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Spoutnik 1 : un si petit satellite…

Dossier - Nasa : 50 ans de conquête spatiale
DossierClassé sous :Astronautique , Nasa , cinquantième anniversaire de la Nasa

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La Nasa, née le 29 juillet 1958, fête ses cinquante années d’existence. Après avoir retracé sa genèse depuis les pères fondateurs de l’Astronautique, nous nous attarderons sur quelques-unes des missions les plus marquantes de ses débuts, jusqu’au premier débarquement sur la Lune qui marqua à la fois la fin d’une grande aventure humaine et le commencement d’une autre, encore plus ambitieuse.

  
DossiersNasa : 50 ans de conquête spatiale
 

Même les services de renseignements occidentaux restent ignorants de l'état d'avancement des travaux accomplis par une équipe d'ingénieurs dirigés par Korolev et dont la tâche consistait à améliorer une copie du V2 sur la base de sa propre expérience, ce sera le missile R1 conçu sur ordre de Staline, curieux de savoir si une fusée tirée de Russie pouvait atteindre New-York...

Lorsque Nikita Khrouchtchev accède au pouvoir le 5 mars 1953, il ne connaît rien aux missiles mais fait confiance à l'ingénieur en chef Korolev. Celui-ci, avec son adjoint Vassily Pavlovitch Mishin, met au point le missile R5M, qui ne tarde pas à être testé avec une tête nucléaire. Mais sa portée de 1.200 km restait insuffisante pour atteindre le continent américain, aussi Khrouchtchev donne-t-il le feu vert à Korolev pour réaliser le premier ICBM (intercontinental ballistic missile). Pour des raisons politiques (et au terme d'une véritable bataille rangée entre experts), celui-ci le fera concevoir par son propre bureau d'études, ce sera la R7, surnommée Zemiorka, ce qui signifie le Petit Sept, un monstre de 267 tonnes au décollage pour 30,5 mètres de hauteur.

Spoutnik 1

Lorsque, le 4 octobre 1957, les moteurs de la R7 s'allumèrent en chassant l'obscurité de la nuit, bientôt suivis d'un grondement de tonnerre qui secoua tout ce qui était debout à des kilomètres à la ronde, et que l'énorme lanceur fonça à la rencontre de la voûte céleste, Korolev sut qu'il avait gagné le pari. 90 minutes plus tard, lorsque Spoutnik 1 repassa au-dessus de la base en envoyant un vigoureux bip-bip, un tonnerre d'applaudissements retentit.

Spoutnik 1 en préparation. Crédit Archives Nasa

Spoutnik 1 (bébé-lune, en russe), ne devait rien à la haute technologie. Une sphère d'aluminium de 83 centimètres de diamètre dotée de quatre antennes-fouets comme on en trouvait dans tous les magasins d'électronique, deux émetteurs à lampes alimentés par batteries, le tout protégé par une ogive pointue pour l'abriter durant le lancement, et le tour était joué. Plus compliqué, c'était multiplier les risques d'échec...

Un tsunami venu de l'espace

La nouvelle déferla sur le monde comme un tsunami. Mais les plus perturbés furent les Américains, qui se considéraient en matière scientifique comme les champions du monde, sans rivaux, avec les Soviétiques traînant loin derrière. Alors qu'au cours de la dernière guerre, jamais aucun appareil nazi ou japonais n'avait pénétré le ciel américain, Spoutnik passait et repassait au-dessus de leurs têtes plusieurs fois par jour, sans que rien ne puisse être fait. Le Président Eisenhower tenta bien de calmer les esprit lors d'une conférence de presse en déclarant qu'après tout, les Soviétiques n'avaient fait que lancer une balle en l'air, mais l'électeur, lui, se sentait bel et bien battu.

Il le sera encore plus, proche du KO, lorsqu'un mois plus tard Spoutnik 2 prendra la route de l'espace. Avec, cette fois, un passager, la petite chienne Laïka. Mais surtout une masse inimaginable pour l'époque : le satellite pesait, à son lancement, 508 kg alors que le Vanguard américain, qui restait à envoyer là-haut, ne dépassait pas le poids d'une bouteille de lait...