Selon une nouvelle étude d'observation d'envergure, il n'existerait aucune corrélation entre la consommation d'œufs, le taux de cholestérol sanguin et les maladies cardiovasculaires.

Cela vous intéressera aussi

C'est d'une nouvelle grande étude d'observation que proviennent ces résultats. Après avoir essuyé plusieurs polémiques, on sait que la consommation moyenne d'œufs n'augmente ni notre taux de cholestérol sanguin de manière significative ni notre risque relatif de souffrir d'une pathologiepathologie ou d'un évènement cardiaque. Cette étude d'envergure, analysant les données de plus de 177.000 personnes dans plus de 50 pays, vient enfoncer le clou de manière presque définitive. 

Il faut mettre en évidence un phénomène avant d'en chercher la cause

C'est la base de la méthode scientifique : avant de chercher la cause d'un phénomène quelconque, il faut d'abord démontrer que ledit phénomène existe. Or, toutes les études qui cherchent à montrer de potentiels mécanismes causaux entre jaune d'œuf et cholestérolcholestérol ou maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires vont un peu vite en besogne. Une grande majorité des études d'observation mettent en évidence qu'avec une consommation raisonnable (entre 0,2 et 12,5 œufs par semaine), il n'existe pas d'associations entre cette dernière, le taux de transporteurs du cholestérol (les lipoprotéineslipoprotéines que l'on appelle par abus de langage, bon ou mauvais cholestérol) ou l'incidenceincidence des maladies cardiovasculaires. Arrêtons donc de chercher la cause d'un phénomène qui ne semble pas exister. La consommation moyenne d'acides gras saturés, de cholestérol alimentaire ou d'œufs n'est pas corrélée à ces paramètres. La nouveauté de cette étude a été de mesurer cela chez différentes ethnies (Europe et Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique, Moyen-Orient, Asie). Et les résultats sont unanimes : aucune des cohortescohortes ne révèle d'association entre la consommation d'œufs (variant de moins d'un par semaine à sept œufs ou plus par semaine), le taux de lipideslipides sanguin et les maladies cardiovasculaires

On peut intégrer, raisonnablement, des œufs dans son alimentation quotidienne, sans craindre pour sa santé cardiovasculaire. © komokvm, Adobe Stock
On peut intégrer, raisonnablement, des œufs dans son alimentation quotidienne, sans craindre pour sa santé cardiovasculaire. © komokvm, Adobe Stock

N'ayez plus peur des œufs

Il ne faut pas voir ici l'apologie d'une consommation débridée d'œufs. Le message est tout simplement qu'ils peuvent faire partie d'une alimentation équilibrée et être consommés quotidiennement et raisonnablement sans craindre pour sa santé si l'on suit un mode de vie globalement sain. En France, on peut encore constater, dans certains services de cardiologie, des conseils diététiques visant à réduire la consommation d'œufs à deux par semaine alors que prodiguer un régime méditerranéen serait nettement plus approprié (et utile pour le patient).

Finalement, ce qu'il faut retenir de ce long mythe qui unissait œufs, cholestérol sanguin et maladies cardiovasculaires est qu'il faut mettre en évidence un phénomène avant d'en chercher la cause. Si le phénomène est mis en évidence par des corrélations solidessolides (comme pour le tabac), on peut commencer à chercher des mécanismes causaux. Si ce n'est pas le cas (comme pour l'homéopathie), on n'a pas à chercher d'explication concernant quelque chose qui n'existe vraisemblablement pas. 


Cholestérol : le jaune d’œuf presque aussi mauvais que le tabac

Par Janlou Chaput le 21/08/2012

On savait le tabac nocif pour les artèresartères. Le jaune d'œuf serait presque aussi dangereux. Il favoriserait en effet la formation de plaques d'athéromeathérome dans les vaisseaux sanguins, à l'origine d'infarctus et d'AVCAVC, surtout à partir de la quarantaine.

