Santé

Après le mauvais cholestérol, l’ultramauvais cholestérol !

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Une forme modifiée de mauvais cholestérol (le MG-LDL) a été identifiée et surnommée l'« ultramauvais cholestérol », pour sa dangerosité exacerbée. Il est en effet accusé de boucher encore plus facilement les artères et d'être à l'origine de graves maladies cardiovasculaires chez les personnes âgées ou souffrant de diabète.

Le cholestérol est transporté dans le sang par des particules, qui sont surnommées bon, mauvais ou ultramauvais cholestérol. © RedAndr, Wikimedia, GFDL 1.2
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On connaissait déjà le bon (HDL pour high density lipoprotein) et le mauvais (LDL pour low density lipoprotein) cholestérol. On connait aussi désormais l'ultramauvais cholestérol ! Le mécanisme d'action de cette particule lipidique, nouvellement identifiée, vient en effet d'être appréhendé par une équipe de l'Université de Warwick, qui a découvert le lien entre sa présence et l'augmentation des risques de maladies cardiovasculaires chez certaines populations.

L'ultramauvais cholestérol n'est autre que le mauvais cholestérol, mais légèrement modifié. Plus qu'une simple molécule lipidique, le LDL, issu de la production de VLDL (very low density lipoprotein) par le foie, correspond à un ensemble de lipoprotéines (des protéines liées à des graisses) assemblées transportant dans l'organisme le cholestérol vers les cellules qui en ont besoin (notamment pour fabriquer leur membrane cellulaire ou pour produire des hormones stéroïdiennes). Si les LDL sont en excès dans la circulation sanguine, ils peuvent alors s'accumuler directement sur les parois des vaisseaux sanguins et former les dangereuses plaques d’athérome à l'origine de graves problèmes cardiovasculaires.

Un risque pour les diabétiques et les personnes âgées

En plus de ce premier risque, le LDL peut se transformer en une forme encore plus dangereuse. Voilà notre ultramauvais cholestérol. Pour cela, il doit être glyqué (un sucre y est ajouté) par un dangereux produit dérivé des voies métaboliques : le méthylglyoxal. Ce sucre (qui correspond à la forme aldéhyde de l'acide pyruvique) est généralement rapidement éliminé par l'organisme, mais est retrouvé en quantités plus abondantes chez les personnes atteintes de diabète de type 2 et chez les personnes âgées. Chez elles, le méthylglyoxal peut ainsi parvenir à se fixer sur les résidus arginine des lipoprotéines contenues dans les particules de mauvais cholestérol, pour créer le methylglyoxal-low density lipoprotein aussi appelé MG-LDL.

Les particules de LDL renferment du cholestérol et peuvent être modifiées en ultramauvais cholestérol par fixation d'un sucre sur les lipoprotéines. © DR

Pour en savoir plus son potentiel athérogénique (sa capacité à former des plaques d'athérome), des chercheurs financés par la British Heart Foundation ont recréé cette particule in vitro à partir de LDL extraits chez des patients, auxquels du méthylglyoxal a été ajouté artificiellement. Leurs propriétés biochimiques et leurs interactions potentielles avec d'autres constituants biologiques ont ensuite été analysées en détails.

C'est ainsi que les scientifiques ont constaté un changement de forme des particules LDL, devenues plus petites et plus denses suite à la glycation. In vitro (en culture cellulaire), ces MG-LDL semblent plus aptes à s'agréger entre elles et se fixent également plus facilement que les LDL non modifiées sur des surfaces formées de protéoglycanes. In vivo, ces particules montrent également des capacités à se fixer davantage sur les parois des artères des rats.

De nouveaux traitements anticholestérol ?

Ces propriétés semblent être dues à une modification de la structurale globale des particules de LDL (prédite par ordinateur) due à la présence du méthylglyoxal, où d'autres structures moléculaires sont désormais exposées en surface de la sphère. Correspondant au domaine protéique de liaison aux protéoglycanes, ces régions nouvellement exposées sont actives et permettent donc de fixer les particules avec plus d'efficacité sur les parois des artères, en partie formées de protéoglycanes.

Ces découvertes, publiées dans la revue Diabetes, permettent de comprendre comment les MG-LDL participent à l'augmentation des taux d'infarctus et d'AVC chez les diabétiques de type 2 et chez les personnes âgées. Elles permettent aussi et surtout d'imaginer le développement de nouveaux traitements qui cibleraient ces MG-LDL ou en inhiberaient la formation.

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