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Abeilles : maladies et prédateurs

Dossier - L'abeille, sentinelle écologique
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Depuis la nuit des temps, l'abeille nous fascine par ses facultés à produire une substance naturelle qui enchante notre palais et entretient les légendes : le miel. La vie de cet insecte est passionnante. Indispensable à l'équilibre des écosystèmes, l'abeille mérite toute notre attention.

  
DossiersL'abeille, sentinelle écologique
 

Comme pour les autres espèces animales, les principales maladies qui affectent les abeilles sont d'origine parasitaire, bactérienne ou virale. Elles peuvent tout aussi bien toucher le couvain que les insectes adultes. Les plus répandues et les plus dangereuses pour les colonies sont les loques, l'acariose, la varroase et la nosémose. Extrêmement contagieuses, elles sont soumises à des dispositions légales sous la tutelle des services vétérinaires de nombreux pays.

Quelles maladies et quels prédateurs peuvent toucher les abeilles ? Ici, Varroa destructor mâle. © Gilles San Martin, CC by-sa 2.0

Varroase, acariose, nosémose, loque et ascosphérose

  • La varroase est provoquée par un acarien externe (Varroa jacobsoni) qui parasite tous les individus de la colonie sans distinction.
  • L'acariose est également due à un parasite (Acarapis woodi) qui se nourrit de l'hémolymphe des insectes.
  • La nosémose (Nosema apis et Nosema ceranae) est causée par un protozoaire qui phagocyte les abeilles adultes.
  • La loque américaine (Paenibacillus larvae), appelée aussi « loque puante » ou « pourriture du couvain », provient d'un bacille infectant les larves.
  • La loque européenne (Streptococcus pluton) provoque des effets similaires.
  • L'ascosphérose (Ascosphaera apis) est une mycose qui décime les larves du couvain en les momifiant. Celles-ci durcissent en conservant leur forme et deviennent cassantes. Cette parasitose est encore appelée « maladie du couvain plâtré » ou « maladie du couvain calcifié ».

Les abeilles peuvent également être atteintes par un virus sclérosant, déformant ou paralysant, ou victimes de prédateurs. Pour réduire le risque d'intrusion de grands animaux (rongeurs, lézards ou sphinx), certains apiculteurs ont protégé les accès des ruches (au niveau des planches d'envol) avec des grilles métalliques percées par des ouvertures juste assez larges pour laisser passer les hyménoptères.

Parasite Acarapis woodi. © DP

Mais le risque sanitaire le plus sérieux consiste en l'emploi par l'Homme d'insecticides systémiques pour traiter les semences. Deux substances actives, l'imidaclopride contenu dans le Gaucho et le fipronil du Régent, sont soupçonnées d'être liées à la mortalité et à la désorientation des butineuses. À titre préventif, les produits incriminés sont interdits d'utilisation en France. Des décrets parus dans le Journal Officiel garantissent le respect de ces dispositions (source : Cité des Sciences).

Cette triste réalité nous amène à reconsidérer sérieusement la place de l'abeille dans l'écosystèmeEn effet, ces hyménoptères assurent la pollinisation de 80 % des espèces végétales de notre planète, et la production de 84 % des espèces cultivées en Europe. Les populations sont en déclin un peu partout à cause de l'urbanisation, du remembrement et de la raréfaction des plantes qui procurent le nectar et le pollenLe déclin des plantes mellifères est dû principalement à l'expansion des monocultures et à l'épandage inconsidéré d'herbicides, d'insecticides et autres fongicides.

Apis mellifera mellifera. © Reproduction et utilisation interdites

Pour sauver les pollinisateurs, l'Europe a mis en place un programme, de 2004 à 2009, ayant pour but d'évaluer les risques encourus par la biodiversité terrestre et aquatique. Le projet Alarm (Assessing Large-scale environmental Risks for biodiversity tested Methods) comprenait quatre modules chargés d'étudier les effets des changements climatiques, de l'emploi des produits chimiques, l'impact sur nos écosystèmes des espèces invasives, et l'incidence des pollinisateurs. Les chercheurs de l'Inra étaient partenaires du groupe « pollinisateurs » et chargés d'évaluer l'impact agronomique et économique de l'évolution des populations de pollinisateurs sur l'agriculture de l'Union européenne (source Inra).