Le jaune d'œuf s'appelle aussi le vitellus. Il contient tous les éléments pour alimenter le poussin pendant sa gestation et les premières heures de sa vie hors de sa coquille, avant qu'il ne commence à picorer. Il est donc riche en éléments nutritifs, et le cholestérol ne fait pas exception ! © Joao Estevao A. de Freitas, Wikipédia, DP
Le jaune d'œuf s'appelle aussi le vitellus. Il contient tous les éléments pour alimenter le poussin pendant sa gestation et les premières heures de sa vie hors de sa coquille, avant qu'il ne commence à picorer. Il est donc riche en éléments nutritifs, et le cholestérol ne fait pas exception ! © Joao Estevao A. de Freitas, Wikipédia, DP

Le jaune d'œuf est un aliment riche. Et pour cause : il est censé nourrir le poussin pendant sa gestationgestation à l'intérieur de la coquillecoquille. Riche en oméga-3, en protéinesprotéines ou en antioxydantsantioxydants, il contient également beaucoup de cholestérol (200 mg en moyenne). Or il est conseillé de ne pas dépasser les 300 mg par jour.

De précédentes recherches tendaient à rassurer, prouvant que la consommation de jaune d'œuf n'a pas d'influence sur les taux de cholestérol circulant. Alors peut-on le manger sans modération ? Une nouvelle étude publiée dans Atherosclerosis vient rompre cet optimisme et démontre qu'il a un impact néfaste sur la santé des artères, et donc la santé en général !

Le jeune d’œuf, fournisseur de plaques d’athérome

Les chercheurs de l'University of Western Ontario (Canada) ne se sont pas focalisés sur le cholestérol sanguin mais plutôt sur ses conséquences directes dans l'organisme : les plaques d'athérome. Elles correspondent à des amas de graisse obstruant les vaisseaux, diminuant le débitdébit sanguin ou le bloquant entièrement, allant jusqu'à causer des infarctus ou des accidentsaccidents vasculaires cérébraux (AVC).

À l'aide d'une échographieéchographie, les mesures des plaques d'athérome totales dans l'artère carotide (au niveau du cou), de 1.262 patients, (47 % de femmes) ont été effectuées. En parallèle, les volontaires, âgés de 61 ans en moyenne, ont répondu à des questionnaires portant sur leur mode de vie, la prise de médicament, leur consommation de tabac et bien sûr de jaunes d'œuf.

Les jaunes d'œuf se retrouvent dans beaucoup d'aliments : pâtisseries, panures, ou encore sauces. Personnes à risques, veillez à ne pas en manger trop ! © Zasypkyn, <a target="_blank" href="http://bit.ly/Kh6tfi">StockFreeImages.com</a>
Les jaunes d'œuf se retrouvent dans beaucoup d'aliments : pâtisseries, panures, ou encore sauces. Personnes à risques, veillez à ne pas en manger trop ! © Zasypkyn, StockFreeImages.com

L'analyse des résultats montre que les dégâts vasculaires causés par l'aliment correspondent aux deux tiers de ceux engendrés par la cigarette pour au moins trois œufs avalés par semaine. C'est à partir de 40 ans environ que l'athérosclérose s'accélère et que la détérioration devient plus importante. Des données observées globalement, même lorsque les principaux facteurs de risquefacteurs de risque (âge, IMCIMC, tension artérielletension artérielle, diabètediabète) ont été ajustés. Cependant, l'activité physiquephysique ou le tour de taille n'ont pas été pris en compte dans cette étude et pourraient avoir une influence.

Autrement dit, ce travail contredit les analyses précédentes qui écartaient la menace des œufs pour les taux de cholestérol. Il semblerait qu'une simple analyse de sang ne suffise pas à déterminer l'impact sur la santé.

Le cholestérol vu par photographie numérique

Une autre étude nous apprend que l'on pourrait se passer des piqûres pour estimer la cholestérolémie. Des scientifiques du Sree Sastha Institute of Engineering and Technology en Inde viennent de prouver qu'il est possible de remplacer la prise de sang... par une photographiephotographie de l'arrière de la main.

Ils expliquent dans le Journal of Medical Engineering and Informatics que le cholestérol se concentre dans les plis des doigts. Une photo capturée par un appareil numériquenumérique est comparée par informatique à des millions de clichés regroupés dans une base de donnéesbase de données et faisant office d'étalon.

L'analyse ne renseigne que sur la valeur totale de cholestérol et non sur le détail et les différents composants (bon cholestérol ou mauvais). Pour les personnes présentant des taux élevés, la prise de sang s'impose de manière à analyser plus précisément l'échantillon. Dans le cas contraire, pas la peine d'insister : le patient n'a pas besoin d'examen supplémentaire !

Non-invasive method of detection of cholesterol using image processing

Egg yolk consumption and carotid plaque