Alors que nous avons tous rangé les masques avec soulagement il y a quelques mois à peine, l’Académie nationale de médecine a publié un communique le mercredi 2 novembre 2022 intitulé « Quand le masque redevient nécessaire ». Pourquoi ? Faut-il s’inquiéter ?

L'objectif du masque chirurgical est de protéger les personnes se situant autour de la personne masquée et potentiellement contaminée par un virus respiratoire. En effet, ces virus se transmettent essentiellement par les projections émises par les personnes infectées par la bouche et par le neznez : en éternuant bien sûr mais aussi en parlant ou en riant.

Si nous avons pris l'habitude de porter des masques avec l'épidémieépidémie de coronaviruscoronavirus, celui-ci ne nous protège pas seulement du SARS-CoV-2 ! Il fait barrage à tous les virus respiratoires avec la même efficacité, notamment au virus de la grippevirus de la grippe et à celui de la bronchiolitebronchiolite. Les masques FFP2 ont quant à eux l'avantage de protéger aussi la personne qui le porteporte.

Un contexte épidémique hivernal

L'Académie nationale de médecine rappelle dans son communiqué le contexte actuel en France. La Covid-19 surfe sur une huitième vague épidémique, dont le niveau est élevé et semble se stabiliser sur un plateau haut. La grippe saisonnière a démarré plus tôt que prévu et s'annonce importante. La bronchiolite s'est également installée sur le territoire, saturant déjà les services pédiatriques hospitaliers.

Voir aussi

Vaccin contre la bronchiolite : Pfizer annonce des résultats très prometteurs sur les bébés

En 2020-2021, les gestes barrières étaient strictement appliqués par la population. Durant cet hiver-là, l'épidémie de grippe saisonnière habituelle n'a pas eu lieu et les cas de bronchiolite ont connu un niveau historiquement bas. En revanche, en 2021-2022, le virus de la grippe était bien présent tandis que celui du SARS-CoV-2 n'avait pas disparu. De très nombreux cas de co-contamination Covid-grippe ont été rapportés. Ces co-contaminations étaient associées à un risque plus élevé de forme sévère, voire de décès.

L'Académie nationale de médecine émet des recommandations pour éviter la saturation des hôpitaux cet hiver. © Chokchaipoo, Adobe Stock
L'Académie nationale de médecine émet des recommandations pour éviter la saturation des hôpitaux cet hiver. © Chokchaipoo, Adobe Stock

Un contexte hospitalier déjà saturé

L'Académie nationale de médecine s'inquiète de voir augmenter d'une part la sévérité des cas et d'autre part, leur nombre. En effet, les services hospitaliers sont déjà saturés. Tous les hôpitaux ou presque manquent de personnel soignant. Notre système de santé sera-t-il capable d'absorber une nouvelle vaguevague d'hospitalisations ?

Des mesures simples pour échapper au burn-out de l’hôpital

Le constat est simple : pour maintenir un accueil et une prise en charge satisfaisante des patients à l'hôpital, il faut qu'un nombre limité de personnes y soient admises. Au delà du confort individuel, il faut donc tout faire pour que les personnes à risque de faire une forme grave de grippe ou de covid-19 ne tombent pas malades cet hiverhiver. Pour cela, l'Académie recommande :

  • le port d'un masque FFP2 dans les lieux publics clos pour les personnes fragiles (y compris les femmes enceintes), l'entourage des personnes fragiles et les soignants ;
  • le port du masque chirurgical pour tout le monde dans les lieux publics clos (hôpitaux, pharmacies, transport en commun...) ;
  • l'utilisation systématique de gelgel hydroalcoolique dans les lieux publics.