Planète

Chameau de Bactriane

DéfinitionClassé sous :zoologie , camélidé , dromadaire
Troupeau de chameaux de Bactriane dans la province de Gansu en Chine. © Emcc83, Wikipédia, GFDL Version 1.2

Chameau de Bactriane (Linnaeus, 1758) – Camelus bactrianus

  • Ordre : Artiodactyla
  • Famille : Camelidae
  • Genre : Camelus
  • Taille : 2,25 à 3,50 m, hauteur à la bosse 1,80 à 2,30 m, longueur de la queue 0,35 à 0,55 m
  • Poids : 300 à 1.000 kg
  • Longévité : 40 à 50 ans

Statut de conservation UICN : Aucune source pour le chameau domestique

Description du chameau de Bactriane

Le chameau de Bactriane est aux populations asiatiques, ce qu'est le dromadaire aux habitants des régions sahéliennes et de la péninsule arabique : un moyen de transport hors pair. Il se distingue de son cousin africain par le fait qu'il porte deux bosses. Il a été domestiqué à peu près à la même période que le dromadaire, il y a 4.500 ans, à partir du chameau sauvage de Tartarie. C'est un animal haut sur pattes au pelage long et épais dont les coloris varient du brun foncé au beige, en passant par le sable. Une crinière lui orne la nuque et une barbe de longs poils pend le long de son cou. Une touffe de poils plus longs orne parfois le sommet de la tête et des bosses. 

Comme chez le dromadaire, ses articulations et sa poitrine sont munies de coussinets protecteurs qui lui permettent de baraquer sans risque sur le sable brûlant du désert. Sa tête est longue et un peu triangulaire. Ses narines forment deux fentes qui peuvent se refermer en cas de tempête de sable. Les yeux sont protégés par une double rangée de cils, et l'intérieur de ses petites oreilles est tapissé de poils pour les mêmes raisons. Les pieds ne sont pas équipés de sabots mais de deux orteils enserrés dans une semelle épaisse et souple qui lui permet de se déplacer aisément sur le sable. Son adaptation au désert et à la déshydratation est similaire à celle du dromadaire. Il y rajoute une extrême résistance au froid régnant en altitude sur les hauts plateaux. Il peut supporter des températures atteignant les -40° C.

Chameau de Bactriane. © Jerrold, Flickr, cc by nc nd 2.0.

Habitat du chameau de Bactriane

On trouve le chameau de Bactriane dans toute l'Asie centrale depuis l'Iran jusqu'en Chine et en Mongolie. Il est particulièrement adapté aux zones désertiques chaudes ou froides, de plaine ou d'altitude. Il en existe diverses races dont en voici quelques-unes :

  • Le chameau mandchou (sud de la Mongolie et nord de la Chine) ;
  • Le chameau kazakh (Kazakhstan) dont il existe trois types, uralobukeevskii, kzylordinskii et yuhnokazakhstanskii ;
  • Le chameau Gobi mongol (Mongolie) ;
  • Le chameau de Crimée (Ukraine), population résiduelle.

Comportement du chameau de Bactriane

Le chameau de Bactriane a tendance à se grouper en petits groupes de 6 à 30 individus, généralement constitués d'un mâle dominant, de plusieurs femelles et de leurs jeunes. De même que le dromadaire, l'animal possède une grande faculté d'adaptation à la déshydratation. Il est capable de se passer d'eau pendant de longs jours en puisant dans la graisse contenue dans ses bosses. 

Lorsqu'il court, il est en mesure de pousser des pointes de vitesse à 65 km/h et a la réputation d'être un excellent nageur. Sa vue et son odorat sont excellents. L'animal possède une endurance rare, car en une journée, il est capable de porter entre 170 et 250 kg de marchandises pendant près de 50 km. Le chameau de Bactriane a peu de prédateurs. Le plus dangereux est le loup gris de Mongolie (Canus lupus chanco), qui s'en prend aux individus faibles ou malades, et parfois aux jeunes.

