À gauche, le SLS de la Nasa, construit par Boeing et, à droite, le Starship de SpaceX. © Nasa, SpaceX
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Quelles sont les différences entre les deux lanceurs géants de SpaceX et de la Nasa ?

ActualitéClassé sous :Exploration humaine , SLS , Starship

Alors que le Starship de SpaceX et le SLS de la Nasa, construit par Boeing, pourraient tous les deux réaliser leur premier vol au printemps, découvrons les similitudes et ce qui différencie ces deux lanceurs lourds qui promettent la Lune et Mars.

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Aujourd'hui, la Nasa et SpaceX développent chacune un lanceur lourd capable d'envoyer des humains sur la Lune et sur Mars. Avec le Space Launch System (SLS), construit par Boeing, la Nasa se dote d'un lanceur pour ses futures missions d'exploration habitées à destination de la Lune, de Mars et d'un astéroïde. Il sera aussi utilisé pour envoyer des sondes autour des mondes les plus lointains du Système solaire. Enfin, il pourra servir pour envoyer des dizaines de tonnes d'infrastructures en orbite basse. Dans le cadre du programme Artemis de retour sur la Lune, il sera employé pour lancer la capsule Orion. Ce futur lanceur utilisera deux propulseurs d'appoint à ergol solide directement dérivés des Solid Rocket Booster (SRB) de la navette spatiale. Seule différence, si les boosters pour la navette spatiale avaient quatre segments d'appoint, ceux du SLS en auront cinq. Avec une hauteur de 54 mètres, ils seront les plus grands boosters jamais construits.

Le SLS avec à son bord le véhicule Orion et sa tour de sauvetage transféré sur le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy. Ce lanceur est haut de 98 à 111 mètres selon la version, et large de 8,4 mètres (quelle que soit la version), il aura une masse au décollage de 2.630 tonnes pour le bloc 1. © Nasa, Kim Shiflett

Quant à SpaceX, elle développe le lanceur géant Starship dont le principal objectif est d'envoyer par centaine des humains sur Mars pour coloniser la Planète rouge. Pour rappel, « Starship » désigne le véhicule de transport spatial et l'étage supérieur du lanceur. L'étage principal, c'est-à-dire le booster nécessaire pour lancer le Starship s'appelle « Super Heavy ». Ce futur système de transport « à tout faire » et réutilisable doit, dès sa mise en service, remplacer dans des délais très courts, l'ensemble de la gamme actuelle de lanceurs et de systèmes de transport de fret et habité de SpaceX. C'est-à-dire le Falcon Heavy et le Falcon 9, utilisés pour le lancement de satellites, le ravitaillement de la Station spatiale internationale et la rotation des équipages. Ce lanceur sera également employé pour des missions commerciales à destination de la Lune et la Nasa prévoit de l'utiliser pour faire atterrir ses astronautes sur la Lune.

Et oui, contrairement au SLS, le Starship est un système de transport entièrement réutilisable et capable de se poser sur la Lune ou sur Mars. Le Falcon 9 et le Falcon Heavy ne le sont que partiellement car seul l'étage principal est récupéré. L'étage supérieur de chaque lanceur est perdu à chaque lancement.

Installé sur son pas de tir du Centre spatial Kennedy, le SLS se prépare à une série d'essais en vue de son vol inaugural qui pourrait avoir lieu en juin ou juillet, bien que la Nasa n'écarte pas un lancement dès le mois de mai. Cette mission, Artemis I, consistera en un vol d'essai inhabité autour de la Lune, suivant une trajectoire similaire à celle de la mission Apollo 8, en utilisant la gravité lunaire pour gagner de la vitesse et pour se propulser à près de 70.000 kilomètres au-delà de la Lune, à près d'un demi-million de kilomètres de la Terre - plus loin qu'aucun humain n'a jamais voyagé. Lors de son voyage de retour, Orion effectuera un survol de la Lune avant de retourner sur Terre. La mission durera environ 20 jours et se terminera par un plongeon dans l'océan Pacifique.

Un grand huit autour de la Lune et un vol de point à point

Quant au Starship de SpaceX, la date du vol inaugural est aussi très incertaine. Aux dernières nouvelles, Elon Musk la prévoyait dans le courant du mois de mai. Contrairement au grand huit autour de la Lune du SLS, le vol inaugural du Starship sera moins ambitieux. Il s'agit d'un vol dit de point à point, un vol dans l'espace qui a pour but de relier le Texas à l'archipel d'Hawaï, sans réaliser une orbite complète autour de la Terre.

Haut de 120 mètres, un diamètre de 9 mètres et une masse au lancement de 5.000 tonnes pour la version opérationnelle, le Starship est ici vu sur son pas de tir de Starbase, la base spatiale de SpaceX située à Boca Chica, au Texas. © SpaceX

Côté performances, le SLS sera disponible en trois versions avec des capacités de transport différentes selon les versions. La version bloc 1, la seule en cours de développement, est celle qui sera utilisée pour lancer les trois premières missions Artemis. Cette version aura une capacité de 95 tonnes en orbite basse et 27 tonnes pour les missions lunaires. Avec la version bloc 1B, la capacité passe à 105 tonnes en orbite basse et 42 tonnes envoyées à destination de la Lune. La version bloc 2 devrait lancer 130 tonnes en orbite basse et 46 tonnes pour les missions lunaires. Quant au Starship, il sera capable d'envoyer plus de 100 tonnes en orbite basse et 21 tonnes sur une orbite de transfert géostationnaire. Mais, et c'est la particularité du Starship, s'il est ravitaillé en orbite ses performances augmentent significativement et passent de 100 à 150 tonnes à destination de la Lune ou de Mars par exemple.

Sans surprise, le SLS ne sera pas bon marché, mais alors pas du tout. En 2019, Ars Technica a estimé que le coût pourrait être de plus de 2 milliards de dollars pour lancer la fusée une fois par an. En mars 2022, une étude a conclu qu'il pourrait coûter deux fois plus cher, jusqu'à 4,1 milliards de dollars. Le Starship, quant à lui, sera évidemment moins cher, mais certainement pas aussi peu cher que le dit Elon Musk qui estime son coût à seulement 2 millions de dollars en « rythme de croisière », grâce aux économies d'efficacité qui découlent de la réutilisation.


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