L'avion spatial d'Astrium ressemble à un jet d'affaires traditionnel à la différence qu'il sera équipé d'un moteur fusée fonctionnant avec un mélange d'oxygène liquide et de méthane. Il sera conçu pour les vols atteignant une altitude de plus de 100 km qui marque, par convention, la frontière entre la Terre et l'espace. © Astrium/image MasterImage/2008

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Le projet d'avion spatial d'Astrium prend son envol de Singapour

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Astrium, qui recherchait un partenaire financier pour développer son projet d'avion spatial baptisé Spaceplane, vient de signer, avec la cité-État de Singapour, un protocole d'accord portant notamment sur la mise au point d'un démonstrateur. Une décision qui pourrait déboucher sur un service commercial en 2020.

Lors de la convention Global Space & Technology, Astrium a annoncé sa collaboration avec Singapour pour la mise au point d'un démonstrateur à petite échelle, qui par des essais en vol plané, pourra confirmer la justesse des choix aérodynamiques, dans le cadre de la mise au point de l'avion spatial baptisé Spaceplane, qui vise le marché du vol suborbital touristique. Long de 3 à 4 mètres, ce démonstrateur ne sera pas motorisé. Les vols d'essai seront réalisés à partir de lâchers d'hélicoptères, à 3 kilomètres d'altitude, et à partir de ballons pour des altitudes plus élevées. Ces vols pourraient être réalisés en France et à Singapour.

C'est évidemment une bonne nouvelle pour Astrium, contraint fin 2008 de mettre son projet en attente en raison de difficultés de financement. Officiellement, le programme n'est pas lancé. L'industriel européen est toujours en attente de ses premiers clients et peut donc compter sur Singapour pour l'aider à commercialiser son Spaceplane. Lorsque le financement sera bouclé, sept années de développement seront nécessaires avant son exploitation commerciale.

Le Spaceplane d'Astrium, conçu pour transporter quatre passagers, sera capable de voler une trentaine de fois avant chaque changement du bloc moteur. © Astrium

Un nouveau marché à conquérir

Ces dernières années, une petite équipe a travaillé sur ce projet, permettant de présenter aux investisseurs singapouriens un avion spatial à l'architecture figée, aux choix technologiques initiaux confirmés et à la sécurité maximale se traduisant par une possibilité d'interruption du vol à chacune de ses phases. Cela dit, des efforts restent à faire sur la mise au point et la réutilisation du moteur fusée, qui utilisera un mélange à base d'oxygène liquide et de méthane liquide (LOX-méthane).

Pour Singapour, ce partenariat n'est pas seulement technologique. La cité-État veut se démarquer, sur le plan du tourisme de grand luxe, d'autres destinations luxueuses, comme des Émirats arabes unis qui misent sur des structures architecturales audacieuses. Voilà peut-être un moyen d'attirer de riches touristes à la recherche de sensations fortes...

Le tourisme spatial commence à devenir un marché émergent, occupé aujourd'hui par Space Adventures, et qui voit arriver de nouveaux acteurs comme Virgin Galactic, annonçant son service commercial en 2012. Ainsi, si Singapour décide de prendre le train en marche, son partenariat avec Astrium pourrait l'amener à se doter d'une petite flotte d'avions spatiaux stationnés sur le tarmac de l'aéroport Changi à disposition de clients prêts à débourser quelque 100.000 à 150.000 euros pour voyager quelques minutes dans l'espace.

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