Le lanceur Soyouz sur son pas de tir du Centre spatial Guyanais avec, à son bord, le satellite Sentinel 1A. © ESA, S. Corvaja

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Arianespace : 11e et dernier lancement de l'année

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En fin d'après-midi, Arianespace doit mettre en orbite CSO-1. Ce satellite militaire de dernière génération doit renforcer l'autonomie française dans le domaine du renseignement militaire depuis l'espace. Il est le premier d'une constellation de trois satellites dédié à l'observation militaire de la Composante spatiale optique (CSO). Une originalité bien européenne : malgré la sensibilité de ce programme militaire, on appréciera le choix d'un lanceur russe avec du personnel russe, en charge de son intégration, pour mettre en orbite ce satellite inédit en Europe en terme d'imagerie spatiale. 

Pour son dernier lancement de l'année, Arianespace mettra sur orbite le satellite d'observation CSO 1 à usage de défense et de sécurité, pour le compte du Centre national d'études spatiales (Cnes) et de la Direction générale de l'armement (DGA) du ministère des Armées. Il a été réalisé par Airbus Defence and Space France, tandis que Thales Alenia Space France a fournit l'instrument optique.

Il s'agit de CSO-1, le premier satellite dédié à l'observation militaire de la Composante spatiale optique (CSO), dédié à l'imagerie spatiale optique et infrarouge, avec des performances capteurs et une capacité d'acquisition inégalées en Europe. Deux autres satellites sont prévus. Ensemble, ils formeront une constellation de trois satellites identiques mais placés sur des orbites polaires d'altitude différentes et chacun affectés à deux missions :

  • une mission dite Reconnaissance remplie depuis l'altitude à 800 km et privilégiant les capacités de couverture, d'acquisition sur théâtre et de revisite pour CSO 1 et 3 ;
  • une mission dite Identification remplie depuis l'altitude à 480 km et permettant d'atteindre le plus haut niveau de résolution, de qualité d'image et de précision d'analyse pour CSO 2.

Cette constellation succédera aux satellites Helios-2. Elle renforcera les capacités souveraines de la France dans le domaine du renseignement spatial, du soutien et de la conduite des opérations sur les théâtres d'engagement.

Un lancement à la seconde précise

Le lancement de cette Soyouz ST-A (VS20) est prévu ce mardi 18 décembre, à un instant précis, à  17 h 37 mn 14 s, heure de Paris. Pour ce vol, la performance demandée au lanceur est de 3.713 kg, dont 3.565 kg représentent la masse du satellite. CSO-1 sera placé sur une orbite héliosynchrone à 800 km d'altitude, inclinée à 98,6 degrés. La durée nominale de la mission, du décollage à la séparation du satellite, est de 1 heure, 00 minute, 44 secondes.

Le satellite CSO-1, construit par Airbus, succèdera à Helios 2 pour de l'imagerie spatiale à très haute résolution. © Cnes

Une protection renforcée

En temps normal, chaque lancement d'Arianespace bénéficie d'une protection pour contrôler à la fois l'espace aérien et les approches maritimes ainsi qu'une zone de 750 km2 de surface, composée de 80 % de forêt primaire et de marécages. Au sol, ce dispositif s'appuie sur les légionnaires du 3e régiment étranger d'infanterie qui dispose d'un arsenal militaire comme des missiles sol-air Mistral. Le dispositif aérien comprend notamment, les hélicoptères de l'ET-68 Antilles-Guyane, avec des tireurs embarqués et d'un radar de défense aérienne GM40. Quant à la surveillance des côtes guyanaises, elle est assurée par la Marine nationale et la gendarmerie qui mettent à disposition un patrouilleur et une vedette côtière.

Compte tenu de la nature de ce satellite de renseignement qui « confère à ce lancement, une sensibilité et une visibilité particulières et accroît le risque d'espionnage », explique  le ministère des Armées, ce lancement bénéficiera d'une protection renforcée. Au dispositif cité ci-dessus, s'ajouteront trois Rafale et un Awacs envoyés en Guyane pour renforcer la surveillance du Centre spatial guyanais.

La fin d’une époque ?

Avec dix lancements réalisés cette année (11, avec le tir de ce soir), dont la centième Ariane 5, Arianespace a placé en orbite un total de 17 satellites représentant une masse au lancement de plus de 57 tonnes. Une performance qui lui permet de rester un solide leader sur le marché des satellites à lancer sur orbite de transfert géostationnaire et de résister à la force de frappe commerciale de SpaceX qui peut se permettre de casser. Le Falcon 9 profite des marges confortables pour ses nombreux lancements réalisés au profit de la Nasa et du Pentagone pour mieux se vendre et casser les prix sur les marchés en compétition face à Arianespace.

Mais, si Arianespace résiste bien sur ce marché, Ariane 6 qui succédera à Ariane 5 devra être capable de s'imposer sur les autres marchés ouverts à la concurrence, notamment ceux des satellites de masse intermédiaire (typiquement plus ou moins 3,5 tonnes), pour tenir tête à SpaceX.

Au 18 décembre, l'entreprise d'Elon Musk a réalisé 20 lancements et lancé 36 satellites, dont 21 Iridium-Next, une voiture Tesla Roadster, 73 petits satellites, dont 64 lors d'un même lancement et trois capsules Dragon à destination de l'ISS.

  • Onzième et dernier lancement de l'année pour Arianespace qui aura utilisé 3 Soyouz, 6 Ariane 5 et 2 Vega.
  • Il s'agit du 20e lancement Soyuz au Centre spatial guyanais (CSG).
  • CSO-1 est un satellite militaire d'imagerie spatiale avec des performances inédites en Europe.
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