Chameaux de Bactriane sur le plateau de Nubra au Tibet. © John Hill, Wikipédia, GFDL Version 1.2

Reproduction du chameau de Bactriane

Des combats à mort entre mâles peuvent avoir lieu avant les accouplements. La femelle du chameau de Bactriane met bas un chamelon tous les deux ans, au terme d'une gestation de 13 mois. Les naissances surviennent durant les mois de mars et d'avril. Comme le dromadaire, la chamelle baraque pour l'expulsion de son petit, et il peut arriver qu'elle l'étouffe. Le jeune, qui pèse alors environ 36 kg, est capable de suivre sa mère peu de temps après sa naissance. Le juvénile est allaité pendant près d'un an et demi, et reste avec sa mère entre 4 et 5 ans jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité sexuelle.

Chamelle et son petit dans l'Altaï. © Serguey Pisarevskiy, Flickr, cc by nc sa 2.0

Régime alimentaire du chameau de Bactriane

Le chameau de Bactriane est capable d'ingérer tous types de végétaux y compris les épineux, qu'il arrache avec ses lèvres coriaces. Il se nourrit tout en marchant car la végétation désertique est clairsemée, et peut se passer de voire pendant des jours. Il puise alors de quoi survivre dans la graisse de ses bosses. Comme son cousin sauvage, il est friand de sel qui permet la rétention d'eau, qu'il trouve dans les plantes ou en léchant les pierres de sel gemme,  mais il ne peut pas boire d'eau salée. Il semble par contre qu'il puisse manger de la neige pour s'hydrater.

Troupeau de chameaux en Asie centrale. © Ricardo N. Cabral, Flickr, cc by nc 2.0

Menaces sur le chameau de Bactriane

La population actuelle de chameaux de Bactriane est estimée à 1,4 millions d'individus sur son aire de répartition et globalement il n'est pas en danger. Pourtant certaines races sont menacées, telle l'alashan de Mongolie intérieure dont il ne subsisterait plus que 70.000 individus. Leur survie est menacée par la mécanisation de transport transdésertique, et du fait que l'élevage de la chèvre cachemire soit plus rentable. La raréfaction d'une plante prisée par le chameau : le saxaul (Haloxylon ammodendron) a également joué un rôle dans cette baisse des effectifs.

Chameau de Bactriane dans le Sichuan. © Dice, Wikipédia, GFDL version 1.2

Le saviez-vous ?

Le chameau de Bactriane a été, et est encore utilisé pour transporter des marchandises au travers de contrées dépourvues d'infrastructures routières. Cette tradition perdure depuis des millénaires et se poursuit encore de nos jours dans une moindre mesure. Le seul réseau de communication que l'on connaît sous le nom de Route de la soie ayant disparu au profit des moyens modernes de déplacements. Fortes de centaines de chameaux et d'autant d'hommes pour se protéger des pillards, les caravanes transportaient effectivement de la soie, mais aussi de la porcelaine, des épices, métaux et minéraux précieux.

Chameaux de somme. © Wikipedia, Colegota, cc by sa 2.5

Les dernières caravanes transitant sur les anciennes routes du Pamir sont appelées « caravanes du froid ». Là, près de la frontière chinoise, où le terrain est impraticable à tout autre moyen de locomotion, ce sont des chameaux de Bactriane qui assurent le transport du blé et de marchandises diverses, dans des conditions extrêmes. Les Kirghiz qui les mènent leur font franchir des rivières gelées, passer des cols enneigés et longer des précipices vertigineux, par des froids polaires. Cette aventure est davantage une obligation vitale pour ces Hommes qu'une coutume.

Chameaux domestiques dans le Taklamakan. © Colegota, Wikipédia, cc by sa 2.5

Le chameau de Bactriane est un bien précieux pour les nomades qui les utilisent encore de nos jours sur les pistes des hauts plateaux. Nonobstant son statut de bête de somme, sa laine exceptionnellement chaude permet de tisser vêtements et couvertures, son lait est très riche et nourrissant, et ses excréments servent de combustible dans des contrées où le bois est rare. Les derniers nomades se trouvent encore aux confins de l'Iran, à proximité de la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan, dans le Pamir et l'Altaï et quelques hauts plateaux désolés de Mongolie.

Cela vous intéressera aussi