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Chameau sauvage de Tartarie

DéfinitionClassé sous :zoologie , camélidé , chameau
Troupeau de chameaux sauvages en Mongolie. © Doron, Wikipédia, GFDL Version 1.2

Chameau sauvage de Tartarie  (Przewalski 1878) – Camelus ferus

  • Ordre : Artiodactyla
  • Famille : Camelidae
  • Genre : Camelus
  • Taille : 2,25 à 3,50 m - hauteur à la bosse 1,80 à 2,30 m - longueur de la queue 0,35 à 0,55 m
  • Poids : 525 à 725 kg 
  • Longévité : 40 ans
  • Statut de conservation UICN : En danger critique d'extinction (CR)

Description du chameau sauvage de Tartarie

Le chameau de Bactriane sauvage également appelé chameau sauvage de Tartarie est, comme son cousin domestiqué Camelus bactrianus, un ongulé des steppes du centre de l'Asie. Sa toison dont les tons varient du beige clair au marron, est épaisse et hirsute. L'animal arbore deux bosses de graisse sur le dos. Il possède de longues pattes terminées par deux larges doigts, munis de coussinets coriaces lui permettant de marcher aisément sur les terrains caillouteux et sablonneux. Des callosités équipent les articulations des pattes et la poitrine qui lui permettent de s'agenouiller sur le sol brûlant sans ressentir la chaleur

Une bande de poils longs et rêches court le long de son cou. La tête massive, recouverte de poils épais à l'exception du museau qui est glabre, prolonge un long cou. Les narines en forme de fentes, les petites oreilles à l'intérieur poilu, et la double rangée de cils, lui permettent de lutter efficacement contre les tempêtes de sable. La queue est longue et se termine par un pinceau de poils. 

Chameau sauvage dans le désert de Yarkand en Chine. © John Hill, Wikipédia, GFDL Version 1.2

Le chameau sauvage de Tartarie ne survit plus que sur des aires très restreintes. Il est réparti en quatre sous-populations qui se localisent dans le désert de Gobi, le désert du Taklamakan et au sanctuaire d’Arjin Shan Lop Nur en Chine. Il évolue sur les hauts plateaux désertiques, arides et rocailleux, à une altitude  variant entre 800 et 4.000 mètres.

Comportement et reproduction du chameau sauvage de Tartarie

Le chameau sauvage de Tartarie s'est extrêmement bien adapté à la rudesse du climat qui règne dans son aire de distribution. En effet, il peut tout aussi bien supporter des températures chutant à - 30 °C que les extrêmes contraires tels que des + 50 °C. C'est un grand migrateur, capable d'effectuer de longues distances pour trouver des sources de nourriture ou de l'eau.

Habituellement le chameau sauvage vit en petits groupes familiaux composés de 6 à 20 individus conduits par un mâle dominant. Lors de la saison de reproduction, plusieurs groupes peuvent fusionner et former des hardes d'une centaine de têtes. Ses bosses sont des réserves de graisse dans lesquelles il puise lors de période de disette. Il peut ainsi perdre un quart de son poids, soit une centaine de kilos. Il sait également maîtriser sa respiration pour éviter d'augmenter sa température corporelle, et son sang contient un nombre très élevé de globules rouges qui interviennent dans la captation de l'oxygène dans les milieux où l'air est rare.

Le chameau sauvage de Tartarie mène des combats contre ses rivaux avant de s'accoupler. Lors du rut, un liquide épais et odorant suinte de glandes cutanées situées sur le cou. Il semble jouer un rôle important dans l'accouplement. Cette sécrétion n'est pas sans rappeler le phénomène du « musth » chez les éléphants, car il augmente les hormones de reproduction. Cette dernière s'effectue à genoux. La femelle donne naissance à un seul petit tous les deux ans après une gestation de 12 à 14 mois. Bien que le jeune soit en mesure de suivre sa mère dans les premières heures suivant sa naissance, et qu'il soit à même de manger de l'herbe dès la première semaine, le sevrage n'intervient qu'au bout d'un an. Le chamelon atteint sa maturité sexuelle vers quatre ans.

Régime alimentaire du chameau sauvage de Tartarie 

Le chameau sauvage de Tartarie est essentiellement herbivore. Il se nourrit d'herbes, de graminées, de feuilles et de graines diverses. Son métabolisme a mis en place des mécanismes d'adaptation à la sécheresse et à la déshydratation. Il est ainsi capable de se passer d'eau pendant près de huit jours. Lorsqu'il en trouve, il peut ingurgiter 135 litres d'eau en l'espace de 10 minutes. Il est également l'un des rares animaux à pouvoir manger de la neige pour s'hydrater, et comme la vigogne sud-américaine, de boire de l'eau saumâtre sans que cela ne représente pas un danger pour sa santé. Cette spécificité semble commune aux camélidés.

Chameaux sauvages en Mongolie. © Rosenwald, Flickr, cc by nc 2.0

Menaces sur le chameau sauvage de Tartarie

La majorité des effectifs de chameaux de Bactriane sont actuellement domestiqués, et il n'existe plus qu'un petit contingent de chameaux sauvages d'environ 800 à 900 individus dans les déserts de Gobi en Mongolie et du Taklamakan en Chine. Leur situation est critique et ils sont proches de l'extinction. Le déclin des populations est principalement dû aux activités humaines et à l'implantation de complexes miniers, pétroliers et industriels. Pour aggraver la situation, le patrimoine génétique des individus sauvages est menacé par la consanguinité, ou par la pollution avec l'apport de gènes d'animaux domestiques. À l'heure actuelle, le chameau sauvage de Tartarie est le huitième grand mammifère le plus menacé de disparition sur la planète. Entre 20 et 30 chameaux sont abattus chaque année pendant les migrations, alors qu'ils franchissent la frontière entre la Mongolie et la Chine. Ces tirs relèvent principalement d'abattage de subsistance.

Il serait dommage que cet animal disparaisse car nous avons encore beaucoup à apprendre de son métabolisme exceptionnellement résistant. En effet, la région du lac Lob Nor a été le théâtre de 45 essais nucléaires réalisés par le gouvernement chinois entre 1964 et 1996 (c'est un site nucléaire connu). Or, malgré les inévitables retombées radioactives qui auraient dû les décimer, les camélidés ont survécus et se sont reproduits. Il serait également intéressant de comprendre de quelle manière le chameau s'est adapté à l'ingestion d'eau salée qu'il trouve plus aisément dans les salines que dans les lacs d'eau douce, peu nombreux à cette altitude.

Le saviez-vous ?

Le chameau sauvage de Tartarie dont la forme domestiquée est le chameau de Bactriane, est devenu le vassal de l'homme depuis plus de 4.500 ans dans les peuplades d'Asie centrale. Il servait de bête de bât pour le transport de matières premières (sel épices, soie, etc.) sur la fameuse Route de la soie, et pour assurer les déplacements des populations nomades. Actuellement, l'Homme utilise encore sa laine pour fabriquer des vêtements, des couvertures ou des cordes, le cuir des yourtes. Son lait et sa viande servent à se nourrir, à l'instar des Tsaatans sibériens avec les rennes. Les bouses sèches sont utilisées comme combustible dans des régions où le bois est rare.

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