Zoom sur deux compléments alimentaires particuliers : le millepertuismillepertuis et la p-synéphrine. Le millepertuis est un antidépresseurantidépresseur naturel qui comporte des risques. La p-synéphrine, commercialisée comme complément minceur, peut, elle aussi, mettre en danger les consommateurs.

Une étude faite par trois chercheurs américains des universités de l'Arkansas et du Massachusetts liste les interactions scientifiquement documentées pour onze compléments alimentaires à base de plantes.

Le millepertuis, un antidépresseur naturel… à risques

La palme revient au millepertuis, qualifié d'antidépresseur naturel, qui interagit avec vingt familles de médicaments. Il diminue notamment les effets de pilules contraceptivespilules contraceptives, d'anxiolytiquesanxiolytiques de traitements contre le VIH et d'immunosuppresseurs ! « De fait, il a longtemps été interdit en France, mais il y est autorisé depuis 2004 dans le cadre de la libre circulation des produits sur le marché européen, indique Guillaume Cousyn, chargé de mission Nutrition à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Toutefois, la plus grande prudence s'impose. »

Le millepertuis est une plante utilisée comme complément alimentaire et qualifiée d'antidépresseur naturel. Il peut cependant être dangereux. © Follavoine, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0
Le millepertuis est une plante utilisée comme complément alimentaire et qualifiée d'antidépresseur naturel. Il peut cependant être dangereux. © Follavoine, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Et pour cause. Les interactions avec les médicaments ne sont pas sans conséquence, comme en témoignent également les 25 signalements d'effets indésirables (douleursdouleurs musculaires violentes, atteintes hépatiques...) reçus par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (AnsesAnses) suite à la consommation de compléments alimentaires à base de levurelevure de riz rouge. En réalité, cette substance contient de la monacoline-K, une substance qui régule la synthèse du cholestérolcholestérol et qui est commercialisée comme médicament anticholestérol dans de nombreux pays, mais pas en France. Le risque identifié par l'Anses est que ces produits fassent double emploi avec les traitements français qui sont à base de statinesstatines. Elle les déconseille donc aux malades prenant ces médicaments et aux personnes qui y sont intolérantes.

Les dangers de la p-synéphrine, un complément minceur

Certains compléments alimentaires peuvent aussi mettre en danger les consommateurs du fait même de leur composition. Le risque peut venir de doses trop fortes ou d'associations de composés « malheureuses » comme pour la p-synéphrine qui a cumulé les deux travers. Cette substance, obtenue à partir d'écorce d'orange amère, aussi connue sous le nom latin de Citrus aurentium, est vendue comme complément minceur.

Or, depuis 2009, l'Anses a reçu dix-huit signalements d'effets indésirables suite à sa consommation, et non des moindres : hyperphosphorémie, hépatiteshépatites, syndromesyndrome anxieux aigu, troubles digestifs, insuffisance rénaleinsuffisance rénale aiguë, tachycardietachycardie, bradycardiebradycardie, etc. Elle a donc rendu un avis indiquant que ces produits ne doivent pas dépasser une teneur de 20 mg en p-synéphrine, alors que certains montaient jusqu'à 72 mg, ni renfermer de la caféine« en raison de leurs effets cardiovasculaires cumulés, voire synergiques », comme c'était le cas jusque-là.