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Le premier astéroïde a été découvert il y a 210 ans

ActualitéClassé sous :Astronomie , astéroïde , Giuseppe Piazzi

C'est le 1er janvier 1801 que l'astronome italien Giuseppe Piazzi découvrit le premier astéroïde, Cérès. On en dénombre aujourd'hui plusieurs centaines de milliers.

Il faudra attendre 2015 pour que la sonde Dawn nous révèle l'aspect de Cérès, le premier et le plus gros des astéroïdes découverts. © UCLA

Né en 1746, Giuseppe Piazzi devient à partir de 1770 maître de conférences en philosophie et mathématiques et professeur d'astronomie 17 ans plus tard. Il passe ensuite deux ans entre l'observatoire de Paris et celui de Londres pour y découvrir les instruments existants en vue d'en équiper ultérieurement l'observatoire de Palerme. Il en devient le directeur après en avoir dirigé la construction. C'est là que le 1er janvier 1801 il découvre un objet stellaire mobile. Il écrit dans son journal : « sa lumière était faible, de l'ordre de la magnitude 8, avec une couleur identique à celle de Jupiter. J'ai commencé à douter qu'il s'agisse d'une étoile en constatant son déplacement les soirs suivants ».

Piazzi est convaincu d'avoir découvert une nouvelle planète mais par prudence il annonce qu'il s'agit d'une comète. Il s'en confie par écrit à l'astronome B. Oriani en ces termes : « j'ai annoncé cette étoile comme une comète, mais comme elle n'est pas accompagnée par une nébulosité et comme son mouvement est lent et plutôt uniforme, il m'est venu plusieurs fois à l'esprit qu'il pourrait s'agir de quelque chose de mieux qu'une comète. Mais j'ai pris soin de ne pas avancer cette supposition pour le public ».

L'astre est bientôt perdu de vue en raison de la baisse de son éclat et sera retrouvé un peu plus tard grâce aux calculs du mathématicien Carl Friedrich Gauss qui vient de mettre au point une nouvelle méthode de calcul d'orbite. Piazzi décide alors de nommer sa planète Cérès Ferdinandea, associant ainsi le nom de la déesse romaine de l'agriculture à celui du roi de Sicile Ferdinand IV. Seul le premier nom sera conservé.

Cérès photographié par le télescope Hubble. © Nasa/Hubble

Cérès photographié par le télescope Hubble. © Nasa/Hubble

Une ceinture d'astéroïdes

Avec 950 kilomètres de diamètre, Cérès est le plus gros des astéroïdes, ce qui lui vaut d'avoir été reclassé dans la famille des planètes naines au côté de Pluton. Pour le moment les seules images de Cérès sont celles qu'a pu réaliser le télescope spatial Hubble, en attendant 2015 que la sonde automatique Dawn nous en apprenne un peu plus. Les clichés de Hubble montrent Cérès comme un corps sphérique qui présente des différences de luminosité provoquées soit par des accidents topographiques soit par des zones de composition chimique différente. Il n'est pas exclu que de l'eau gelée soit conservée à l'intérieur de l'astéroïde.

Après Cérès, ce sont Pallas, Junon et Vesta qui seront trouvés les années suivantes. Puis le rythme des découvertes ne cessera de s'accélérer pendant les deux siècles qui vont suivre avec le développement de la photographie et surtout depuis 30 ans avec la mise en place de réseaux de surveillance automatique. Au cours de l'été 2010 le cap du demi-million d'astéroïdes recensés a été franchi. Pour la grande majorité d'entre eux, ces astéroïdes circulent dans une ceinture dont l'orbite se situe entre celles de Mars et de Jupiter.

Ces corps fascinent les scientifiques car ils pourraient être liés à l'apparition de la vie sur Terre. On a en effet découvert la présence d'acides aminés dans des météorites qui sont arrivées sur notre planète après s'être échappées de la ceinture d'astéroïdes. Autre sujet de curiosité, la ressemblance très troublante entre comètes et astéroïdes. On l'a vu dernièrement avec Scheila, l'astéroïde devenu comète ou encore en observant les images détaillées de la comète Hartley 2, la distinction entre ces deux familles d'objets est de plus en plus ténue.

Dernière raison de s'intéresser aux astéroïdes, et pas des moindres : certains d'entre eux, les géocroiseurs, ont la fâcheuse tendance à s'approcher un peu trop près de la Terre. Une raison suffisante pour que les scientifiques appellent de leurs vœux la mise en place rapide d'un réseau mondial de surveillance.

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