Orages, neige, tempête, fortes pluies… Pour tous ces phénomènes météo, des alertes peuvent être émises plusieurs heures à plusieurs jours en avance. Mais, en France, aucune alerte aux tornades n’existe alors même que notre pays est touché par 10 à 50 tornades en moyenne par an. Alors, est-il possible de prévoir une tornade ?

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[EN VIDÉO] Une puissante tornade recréée par ordinateur Préoccupés par les centaines de tornades qui tourmentent le centre des États-Unis chaque année, les chercheurs de ce pays tentent de mieux comprendre la formation de ces monstres dévastateurs. Des scientifiques ont reconstitué avec un supercalculateur la tornade « El Reno », une des plus puissantes jamais observées, qui a frappé l’Oklahoma le 24 mai 2011. Elle détruisit tout sur son passage sur plus de 100 km durant près de deux heures… Grâce à cette simulation, on repère mieux les phénomènes à l'œuvre.

Très peu d'organismes météométéo se risquent à effectuer des prévisions concernant les tornadestornades en France. La prévision des tornades est en effet très difficile : on peut prévoir un risque de tornades en fonction des caractéristiques de l'atmosphèreatmosphère dans une situation orageuse, mais on ne peut pas annoncer qu'une tornade va se produire avec certitude sur un lieu donné. Tout ce que les météorologuesmétéorologues peuvent annoncer, c'est le potentiel pour une situation propice aux tornades.

Pour prévoir une tornade, il faut déjà pouvoir prévoir les orages sur une zone précise : le tourbillon se forme sous l'orage, mais les orages sont des phénomènes localisés. Les alertes aux orages courent d'ailleurs une zone assez vaste, à l'échelle d'un département, avec un risque parfois envisagé sur une partie de ce département lorsque la situation météo est bien anticipée. Mais ce risque orageux réserve toujours des surprises, et il arrive parfois que des orages très violents se forment sur des zones où ils n'étaient pas prévus. Parmi tous les orages qui peuvent se produire, les plus puissants sont les supercellules : ce sont eux qui sont le plus souvent à l'origine des tornades. Lancer une alerte pour des orages violents est presque toujours synonyme d'un risque de tornades.  

En France, la prévision des tornades est à ses débuts

La plupart des modèles météorologiques effectuent des prévisions à une échelle de 1 à 15 kilomètres. Le problème est qu'une tornade est un phénomène minuscule à l'échelle météo : en France, elles ont souvent une largeur de quelques mètres à quelques dizaines de mètres, plus rarement quelques centaines de mètres. Elles sont également très éphémères, la plupart ne durent que quelques secondes à quelques minutes. Pour émettre un « potentiel tornadique » au sein d'une situation orageuse, les modèles météo font des calculs en fonction de l'instabilité de l'atmosphère, du taux d'humidité, de la différence de température entre le sol et l'airair et surtout du cisaillement des vents. La différence de vitessevitesse et de direction des ventsvents à diverses altitudes donne des indications plus claires sur le risque de développement de phénomènes tourbillonnaires sous un orage.

En France, le résultat de ces prévisions de tornades reste assez aléatoire et la plupart des grands organismes météo se refusent à en parler sur leurs cartes. Un organisme plus spécialisé, Keraunos, l'observatoire français des tornades et orages violents, émet des cartes de risque de tornade lors des situations orageuses. La science progresse dans ce domaine et la prévision de ce danger, sur une zone plus ou moins large (département ou région), s'améliore tout de même chaque année.  

Aux États-Unis, des alertes précises 15 minutes avant

Aux États-Unis, pays du monde où se produisent la majorité des tornades (plus de 1 000 par an), des alertes aux tornades sont émises régulièrement : il s'agit des Tornado Watch émises un à deux jours avant l'événement. Ces alertes, faisant état d'une situation à risque assez vaste, sont établies à partir des données collectées par les radars Dopplerradars Doppler, outil des météorologues américains, mais aussi des chasseurs de tornades. Ces radars très coûteux sont présents tous les 50 kilomètres en moyenne dans les États américains souvent touchés par les tornades. Ils permettent de détecter la quantité de précipitationsprécipitations sous un orage, leur vitesse, les variations de vents, et la rotation ou non d'une partie du nuage d'orage (le mésocyclone, soit les prémices d'une tornade). Sur ces radars, la présence d'un hook echo (écho en crochet) au sud du nuage d'orage témoigne d'une zone de rotation, et donc d'une tornade.

Les données satellitaires, les caméras infrarougesinfrarouges et les fuséesfusées téléguidées lancées à travers le nuage d'orage permettent également de préciser la formation d'une tornade ou non. La détection d'une tornade mène alors à une alerte de niveau supérieur, le Tornado Warning qui indique aux habitants de se mettre à l'abri immédiatement. Cependant, cette détection n'est possible que quelques minutes avant l'arrivée de la tornade, en moyenne 13 minutes avant selon la National oceanic and atmospheric administration (NOAA).