cm de diamètre à 72 facettes dont la plupart étaient garnies de cellules solaires. Il émettait sur la fréquencefréquence de 4.169,72 MHz avec une puissance de 15 wattswatts en modulationmodulation de fréquence ou d'amplitude et recevait sur 6.389,58 MHz au moyen de deux antennes séparées ceinturant le satellite. Une antenne hélicoïdale coiffait la structure et assurait les liaisons VHFVHF tandis que deux antennes fouets étaient utilisées pour la télémétrietélémétrie (poursuite, télécommande et télémesures).

La première émission publique était programmée douze heures après la mise en orbite, et aurait eu lieu si les Américains n'avaient pas oublié de mettre la balise de Telstar en route (4.080 MHz), ce qui empêcha sa localisation par la station française de Pleumeur-Bodou... L'orbite suivante, le récepteur au sol tombe en panne : la lampe (eh oui...) qui génère les hyperfréquences grille sans avertissement, il faut la remplacer d'urgence. A 23 h 18 TU (temps universel) l'émetteur du satellite est activé, et l'acquisition est effective alors que Telstar 1 se trouve encore à 3° sous l'horizon. Il est 23 h 47 TU exactement en ce 10 juillet 1963 lorsque la mire américaine apparaît sur les écrans de contrôle de la station réceptrice, le monde vient de rapetisser brusquement ! Les cris de joie fusent, des techniciens ont la larmelarme à l'œilœil. Apparaît alors une image de studio présentant l'interview de Fred Kappel d'ATT et du docteur Fisk de Bell Labs. Cette émission historique durera sept minutes.

Première image de studio transmise par Telstar le 10 juillet 1963. Crédit Nasa

Première image de studio transmise par Telstar le 10 juillet 1963. Crédit Nasa

Le satellite fonctionna parfaitement jusqu'au début de novembre 1962 et commença à connaître quelques défaillances avant de s'arrêter le 23. La Nasa réussit à en reprendre partiellement le contrôle le 20 décembre, et des données essentiellement scientifiques furent collectées par intermittence jusqu'au 23 février 1963, date à laquelle Telstar 1 devint définitivement muet.

On apprit plus tard que les transistors d'émission du satellite avaient été progressivement détruits par les radiations résiduelles de deux explosions nucléaires stratosphériques, la première faisant partie du programme Starfish et remontant au 9 juillet 1962 (soit la veille du lancement de Telstar !), l'autre soviétique en octobre 1962.

Telstar inaugura ainsi l'ère des télécommunications par satellite, et fut le premier exemplaire d'un outil qui transforma réellement notre vie de tous les jours.

Syncom 2 s'installe sur l'orbite géostationnaire

Premier satellite de télécommunications géostationnaire de 39 kg, Syncom 2 est lancé le 26 juillet 1963 sur une orbite de 35.784 x 35.792 km inclinée à 0,1°. Un premier exemplaire, Syncom 1, avait été lancé le 14 février précédent mais le contact avait été perdu dès la mise en orbite.