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La galaxie du cigare nous envoie des signaux de fumée !

ActualitéClassé sous :Astronomie , Spitzer , télescope spatial

Même dans l'espace, il n'y a pas de fumée sans feu. Et ce n'est pas le télescope spatial Spitzer, qui vient d'observer les nuages de fumée éjectés par les étoiles ardentes de la galaxie Messier 82, qui dira le contraire. Comme quoi, la "galaxie du cigare" porte bien son nom !

De l'intérêt de la vision infrarouge... (Crédits : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/NOAO)
Image infrarouge de Messier 82, fournie par le télescope spatial Spitzer On y voit la
Image infrarouge de Messier 82, fournie par le télescope spatial Spitzer
On y voit la "galaxie du cigare" (en bleu), enrobée d'un gigantesque halo de particules (en rouge)
(Crédits : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona )

Même dans l'univers, il n'y a pas de fumée sans feu

Messier 82, également nommée la "galaxie du cigare", est une pouponnière d'étoiles qui se trouve près de la constellation de la Grande Ourse, à 12 millions d'années-lumière de la Terre. Elle est le siège d'explosions titanesques, assiste à la naissance d'étoiles par millions, et est en interaction avec sa galaxie voisine, Messier 81, avec laquelle elle entre en collision.

Messier 82 est donc une zone ardente de l'univers, où les feux stellaires sont légions. Mais, jusqu'à aujourd'hui et les images infrarouges du télescope spatial Spitzer, les astronomes n'y « voyaient que du feu » : « D'ordinaire, vous apercevez la fumée avant les flammes. Dans notre cas, nous savions que la galaxie était un véritable brasier, bien avant que Spitzer nous montre sa fumée », explique David Leisawitz, ingénieur de la NASA travaillant sur le programme Spitzer.

En effet, dans un article à venir dans l'Astrophysical Journal, une équipe de chercheurs rapporte la découverte par Spitzer d'un gigantesque halo de fumée, s'étendant à plus de 20 000 années-lumière du plan de la galaxie. Sur cette image en fausses couleurs (voir ci-dessus), on aperçoit Messier 82 sous la forme d'un cigare bleu, autour duquel se déploient, tels deux ailes de papillon rouges, deux larges nuages de poussière.

D'après les ingénieurs de la NASA, ces ailes de papillon contiendraient des composés similaires au gaz d'échappement de nos voitures, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, qui accompagnent souvent les combustions. Dans l'univers, ces hydrocarbures sont formés par les étoiles, puis éjectés dans l'espace.

Du cône au halo...

Les précédentes observations de Messier 82 avaient révélé la présence de deux nuages de gaz chauds de formes coniques, projetés en dessous et au-dessus du centre de la galaxie. Ceci indiquait que les étoiles massives, situées au cœur de Messier 82, projetaient de la matière dans l'espace. Les scientifiques ignorent encore pour quelles raisons ces cônes de fumée ont disparu, au profit d'un halo enrobant toute la galaxie.

Une chose est sûre : Messier 82 nous envoie des signaux de fumée, que Spitzer s'empresse de nous relayer. Ces derniers jours, le télescope spatial n'a pas cessé de nous émerveiller : après des brins d'ADN cosmiques, il nous offre maintenant un magnifique papillon céleste...

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