Illustration d'une cellule cancéreuse attaquée par plusieurs lymphocytes T. © royaltystockphoto, Adobe Photo
Santé

L'immunothérapie, un nouveau traitement contre le cancer ?

Question/RéponseClassé sous :cancer , immunothérapie , immunothérapie active

L'immunothérapie se positionne comme une alternative à la chimiothérapie pour soigner les cancers. Cette approche thérapeutique, encore récente, est déjà appliquée sur un petit nombre de cancers mais se développe rapidement. Comment fonctionne-t-elle ?

À la différence de la chimiothérapie anticancéreuse, l'immunothérapie anticancéreuse ne se base pas sur des substances chimiques pour éliminer les cellules devenues cancéreuses. Elle consiste à mobiliser le système immunitaire et à focaliser son action contre les cellules qui prolifèrent de façon anarchique. Aujourd'hui, seules quelques immunothérapies disposent d'une autorisation de mise sur le marché, mais cette approche, encore jeune, tend à se développer et pourrait être appliquée à d'autres maladies, comme les maladies infectieuses. Pour connaître les autres enjeux de l'immunothérapie anticancéreuse, vous pouvez consulter la fiche « Immunothérapie, la nouvelle frontière ? » sur le site du Leem.

Comment fonctionne l'immunothérapie anticancéreuse ? Elle ne se focalise pas sur la cellule cancéreuse elle-même, mais sur toutes les cellules immunitaires impliquées dans la reconnaissance des cellules anormales et leur destruction.

Lorsqu'une cellule devient cancéreuse, elle exprime à sa surface des marqueurs qui indiquent au système immunitaire qu'elle est devenue maligne. Ce sont les antigènes tumoraux. Malheureusement, au cours de l'évolution des cellules, ces antigènes ne sont plus exprimés et ces cellules échappent à la vigilance du système immunitaire.

Le but est donc de « rallumer » et d'éduquer le système immunitaire pour qu'il s'attaque à ces cellules anormales. Pour ce faire, il existe plusieurs stratégies.

Les anticorps, l'immunothérapie anticancéreuse la plus prometteuse

Les anticorps monoclonaux dirigés contre les protéines PD-1 et PD-L1 sont les plus prometteurs. Le principe est simple. Les lymphocytes T possèdent une protéine « cadenas », PD-1, qui les empêchent de s'activer de façon anarchique et de provoquer des maladies auto-immunes, lorsqu'ils reconnaissent la bonne clé et que le cadenas est fermé. Or, certaines cellules cancéreuses expriment cette fameuse clé, PD-L1 et empêchent donc les lymphocytes T de faire leur travail lorsqu'ils sont à leur contact.

Les anticorps monoclonaux, appelés inhibiteurs de checkpoints, sont conçus de façon à ce que la clé n'entre plus dans le cadenas. Ainsi, les anticorps anti-PD-1 empêchent la clé située sur la cellule cancéreuse de fermer le cadenas, et les anticorps anti-PD-L1 bloquent l'entrée du cadenas. Le lymphocyte T reste actif et peut détruire la cellule tumorale dans les deux cas.

Deux anticorps anti-PD-1 et deux anticorps anti-PD-L1 sont disponibles sur le marché en France. Il s'agit du Nivolumab et du Pembrolizumab (anti-PD-1) ainsi que de l'Atezolizumab et de l'Avelumab (anti-PD-L1).

Schéma qui reprend le fonctionnement des anticorps anti-Pd-1 et anti-PD-L1 dans le cadre de l'immunité anticancéreuse. © Leem

L'immunothérapie anticancéreuse agit aussi sur les cellules de l’immunité

Une autre stratégie consiste à renforcer les armes du système immunitaire en modifiant des lymphocytes T du patient par génie génétique. Ils sont modifiés pour exprimer des récepteurs spécifiques qui reconnaissent les antigènes tumoraux. Ainsi boostés, on les appelle les « CAR-T cells ». Les CAR-T cells sont réinjectés en grande quantité au patient où ils détruisent les cellules cancéreuses. Cette approche thérapeutique est notamment utilisée pour soigner les leucémies infantiles et certains lymphomes de l'adulte.

Enfin, il y a les vaccins thérapeutiques. Le but de cette vaccination est de diriger spécifiquement l'immunité contre les cellules cancéreuses. Chaque vaccin est personnalisé et adapté au cancer du patient. Pour le moment, un seul vaccin anti-cancer est commercialisé, le Sipuleucel-T, qui s'attaque au cancer de la prostate

Les cellules dendritiques du malade sont prélevées et mises en contact avec un antigène présent dans 95 % des cancers prostatiques. Elles sont ensuite réinjectées et iront stimuler les lymphocytes T cytotoxiques pour qu'ils aillent détruire spécifiquement les cellules exprimant l'antigène tumoral.

L'immunothérapie anticancéreuse est encore récente et nécessite des ajustements. Les réponses à ces traitements sont difficiles à prévoir. En effet, la modulation du système immunitaire peut induire des réponses excessives qui provoqueront des dégâts ou, au contraire peut n'avoir aucun effet, selon le patient. De nombreux défis sont encore à relever. 

Article réalisé en partenariat avec les équipes du Leem

  • L'immunothérapie se base sur le système immunitaire pour détruire les cellules cancéreuses.
  • Il existe plusieurs approches : 
  • les anticorps inhibiteurs de checkpoint (anti-PD-1 et anti-PD-L1) ;
  • les CAR T cells ;
  • la vaccination anti-cancéreuse.
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