Des médecins essaient de mettre au point un vaccin personnalisé contre le cancer. © Spectral Design, Fotolia
Santé

Des médecins américains testent un vaccin personnalisé contre le cancer

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[EN VIDÉO] 5 questions sur l’immunothérapie  L’immunothérapie est un traitement visant à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme. Elle est de plus en plus utilisée dans la lutte contre le cancer mais aussi contre les maladies infectieuses. 

Des médecins américains travaillent sur un nouveau traitement contre le cancer : un vaccin personnalisé, préparé à base d'échantillons de la tumeur du patient, pour maximiser son efficacité. Pour le moment, seulement un essai clinique de phase I a été lancé, mais les résultats sont prometteurs.

À la clinique du Mont Sinaï à New York, un groupe de scientifiques travaille sur une nouvelle approche dans le traitement du cancer, un vaccin personnalisé et propre à chaque malade. Comme dans l'immunothérapie dirigée contre les cancers, le principe est de stimuler les effecteurs de l'immunité pour qu'ils reconnaissent la tumeur et la détruisent. Le problème est que les bénéfices de ces traitements sont très variables. Très efficaces chez certains, ils restent sans effet pour d'autres.

Pour contourner ce problème, les médecins de la clinique du Mont Sinaï étudient la possibilité de concevoir un vaccin à partir des peptides (des petites protéines) contenus dans la tumeur d'un patient. Ils planchent sur la question depuis 2018, où ils ont mis au point le protocole d'identification et de purification des peptides cancéreux. Depuis, un essai clinique de phase I a été lancé, et les résultats ont été présentés lors de la conférence annuelle de l'American Association for Cancer Research qui se tient jusqu'au 15 avril 2021. Les vaccins personnalisés, testés auprès de 13 personnes atteintes de cancer différents, semblent être bien tolérés et ont démontré une efficacité prometteuse.

De la tumeur au vaccin

Pour identifier les peptides les plus à même d'induire une réponse immunitaire robuste et efficace contre la tumeur, les scientifiques ont mis en place un protocole spécifique. La première étape consiste à regrouper une collection d'échantillons de la tumeur, ce qui signifie que le malade doit être en état pour subir des interventions médicales. L'ADN et l'ARN sont isolés des échantillons, puis séquencés. Grâce à ces données, les 15 peptides les plus intéressants sont sélectionnés par bio-informatique. Ils sont choisis en fonction de leur abondance dans la tumeur, mais aussi par rapport à leur affinité avec le CMH, la molécule nécessaire à leur prise en charge par les lymphocytes.

Les candidats sélectionnés sont créés en laboratoire et mélangés à un adjuvant, Poly-ICLC. C'est « un ARN double brin synthétique et stabilisé capable d'activer plusieurs récepteurs de l'immunité innée, faisant de lui l'adjuvant optimal pour induire une réponse immunitaire contre les antigènes des tumeurs », explique Nina Bhardwaj, cheffe du programme d'immunothérapie à la clinique du Mont Sinaï et responsable de l'essai clinique. Le vaccin personnalisé est alors prêt à être injecté.

Les étapes qui permettent d'obtenir un vaccin à partir de la tumeur d'un patient. © Alex Rubinsteyn et al. Frontiers in Immunology 2018

Des premiers résultats positifs

Les participants à l'essai clinique, 13 en tout, étaient atteints d'un carcinome touchant différents organes ou d'un myélome multiple, avec un risque important de rechute. Après avoir reçu les traitements usuels pour leur cancer, comme la chirurgie, les participants ont reçu dix doses de leur vaccin personnalisé durant six mois. Après un suivi moyen de 880 jours, soit deux ans et demi, les résultats sont encourageants. L'objectif principal de cet essai a été rempli : s'assurer que le vaccin soit bien toléré par les malades. Un tiers des participants ont éprouvé des symptômes mineurs au site d'injection.

Concernant l'efficacité, les résultats sont trop précoces pour la déterminer, mais quatre participants n'ont pas fait de rechute. Quatre autres patients sont décédés et un autre n'a pas voulu poursuivre le protocole. Les médecins ont pu observer la présence d'une réaction immunitaire propre au vaccin pour un des patients, dans deux autres cas la vaccination a permis d'améliorer l'efficacité d'un autre protocole d'immunothérapie anti-cancéreuse. Les scientifiques prévoient de mener cinq autres essais cliniques de phase I avec des personnes atteintes d'autres cancers, comme ceux de la vessie ou de la prostate.

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