En 2023, le marché du tourisme spatial va continuer à se développer avec deux missions habitées, Polaris Dawn et Axiom-2, et la poursuite de la préparation de plusieurs missions très ambitieuses dont une à destination de la Lune. 

En matièrematière de tourisme spatialtourisme spatial, l'année 2022 s'est terminée par la présentation des huit membres de l'équipage de DearMoon, invités par le milliardaire japonais Yusaku Maezawa. Cette mission d'une durée de six jours consistera en un vol autour de la LuneLune à bord d'un StarshipStarship de SpaceXSpaceX. Elle n'est sérieusement pas envisagée avant 2025. Néanmoins, 2023 s'annonce sous de bons auspices avec deux belles missions qui seront réalisées au cours du premier semestre. Il y a PolarisPolaris Dawn, la première mission du programme privé Polaris de Jared Isaacman et SpaceX, et la deuxième mission touristique d'Axiom Space à bord de la Station spatiale internationaleStation spatiale internationale.

En 2023, lors de Polaris Dawn, Jared Isaacman réalisera une sortie extra-véhiculaire. La première pour un civil. © Polaris Dawn, SpaceX
En 2023, lors de Polaris Dawn, Jared Isaacman réalisera une sortie extra-véhiculaire. La première pour un civil. © Polaris Dawn, SpaceX

Polaris Dawn est une mission très ambitieuse qui comprendra un équipage de quatre personnes, dirigée par Jared Isaacman à qui l'on doit la mission Inspiration4 en septembre 2021. Cet équipage volera à bord d'un Crew DragonCrew Dragon qui sera utilisé au maximum de ses capacités et devrait voler « aussi loin que possible ». Les quatre astronautesastronautes devraient passer cinq jours en orbiteorbite au cours desquels Jared Isaacman réalisera une sortie dans l'espace à quelque 500 kilomètres de la Terre. Ce sera la première EVA (Extra-Vehicular Activity) réalisée par un astronaute privé ! Quant à Axiom 2 (Ax-2), il s'agit d'une mission de 10 jours à destination de la Station spatiale internationale (ISS). Elle comprendra également un équipage de quatre personnes, dont deux Saoudiens, et sera encadrée comme lors de la première mission d’Axiom Space par un ancien astronaute professionnel. Après Michael López-Alegría, c'est au tour de Peggy Whitson, qui n'est plus en activité à la Nasa, d'encadrer ce vol et gérer l'activité de ces « touristes » lorsqu'ils seront à bord du complexe orbitalcomplexe orbital. Il faut savoir que les missions d'Axiom Space, dont le fondateur n'est autre que l'ancien responsable du programme ISS à la Nasa de 2005 à 2015, sont bien acceptées par la Nasa et ses partenaires dans le programme ISS, justement parce qu'elles sont encadrées par un astronaute professionnel.

Le marché du tourisme spatial se développe mais sa démocratisation ne semble toutefois pas pour demain. © Mihail, Adobe Stock
Le marché du tourisme spatial se développe mais sa démocratisation ne semble toutefois pas pour demain. © Mihail, Adobe Stock

La difficile ou l'impossible démocratisation du tourisme spatial 

Notez que le tourisme spatial est à différencier du tourisme suborbital. Alors que ce dernier se contente de franchir un bref instant, généralement quelques minutes, une des trois frontières de l'espace reconnues, le tourisme spatial consiste à s'envoler dans l'espace et se satelliser autour de la Terre pendant plusieurs jours. Le tourisme suborbital et ses promesses offrent de réelles perspectives de démocratisation de ces vols aux frontières de l'espacefrontières de l'espace avec des escapades de quelques minutes dans l'espace. Qu'ils soient réalisés à bord d'avions spatiaux, comme celui de Virgin Galactic, d'étage réutilisableétage réutilisable, comme le New ShepardNew Shepard de Blue Origin, ou à bord de ballons stratosphériques dont plusieurs sont en développement, ils permettront à un large public de s'offrir quelques minutes d'apesanteurapesanteur, de voir la courbure de la Terre par exemple.

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A contrario, la démocratisation du tourisme spatial pourrait ne pas arriver avant plusieurs décennies. SpaceX a certes brillamment relancé cette activité en 2022, en stand by après une période qui de 2001 à 2009 a permis à sept touristes fortunés d'embarquer à bord de capsules Soyouz à destination de la Station spatiale internationale, mais cette activité restera toujours chère, risquée et réservée à des gens très riches et audacieux et prêts à consacrer du temps à cela.