Planète

Communication chez les abeilles

Dossier - L'abeille, sentinelle écologique
DossierClassé sous :zoologie , abeille domestique , animaux

Depuis la nuit des temps, l'abeille nous fascine par ses facultés à produire une substance naturelle qui enchante notre palais et entretient les légendes : le miel. La vie de cet insecte est passionnante. Indispensable à l'équilibre des écosystèmes, l'abeille mérite toute notre attention.

  
DossiersL'abeille, sentinelle écologique
 

La communication est l'élément qui permet de maintenir la cohésion de la colonie et qui permet de coordonner les actions des insectes. Chez les abeilles, elle revêt trois aspects : les phéromones, les contacts antennaires et les danses.

Comment fonctionne la communication chez les abeilles ? © Oldiefan, CCO

Les phéromones

Les phéromones sont des substances chimiques émises par de nombreux animaux et qui agissent comme des messages olfactifs sur des individus de la même espèce. Les mammifères et les reptiles captent ces odeurs par l'intermédiaire d'un organe voméro-nasal (organe de Jacobson) situé sous la surface intérieure du nez, tandis que les insectes les captent grâce aux antennes. Chez les abeilles, les phéromones sont dispensées par une glande spécifique (glande de Nasanov), située sur la face dorsale de l'abdomen. Les substances émises ont de nombreuses fonctions. Elles peuvent agir sur le comportement (phéromones incitatrices) ou sur la biologie (phéromones modificatrices) :

  •  Les phéromones de territoire ou de marquage servent à délimiter l'environnement dans lequel évolue une colonie.
  • Les phéromones d'alarme sont libérées en cas d'agression et permettent de coordonner la fuite des butineuses ou l'attaque du prédateur. Elles sont également utilisées pour battre le rappel des insectes égarés ou les ouvrières effectuant leurs premiers vols de reconnaissance.
  • Les phéromones sexuelles indiquent la disponibilité des femelles (jeunes reines) à être fécondées.
  • Les phéromones royales de la reine ont plusieurs origines et diverses utilités. Celles produites par les glandes mandibulaires, aisément dispersées au sein de la ruche par échange de nourriture, inhibent les abeilles en empêchant la construction d'autres alvéoles royales, et donc l'essaimage, et bloquent le fonctionnement ovarien des ouvrières.

Les contacts antennaires

Les contacts antennaires sont principalement utilisés lors des échanges de nourriture. Une butineuse ayant collecté du nectar le conserve dans son jabot. Arrivée à la ruche, elle le régurgite et le transmet à une autre abeille qui ira le stocker. Cet échange est la trophallaxie.

L'hyménoptère qui recueille le nectar place ses antennes entre les mandibules de la butineuse pour la solliciter et étend sa langue. La butineuse répond à la demande par des mouvements d'antennes spécifiques et régurgite le nectar. D'autres mouvements d'antennes indiquent la fin de l'échange.

Les danses

En revenant à la ruche, une butineuse qui a découvert une source importante de nourriture indique sa trouvaille aux autres abeilles en dansant. Selon la proximité ou l'éloignement de la zone d'approvisionnement, elle effectuera des chorégraphies différentes tout en battant des ailes. Ce bourdonnement particulier est associé à la diffusion de l'odeur du nectar dont l'abeille a rapporté un échantillon.

Lorsque la source de nectar est proche, l'abeille effectue une « danse en rond ». Elle exécute une « danse frétillante » quand la source d'alimentation est plus éloignée.

Les chorégraphies sont associées à de multiples contacts antennaires qui permettent aux autres butineuses d'identifier le type de fleurs à exploiter. Au fur et à mesure que le soleil tourne, la danseuse modifie l'angle de son ballet.