Les dromadaires australiens méritent-ils de mourir pour dégager trop de flatulences dans l'atmosphère, ce qui contribue au réchauffement climatique ? C'est la question que s'est posée le gouvernement australien, provoquant la colère des associations de défense des dromadaires.
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Les Australiens ne manquent pas d'airair. Ils accusent les dromadairesdromadaires qui peuplent leur île-continent d'être en partie à l'origine du réchauffement climatiqueréchauffement climatique. Selon eux, les flatulencesflatulences des camélidés, composées essentiellement de méthane, contribueraient à l'augmentation des émissions de CO2 (dioxyde de carbonedioxyde de carbone) dans l'atmosphèreatmosphère. Ils ont donc suggéré d'en tuer quelques-uns, ni plus ni moins. Grâce à ce procédé, ils espèrent pouvoir obtenir des crédits carbone, qui leur permettraient ainsi d'émettre davantage de gaz à effet de serre par ailleurs.

C'est le Département de l’efficacité énergétique et du changement climatique australien qui a proposé cette idée, laquelle lui avait été soufflée par une entreprise privée spécialisée dans la gestion des populations animales. Selon ses experts, les camélidés produisent environ une tonne de dioxyde de carbone par an.

Tollé du côté des associations de camélidés. Au sein de l'Isocar (International Society of Camelid Reasearch and Development), la circulaire australienne a été assez mal perçue. Pour cette association des Émirats arabes unis, les estimations australiennes, c'est du ventvent ! Selon eux, les calculs réalisés par extrapolation des observations faites sur les bovins ne peuvent pas s'appliquer aux dromadaires, dont la digestiondigestion est plus efficace.

Répartition et densité des dromadaires en Australie. La densité est représentée selon le nombre d'individus par kilomètre carré, de 0 (en blanc) à plus de 2 (en gris). La ligne rose représente la zone d'habitat des dromadaires. © DKCRC, <em>Managing the impact of feral camel in Australia</em>

Répartition et densité des dromadaires en Australie. La densité est représentée selon le nombre d'individus par kilomètre carré, de 0 (en blanc) à plus de 2 (en gris). La ligne rose représente la zone d'habitat des dromadaires. © DKCRC, Managing the impact of feral camel in Australia

Usine à gaz

Pourtant, les herbivoresherbivores, et les ruminants en particulier, sont connus pour leurs émissionsémissions de gaz. Les bovins ont souvent été incriminés pour les mêmes raisons. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agricultureagriculture), les ruminants sont les plus grands émetteurs de gaz à effets de serre - responsables d'environ 20 % des émissions -, avant même les voituresvoitures.

Ces flatulences excessives sont dues à une alimentation végétale et à une digestion très spécifique. Dans le rumenrumen, un des pré-estomacs des ruminants, la fermentationfermentation de la cellulosecellulose, qui compose l'essentiel de la matièrematière végétale, libère du méthane, gaz à effet de serregaz à effet de serre très important.

Surpopulation de dromadaires

Plus sérieusement, les dromadaires posent un vrai problème écologique en Australie. Dans les années 1840, les premiers dromadaires ont été importés des îles Canaries. Depuis les années 1920 et l'apparition des véhicules motorisés, leur utilité a rapidement disparu. Les populations de dromadaires sont retournées à l'état sauvage. En l'absence de prédateur, les populations croissent de façon exponentielle. Selon le gouvernement australien, on compte environ un dromadaire pour dix habitants (voir la carte des densités ci-dessus).

Ces dromadaires ont un impact dévastateur sur la flore, souvent endémiqueendémique, sur les constructionsconstructions humaines et ils sont en plus à l'origine de nombreux accidentsaccidents de la route. Si bien que les autorités australiennes tuent régulièrement des dromadaires afin de réguler les populations.