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Vie des abeilles

Dossier - L'abeille, sentinelle écologique
DossierClassé sous :zoologie , abeille domestique , animaux

Depuis la nuit des temps, l'abeille nous fascine par ses facultés à produire une substance naturelle qui enchante notre palais et entretient les légendes : le miel. La vie de cet insecte est passionnante. Indispensable à l'équilibre des écosystèmes, l'abeille mérite toute notre attention.

  
DossiersL'abeille, sentinelle écologique
 

La vie de l'abeille commence lorsque la reine pond un œuf fécondé dans une alvéole. Mais à quoi ressemble ensuite la vie des abeilles ? Quels sont les différents types d'abeilles ?

La reine pond un œuf fécondé dans une alvéole. La larve qui s'est formée trois ou quatre jours plus tard est tout d'abord nourrie par une substance sécrétée par les glandes nourricières des ouvrières (la gelée royale), puis par un mélange de miel et de pollen.

À quoi ressemble la vie des abeilles ? © kesipun, Fotolia

Dix jours après, lorsque la larve a terminé sa croissance et commence à s'envelopper dans un cocon, l'alvéole est operculée à l'aide de cire. Douze jours s'écouleront encore jusqu'à ce qu'une jeune abeille totalement formée quitte sa cellule. Elle aura alors atteint sa taille et son aspect définitifs.

Nid expérimental artificiel abritant deux nymphes ouvrières d'abeilles Evylaeus albipes. © Plateaux Véronique, CNRS laboratoire : URA1293 ; CNRS, photothèque, reproduction et utilisation interdites

Toute l'existence de l'abeille est organisée selon un schéma immuable, et le statut de chaque insecte est défini dès sa conception : reine, ouvrière ou faux-bourdon.

La reine

Produite au printemps pour remplacer une mère en fin de vie ou pour un essaimage, la reine est issue d'un œuf fécondé qui a été pondu dans une alvéole plus grande que les autres, et ronde, au contraire des cellules communes qui sont hexagonales. Durant toute sa croissance, la larve sera exclusivement nourrie de gelée royale.

C'est ce régime particulier qui lui permettra de devenir reine. Son développement sera plus rapide de près de cinq jours par rapport à celui des ouvrières ; elle se distinguera de ces dernières par un abdomen plus long et par une raréfaction des poils. Sept jours après son achèvement, la jeune reine effectuera des vols nuptiaux et s'accouplera avec plusieurs mâles pour assurer la diversité génétique. Elle conservera cette semence dans une spermathèque, et restera ainsi féconde pour le restant de ses quatre ou cinq années de vie.

Pollen de Labiatae au microscope optique. Il est héxacolpé (six sillons). © Sémah, Anne-Marie, reproduction et utilisation interdites

Les faux-bourdons

Les faux-bourdons, plus gros que les ouvrières et dépourvus de dard, sont produits durant le printemps. Leur organe buccal étant atrophié, ils ne peuvent se nourrir et dépendent entièrement des ouvrières pour l'alimentation. Ce handicap les exclut des travaux de la ruche. Leur rôle se limite à la fécondation des jeunes reines, et ceux qui se sont accouplés meurent peu de temps après.

Pour les autres faux-bourdons, à l'arrivée de l'automne, s'opère une régulation démographique indispensable à la survie de la colonie. Ceux-ci étant devenus inutiles, les ouvrières cessent de les nourrir et les rejettent impitoyablement de la ruche. Affamés et affaiblis, ils périssent rapidement.

Les ouvrières

Les ouvrières, quant à elles, se répartissent en deux groupes : ouvrières d'été et ouvrières d'hiver. Les premières apparaissent au printemps et les dernières générations naissent au début de l'automne. Leur évolution suit un véritable plan de carrière dans lequel la fonction de l'ouvrière est définie par avance.

Abeille sociale (Apis mellifera mellifera). © Reproduction et utilisation interdites

Pendant les quatre premiers jours de son stade adulte, période nécessaire au développement de ses glandes nourricières, elle sera chargée de la préparation des alvéoles dans lesquelles seront déposés les œufs. Puis, elle deviendra nourrice et alimentera les larves avec de la gelée royale qu'elle fabriquera et régurgitera. À partir du dixième jour, l'abeille deviendra « bonne à tout faire ». Elle passera indifféremment du stade de magasinière en mettant en réserve les récoltes de nectar et de pollen, à « ventileuse », contribuant à l'évaporation de l'eau excédentaire contenue dans le nectar. Elle sera également chargée de l'operculation des cellules et de l'entretien de la colonie (évacuation des déchets). Durant cette période, elle effectuera ses premiers vols autour de la ruche et apprendra à s'orienter.

Puis, alors que ses glandes nourricières se seront atrophiées au profit des glandes cirières, elle sera mise à contribution pour la construction et la réparation des rayons, la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, la régulation thermique de la ruche et la défense de celle-ci contre les importuns et les prédateurs. À partir du vingtième jour, elle adoptera la fonction de butineuse jusqu'à la fin de sa brève existence, qui n'excédera pas six semaines. Elle approvisionnera alors la ruche en nectar, en pollen, en propolis, en miellat ou en eau. Généralement, la butineuse meurt d'épuisement lors d'un dernier vol d'approvisionnement.

L'ouvrière d'hiver a des fonctions identiques à celles de ses sœurs estivales pendant les premiers jours de sa vie, mais, à compter du vingtième jour, au lieu de quitter la ruche pour aller butiner, elle y reste confinée. Elle se consacrera pendant cinq à six mois à maintenir l'essaim en bon état pour lui permettre de franchir sans problèmes la saison froide. Enfin, un peu avant l'arrivée du printemps, elle œuvrera à la préparation de la naissance des nouvelles générations.